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LES EX-SUNAMITES 3OI

femmes ; puis les peintres firent quelques tableaux, les médecins tuèrent quelques malades, qui leur furent bien payés, et ils présentèrent avec ostentation quelque argent dans le ménage; ils eurent des enfants qu'ils aimèrent beaucoup!

Mais... un événement pouvait renverser tout leur bonheur!

Les enfants avaient depuis trois ans jusqu'à six ans ; les épouses étaient encore aimées autant qu'aimables, quand les parents, qui voyaient quelquefois ces jolies familles, résolurent de se montrer, et d'avoir tout cela chez eux. Pour cet elTet, ils déclarèrent, en un même jour, à leurs fils, qu'ils les voulaient établir. Ils leur représentèrent leur vieillesse; le désir qu'ils avaient de se voir des petits-enfants pour perpétuer leur nom. Ils déclamèrent contre le célibat qu'ils représentèrent comme un état infâme; la honte de ceux qui s'y concentrent, et un crime de lèse-nation. Ils finirent par proposer, chacun de leur part, quatre jeunes personnes non belles, mais riches. Les quatre jeunes gens secouèrent d'abord la tête... Puis ils prêtèrent l'oreille... Puis ils demandèrent à voir leurs prétendues. Les parents furent très-mécontents! Mais ils dissimulèrent. On prit jour.

Il faut dire ici, qu'avant cette entrevue, les quatre gaillards allèrent voir les demoiselles dont on leur avait parlé ; ils eurent avec elles un entretien particulier.

Le jour arrivé, les parents dirent que, par un arrangement convenu, les quatre demoisel'es devaient se trouver dans la même maison. C'était chez une des élèves de Madame Janus, appelée Madame de Quimperli.

Quand les familles et les amants furent arrivés, les parents demandèrent à leurs fils, s'ils étaient bien décidés à épouser les demoiselles qu'ils avaient nommées? — Supposé qu'elles y consentent! (répondit le mari d'Orange.J Les autres en dirent autant. Alors une porte s'ouvrit, et l'on vit s'avancer, entourées de leurs enfants, Orange, Pivoine, Framboisine et Fraisée. — Voilà celles que nous voulons vous donner î (dirent les parents). — Ce sont aussi les épouses que nous avons choisies! Informezvous aux demoiselles que vous nous aviez proposées, et elles

VOUS diront toutes quatre, que nous avons été les prier de nous refuser.

Ce mot les fit trouver innocents, et ils reçurent leurs épouses dans leurs bras.

De ce moment le sort des quatre jeunes filles fut assuré. Les familles parurent désirer, mais après le dénoûment, de connaître les origines de leurs brus... Madame Janus, qui était l'adresse personnifiée, s'exprima tout haut, d'une manière qui laissa des idées avantageuses, mais obscures. On imaginasavoir, et l'on ne sut réellement rien qu'un amphigouri de naissance illustre, mais incertaine.

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