INTRODUCTION
< Après l’amibiase, le paludisme est la maladie tropicale le plus souvent rencontrée en France » (BLANC et BORDES). Or, il n’y a pratiquement plus, dans notre pays, de paludisme autochtone. Bien entendu, nous exceptions la Corse, Par suite, les seuls paludéens que nous aurons l’occasion de voir sont des nmralades d’importation, qui ont contracté leur affection le plus souvent dans les diverses colonies de notre Empire.
Sous nos climats, ce qui donne au paludisme son caractère particulier, c’est l'impossibilité des réinoculations. C’est là une notion absolument capitale, singulièrement plus importante que Phypothétique action des facteurs météoriques.
Il est impossible de dissocier l’évolution générale de la maladie de son comportement épidémiologique. Celui-ci commande celle-là.
Dans les régions d’endémie paludéenne, la contamination n’est pas unique. Il se produit une sommation des inoculations. Par suite, on comprend que c’est de la lutte entre le parasite fréquemment rénové et l’organisme que naîtront l’évolution et les formes cliniques du paludisme.
Sous nos climats, l’infection malarique est livrée à ses seules ressources endogènes. Aucun apport parasitaire nouveau ne vient, de l’extérieur, augmenter le nombre des hématozoaires déjà existant. Donc ici, on peut dire que la maladie évolue dans toute sa pureté, son évolution naturelle n’étant plus perturbée par de nouvelles
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inoculations. Les formes cliniques seront moins graves et la guérison souvent facile à obtenir. |
Ainsi, on peut décrire deux paludismes : d’une part, celui des régions d’endémie ; d’autre part, celui qui, contracté en régions d’endémie, évolue loin d’elles. De cela, il résuite une ambiguïté : le livre décrit le paludisme des régions d’endémie -— et passe sous silence celui que l’on voit en France. Le médecin de nos régions accorde trop volontiers, de ce fait, au paludisme, des caractères qui ne sont plus les siens —.
Comment la malaria se présente en France, comment elle y évolue, voilà ce que nous nous sommes proposés d'étudier. Nous avons essayé d’envisager d’une facon aussi synthétique que possible et sur le plan pratique les diverses manifestations qui dominent cet aspect clinique de la maladie. Nous avons essayé de mettre en lumière leur filiation avec les formes tropicales de la maladie, car « à ne pas envisager chacune d’elles dans ses rapports avec les faits qui l’ont précédée et ceux qui vont suivre, à l’étudier en dehors de son cadre, on risque, sinon de la méconnaître, du moins de la mal situer et de la mal apprécier au point de vue clinique et thérapeutique » (GRALL). Nous regrettons seulement qu’un concours de circonstances indépendantes de notre volonté, ne nous ait pas permis d’apporter à ce travail le soin que, pour lui, nous avions primitivement: désiré.