‹ Le Paludisme Primaire en MacédoineChapitre 22 sur 47 · M SIM SIM SIM SIM SIM SIM SIM SIM SIM SIM SIM SIA SIM SIMS · texte numérisé non relu

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région splénique ; du reste ces deux organés étaient nette-

ment augmentés de volume.

Vers le 16 août,grâce à la suppression de toute alimen-

tation et à l'emploi en abondance de l’eau de riz, ma situa-

tion s'était un peu améliorée et je mettais cet état sur le

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compte d'une affection gastro-intestinale quelconque due autant à un agent pathogène banal qu'à la mauvaise alimentation et aux fatigues physiques surajoutées sous un soleil de feu.

Cependant, ayant déjà vu des cas de paludisme débuter ainsi, ayant été régulièrement toutes les nuits dévoré par les moustiques. je me soignais dans ce sens et absorbaïit régulièrement, quoique sans conviction, les quantités réglementaires de quinine. Depuis mon arrivée à Salonique j'observais rigoureusement les prescriptions : 0,25 de quinine un jour, 0,50 le lendemain — même voyant cet écat gastro-intestinal particulier avec légère splenomégalie, j'avais de moi-même augmenté la dose, je prenais régulièrement 1 gramme de quinine par jour, me demandant souvent sila quinine, prise ainsi de façon continue n’était pas la cause de tous les accidents que je présentais et cela d'autant plus que quelques-uns de ces hommes, présentant les mêmes accidents, ceux-ci avaient disparu avec la suppression de la quinine. mi

Le 20 août, alors que je venais de faire une tournée particulièrement pénible dans la montagne aux avant-postes, je fus pris de malaises avec vertiges. Je re rejoignis ma tente qu'avec peine et je tombais en syncope à mon arrivée. Je revenais à moi en proie à des douleurs intenses dans la colonne lombaire, les genoux, les coudes, toutes les articulations, la température s'élevait alors brusquement à 40 ; Je tout accompagné de sueurs abondantes. Les douleurs hépatiques et spléniques étaient intenses et je saisissais facilement ma rate sous le rebord costal. L'idée me vint nettement que j'étais impaludé et sans hésiter, ayant entendu vanter les doses fortes, j’absorbais par 1x bcuche 3 grammes de quinine dans les 24 heures. Mais les douleurs étaient atroces, je ne dormais pas, les nausées éiaient continuelles et la diarrhée avait presque disparu.

Le médecin d’un bataillon voisin. un Algérien vint me voir, Son diagnostic fut hésitant, était-ce paludisme, dengue, c'était la grande mode alors, ou avais-je contracté une rnaladie telle que la variole ou le typhus — C'était la déroute complète, en attendant je refusais de quitter le batailion et continuais à avoir de la température et d’absorber de la quinine à haute dôse. Le surlendemain, le médecin chef du régiment m’examine et penche, en raison des diarrhées persistantes et de mon état gastrique ant‘rieur, pour une paratyphoïde ou une typhoïde et s’ingénie à découvrir des taches rosées et la température se maintient toujours fixe aux environs de 40 avec de légères rémissions matinales. Entre temps, mon ordonnance est évacue pour paludisme franc. Il présentait depuis trois semaines des symptômes gastro-intestinaux analogues aux miens.

Le 5° jour on me ramène à l'arrière dans un petit boqueteau ou au moins je suis au frais et cesse d’être exposé au suleil comme sur le.piton rocheux où était installé le poste de commandement du bataillon.

J’absorbe de la quinine à outrance 1 gr. 50 par la bouche et 1 gr. 50 en injection intramusculaire (quinine-uréthane). Aux douleurs musculaires et aux douleurs articulaires s'ajoutent les douleurs des piqûres, on achève de me torturer avec des lavements froids en vue d'une paratyphoïde. On m’enveloppe de linges-imouillés pour faire tomber la température qui persiste, et je souffre toujours autant.

Nous sommes le 8 jour et malgré le fléchissement de la température, je fais du délire et l'on m'évacue à l'arrière sur une ambulance alpine et de là sur Salonique.

A ce moment les caractéristiques cliniques de la maladie sont les suivantes

Abattement profond, maux de tête violents à exacerbation vespérale, état saburral très marqué accompagné de diarrhée (cinq à six selles liquides par jour). Le pouls est

rapide, facilement dépress‘ble. La rate volumineuse dépassant le rebord des fausses côtes, le foie est gros, son lobe droit est surtout augmenté de volume. Ces deux organes sont douloureux, le ventre est météorisé et fait entendre à la palpation des gargouillements dans les deux fosses iliaques.

C'est dans cet état que j'arrive à Salonique où l’on institue le traitement suivant :

Boissons glacées, balnéation tiède, chlorhydrate de quinine 1 gr. 50 par jour, et salicylate de soude 4 gr. par jour.

Au bout de quelques jours la fièvre tombe définitivement, ais je maigris encore et j'arrive à perdre 8 kilogr. Mais l'appétit revenait intense, je me remettais à manger et cela sans accidents gastro-intestinaux et huit Jours après, je rejoignais, du reste trop vite, mon régiment.

L'hémoculture faite avait été négative à l’Eberth et au paratyphique A et B ; par contre la recherche de l’hématozoaire fut positive à la troisième recherche, mais difficile en raison des prises nombreuses de quinine, c'était une forme ditficilement diagnosticable, probablement du P. falciparum.

Ayant quitté l'hôpital et rejoint mon régiment, je continuais à me maintenir sous l’action du quinquina, mais sous une forme plus assimilable et moins fatigante que

a quinine, et qui m'avait été conseillé par un médecin grec, homme d'âge et plein d'expérience établi dépuis longtemps en Macédoine.

Extrait fluide de quinquina :

Extrait fluide de kola | àà

Extrait fluide de coca \

Deux cuillerées à café dans un peu de vin avant chaque repas, plus une ampoule matin et soir de névrosthérine. Je m'en trouvais fort bien, et cela me permit de suivre mon régiment dans sa marche rapide sur les lacs de Presba et

tes

Monastir. C’est là qu'un mois et demi après, je fus pris d'un état de fatigue particulier que j'’attribuais aux marches forcées, à l’énervement des combats sans cesse livrés et surtout au manque de nourriture dans un pays où ie ravitaillement était impossible. Puis la fièvre reparut par période de trois à quatre jours, pour cesser et réapparaître ensuite sans règle fixe, et ma fatigue augmentant. je ne pouvais plus me traîner et j'étais de nouveau évacué sur Salonique, cette fois n’en pouvant plus, amaigri plus que jamais, en plein ictère. Cette fois encore on trouvait du P. falciparum et j'étais renvoyé rapidement en France, la Commission de rapatriement me trouvant « très bas d'état ». Je fus très longtemps à me rétablir, plus de quatre mois. Parfois je présentais des poussées de température accompagnées de troubles gastro-intestinaux, la rate ne diminuait de volume que très lentement, réaugmentant à chaque poussée de température, le foie restant ‘ toujours sensible.

A l'heure actuelle, je fais encore de loin en loin une poussée fébrile, la rate est toujours grosse malgré la quinine que je prends à intervalle régulier.

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