TROISIÈME PARTIE
frappée du nom de son mati,s'écria,en voyant celui de sa rivale : — Le voilà !... Oui, le voilà ! N'est-ce pas que le voilà 7 Et elle se jeta dans ses bras, d'un air de ravissement... On lut bien embarrassé! Comme Madame Desforts première était fort jolie, Charlart ne se trouva point fatigué de ses vives caresses. Il se découvrit ensuite, et demanda aux parents, ce qu'il était à propos de faire ? On se consulta longtemps.... Enfin, il fut résolu, qu'on verrait les deux remariés. On écrivit à Monsieur Desforts.
L'époux de la veuve Chalart se rendit chez son ancien beau-père. On lui montra sa femme. Il fut très-surpris!... On espérait, que par instinct, elle lui marquerait des préférences. Elle ne fit aucune attention à lui. Comme Charlart devait paraître, il arriva. Madame Desforts première courut se jeter dans ses bras.... Desforts alla chercher lui-même sa femme, afin de la prévenir. Elle fut trèseffrayée ! Mais son second mari la rassura, par tous les serments de l'amour. Elle parut. Charlart voulut aller à elle. Madame Desforts première donna les marques de la plus violente jalousie ; tandis qu'en voyant sa rivale, dans les bras de son mari, elle exprimait du contentement.
Ce fut alors que les parents sentirent la sagesse
de la loi du divorce. 11& furent convaincus que le seul moyen de conserver une fille adorée, était de la faire divorcer avec Desforts, de faire divorcer Charlart, avec la belle Constance Desormeaux ^ et d'unir Isabelle Ribolli leur fille, à Charlart, quoipauvre, et de naissance inférieure. On a porté cette affaire devant le tribunal des Divorces ; elle a été bien expliquée, et les quatre époux, mis d'abord en liberté, ont ensuite été rejoints, comme ils le désiraient.
Tout était perdu, dans Tancien régime de l'indissoluble fatalité! Comjoe si Ton pouvait rendre immuables des hommes et des femmes, qui sont la mutabilité même! Apprenez, ô mortels! que Dieu seul est sans changement ! Pour vous, formes animées de la matière, changez comme elle!...
On a, dans le même jour, arrêté le mariage du fils de Desforts avec la fille de Charlart. Mais ce mariage se fera-t-il? Ces deux enfants, destinés Tun à l'autre, se conviendront-ils, dans l'âge de l'amour? C'est ce que l'on ignore. Aussi les parents, qui sentent si bien, qu'une véritable inclination, est la source du bonheur, ont-ils décidé, que leurs enfants, non-seulement ne seraient pas contraints, mais qu'on examinerait en silence, si leur penchant réciproque les portait l'un vers l'autre.. . Ot\ doit