TROISIEME PARTIE
reur, dans sa personne, celle de sa femme, de son père, de sa mère, de son enfant, de ses alliés, etc., sera puni comme, ayant insulté une personne sacrée.
» Si le paysan-cultivateur insulté, on examinera soigneusement, s'il a tort. Et alors, malheur à lui ! car il sera puni plus sévèrement qu'un artisan, ou qu'un homme de toute autre condition. La raison en est, qu'ayant le privilège de faire punir sévèrement ses insultes; celui d'être partout considéré, relativement à son utilité, il ne faut pas qu'il puisse en abuser. S'il manque essentiellement à un concitoyen, quel qu'il soit, il sera puni comme profanateur de sa dignité de cultivateur, qui sera la première des conditions, après la législature, le ministériat, et la magistrature citoyenne : c'est-à-dire, que la cultivature sera le premier des états, parce que ceux qu'on vient de nommer, ne sont pas proprement des états, mais la crème des autres.
» Qu'il soit libre à tout homme qui aura des enfants, de demander pour eux un établissement au loin, dans des pays déserts, qu'il aura découverts ; à condition néanmoins, qu'il ne fera pas de lacune dans sa patrie, et que la colonie nouvelle y tiendra par les liens politiques. Si néanmoins un particulier, qui aurait obtenu la permission de s'établir,
dans une île, par exemple, s'y établissait sans aucune charge pour le gouvernement ; qu'il cultivât, prospérât, etc., ce particulier pourrait former un état souverain^ indépendant, qui ne tiendrait à la mère patrie que pendant cent ans.
» Si, au contraire, on formait une colonie de mauvais sujets, ou de mendiants, auxquels on avancerait tout, cette colonie resterait dans la dépendance absolue de' la mère patrie, par contrat, pendant cent ans.
» Tout homme qui, en se présentant à TÂssemblée de son département, dira : — Je ne veux point de vos lois, elles me déplaisent; je veux vous quitter, et aller au loin dans les déserts, y vivre à ma guise : tout homme de cette espèce sera écouté ; on s'occupera de son bien-être, en lui proposant un endroit libre, s'il n'en connaît pas ; et s'il en connaît, on l'y fera conduire, avec sa femme, ou telle femme qui voudra l'accompagner, ou avec une condamnée, et la société qu'il abandonne sera sa bienfaitrice ; mais elle ne tiendra personne par force, dans son régime. Bien mieux ; si plusieurs personnes de ce genre se réunissaient, on leur donnerait, en attendant leur exportation une maison où ils seraient libres entre'eux , avec la seule prohibition d'être nuisibles aux citoyens du dehors.