TROISIÈME PARTIE lyS
« Je suis innocente. Ce n'est pas moi que vous » avez vue, avec M. H*** l'avocat ; c'est une amie, » que je vous nommerai, qui vous le confirmera, » et qui fut mariée avec H***, six mois après » quand la grossesse parut. Je n'ai pu rien dire » aux autres. C'est à vous seul que je puis décou- » vrir la vérité... Je vous aime toujours autant... » Vous pouvez regagner l'amitié de mon oncle, et » avoir l'étude. Dites-moi un mot, en sortant, ou » présentez-vous chez mon oncle et ma tante, si » vous avez des raisons à leur donner. »
La lecture de ces cartes fit une prodigieuse impression sur Charles ! Il ne voulut cependant rien faire, sans en prévenir son frère, à cause du danger. Il pressa la main d'Isabelle, qui lui prêta son crayon, et comme elle ne connaissait pas son frère, il lui donna un rendez-vous dans la maison Bourgeois. C'était une imprudence. Isabelle accepta.
Au retour, Charles, ou le faux Diranci, conta son aventure à son frère. Dulis fut désolé que Charles eût été reconnu, surtout, que l'ancienne maîtresse se fût justifiée, et qu'elle sût où trouver son amant. Il aurait voulu pouvoir éloigner cette jeune personne. Mais Charles l'avait revue, et l'amour parlait. Dulis ne savait à quoi se décider.
Charles sentit son embarras, et il prévint la
visite d*Isabelle. Les explications furent claires : l^oncle oflrit son étude pour dot. Il la tenait du père d'Isabelle, et n*avait pas d'enfants. Dulis fut obligé de faire une demi-confidence à la famille de son épouse. Eugénie fut consolée, par la beauté des motifs de M. Diranci...
— Que vas-tu faire (dit alors Dulis à Charles). Comment épouser ta maltresse, sans me perdre, et déshonorer notre famille?... Charles, foudroyé, ne sut que répondre : mais comme il avait Tâme belle et généreuse, il vint chez M. Bourgeois, et proposa d'épouser Eugénie en huit jours.
Le mariage se fit, sous lenom de Diranci. Charles ne revit plus la nièce qu'il adorait. Isabelle s'informa. Elle apprit qu'un M. Diranci avait épousé Eugénie.
Pendant ce temps-là, Charles était allé chez ses parents avec sa femme. Son père avait perdu la vue. Il ne put voir la différence, et les anachronismes furent couverts par la complaisance d'Kugénie, qui ne pouvait soupçonner la vérité.
Eugénie avait toujours aimé Dulis : elle n'avait préféré Diranci à tous les partis, que par attachement par son beau-frère. Mais celui-ci adorait la belle Rose, dont il avait deux enfants, garçon et fille. Pendant le voyage de sa sœur. Rose tomba