TROISIEME PARTIE
La jeune personne sur laquelle il jeta les yeux, appelée Mademoiselle Auguste, vulgairement -4 owf, était fille d'une marchande lingère de la rue Saint- Victor, près la place Maubert. C'était une brune intéressante, un peu pâle ; mais qu'on rendait si belle, en la faisant rougir, qu'on était tenté d'avoir toujours l'équivoque à la bouche, en lui parlant. Ma-, demoiselle Auguste fit oublier la belle brasseuse. Mais il falut la quitter elle-même, pour Mademoiselle Septembre, charmante brune de l'Ile Saint- Louis, fille d'un homme de plume.
Celle-ci n'avait qu'en\iron quinze ans. Elle avait de beaux yeux noirs, une forme de visage ravissante, et beaucoup de coquetterie. Ses parents étaient riches , et ils trouvèrent singulier qu'un simple châtelain, devenu leur gendre, ne donnât qu'un mois, sur les douze à leur fille. Démophoon prévit que ces gens-là lui causeraient du chagrin ; ce fut pourquoi son regret fiit moins vif, en s'éloignant d'une épouse adorable, et qui avait besoin d'être cultivée.
C'est dans la rue Saint-Antoine, que le seigneur d'Alisier trouva sa septième épouse, dans une jolie épicière. Celle-ci était blonde, et ravissante. Il le fallait, pour que Mademoiselle Octobre fit oublier Mademoiselle Septembre. La belle Octobre s'at-
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tacha beaucoup à son mari, et le quinzième jour arriva, qu'il n'avait pas encore songé à la remplacer. Heureusement pour ses projets, qu'une jolie fripière de la grande rue du faubourg, étant venue à passer, elle frappa M. d'Alisier, qui la suivit, la vit rentrer chez elle, et forma la résolution de la demander en mariage.
Dès le lendemain, sous le nom de M. du Châtaigne.-, il alla chez M. Novembre le fripier, pour lui exposer le désir qu'il avait d'épouser Mademoiselle sa fille. M. Novembre trouva le parti sortable ; et de ce moment, il ne cessa de réclamer, pour son gendre, toutes les prérogatives de la noblesse. Mais, aux repas des noces, M. du Châtaigner fit publiquement entendre à son beau-père, que tous les hommes étaient égaux. Ce qui lui concilia la bienveillance de toute la compagnie, composée de chaudronniers, fripiers, tailleurs, papetiers, etc.. C'était un friand morceau, que la jolie blonde Mademoiselle Novembre ! Il fallut pourtant la quitter, malgré l'agrément que M. de Châtaigner devait trouver dans la société d'un beau-père, plus zélé pour les nobles, que la noblesse elle-même. La raison en est qu'il se trouvait, rue Saint-Louis, au Marais, près celle de Saint-Onge, une grande et superbe fille de mar-