EVOLUTION DU PALUDISME EN REGION D’ENDEMICITE
L’endémicité paludéenne est conditionnée par le cou- . ple : réservoir de virus-anopèle.
1° Dans les régions où l’anophèle existe toute l’année, Pinfestation est permanente ; le paludisme y revêt des formes graves. x
‘2° Dans les régions où l’existence de l’anophèle est saisonnière, l’infestation est périodique ; le paludisme y est moins grave.
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COMPORTEMENT DE , L'INDIGÈNE - LE PROBLÈME DE- LA PRÉMUNITION. à
Que ce soit en région d’endémicité permanente ou en région d’endémicité périodique, l’enfant indigène, qui n’est soumis à aucune mesure de prophylaxie, sera fatalement piqué, donc inévitablement infesté. Après une incubation d’une quinzaine de jours, il va entrer dans un état morbide caractérisé par la fièvre, l’anémie et une splénomégalie plus ou moins importante,
En zone d’endémicité permanente, cet enfant va subir une réinfestation continuelle et chez lui va se dévelop-
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per un paludisme grave qui ne tardera pas à provoquer ! soit l’accès pernicieux, soit la cachexie. De tels enfants meurent le plus souvent au cours des deux premières années de leur existence dans une proportion de 75 %.
En zone d’endémicité saisonnière, la mortalité sera moins élevée. Cépendant, elle demeure encore importante car, .à chaque saison nouvelle, la ‘réinfestation sé produit massive, ce qui donne un paludisme grave dont la fièvre prend le type rémittent. |
Dans l’un et l’autre cas, les sujets qui survivent présentent une seconde enfance longtemps truffée d’accès fébriles. Puis, il semble que les ressources vitales prennent'le dessus : peu à peu la fièvre s’estompe, la splénomégalie régresse, l’anémie s’améliore. A l’âge adulte, ces individus pourront cependant encore faire de temps . à autre des poussées de fièvre, à l’occasion, par exeinple, d’une fatigue importante.
Depuis longtemps, les médecins observant le paludisme dans la zone tropicale d'Afrique, ont signalé la différence qui existe entre les enfants et les adultes en tant que porteurs d’hématozoaires. Déjà, LAVERAN, en -1898, puis Kocu, MARCHOUX BoUrFFARD, Taxiroux, MaxsoN et bien d’autres, nou la fréquence du p'asmodium dans le sang des enfants noirs, sa rareté au contraire, dans le sang des adultes. Ils en concluaient, les uns à une véritable immunité acquise, les autres à un état réfractaire ou encore à une sorte de « mithridatisation ». Mais, en 1900, ZIEMANN, au Came- -roun, put provoquer l’infestation palustre à des noirs adultes, en leur inoculant du sang paludéen. En 1903, STEUBER, en 1917 REICHENOW, notent la présence d’hématozoaires dans le sang d'adultes de race noire, mais en proportion beaucoup moins forte que chez les enfants et les adolescents. En 1923, LÉGER et NOGUE écrivaient : « [l paraît indéniable, comme l’ont vérifié tous les observateurs, que le noir, passé 20 à 25 ans, n’a
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plus que! rarement des accès de fièvre ét quand il en a ceux-ci presque toujours sont de courte durée cet guérissent spontanément ».
Dans les années suivantes, les travaux furent poussés par les collaborateurs de M. LÉGER : ce sont PINAUD,
. BEDIER, BAUDRY, LAURENCY, Fe à Zinder, Dakar, - Niamey (1923-1924) ; puis LEDENTU et VAUGEL à Brazzaville (1927) ; Durieux et STaLL à Dakar, en 1928. Il ressort nettement de leurs observations que le pourcentage de porteurs dhématozoaires décroit d’une façon inver-
sement proportionnelle à l’âge de 0 à 25 ans.
La réaction de séro-floculation de HENRY positive au cours de la maladie paludéenne montre, cértes, que l'organisme réagit au parasitisme, mais cette réaction devient négative une fois le malade guéri. Et ce fait,
ajouté aux travaux d'observation clinique rapportés cidessus prouve qu’il ne s’agit pâs d’un état d’immunité vraie, au sens biologique classique du terme. Cet état ne se présenterait-il pas plutôt comme rappelant le fait de l'allergie tuberculeuse, le sang et la splénomégaiie étant alors l’homologue du complexe primaire gang or pulmonaire ?
Les observations ci-dessus rapportées portent sur des “indigènes de face noire de PAfrique tropicale, mais il faut s signaler que chez les Malgaches, les Asiatiques et les Nord-Africains, cette prémunition est moins nette et que ces manifestations cliniques ne sont pas rares à Pâge adulte.