‹ Le Paludisme Primaire en MacédoineChapitre 25 sur 47 · ER · texte numérisé non relu

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Ce qui est permanent c’est la diarrhée, diarrhée in coercible que rien n’arrête : selles répétées, abondantes, aérées ou glaireuses et qui à la longue deviennent douloureuses. Le malade va à la selle, particulièrement le matin, huit à dix fois dans la journée et cela pendant dix à quinze jours sans qu'aucun traite ment ne réussisse parfaitement.

Faisons une remarque ayant rapport au traiteraent de ce symptôme, une méthode préconisée fut l’administration régulière tous les matins de 7 gr. de sulfate de soude et de 0,10 d’extrait d’opium ; quelquefois on obtenait une légère amélioration, mais si elle était obtenue, elle n’était que de courte durée. Seul réussissait bien pendant trois à quatre jours, l’élixir parégorique à raison d’une cuillerée à bouche dans un verre d’eau auquel on ajoutait 5 à 6 grammes de bismuth. Cette thérapeutique amenait une sédation dans la douleur et diminuait les selles qui redevenaient normales quelque temps. L’eau de riz aussi avait un effet bienfaisant et son administration en grande quantité donnait d’excellents résultats. Quant aux laits fermentés indigènes (type Vougourt), ils ne supprimaient en rien la diarrhée, mais offraient cet avantage de fournir aux malades fatigués de toute nourriture, une alimentation agréable et relativement substantiel.

Tous ces symptômes étaient accompagnés d’un léger état fébrile, mais pas d’une façon constante, une moitié des hommes présentaient une température notable, s’élevant rarement au-dessus de 38,5, mais qui

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persistait d’une façon désespérante sauf quelques rémissions.

Souvent au bout de dix à douze jours sous l’influence du repos, de la quinine peut-être, une atténuation des symptômes se produisait pendant laquelle l’appétit revenait brusquement avec une grande intensité ; le malade se remettait un peu, mais ce n’était qu’une accalmie passagère, car au bout de quelques jours les phénomènes reprenaient plus nets, plus précs : la température devenait plus inquiétante et des accidents à type nettement paludéens s’installaient. Souvent aussi sans arrêt, sans transition, la crise paludéenne se faisait jour venant apporter sa signature à un diagnostic hésitant. |

2° Syndrome à allure typhoïde avec cachexie palustre. — C’est là encore une forme courante et qui fut cause au début de bien d’erreurs de diagnostic. Cette forme simule entièrement souvent la paratyphoïde dans les premiers jours de son évolution. Le début en est relativement brutal, quoique succédant presque toujours à un état voisin du syndrome décrit plus naut, mais de bien courte durée. La fièvre s’installe rapidement, voisine de 39°5 ou de 40°, Cette fièvre s’accompagne d’un état saburral très marqué des voies digestives avec vomissements fréquents et diarrhée tenace rappelant par son allure celle de certaine fièvre typhoïde à prédominance intestinale. Le tout s’accompagnant d’une céphalée brutale, de rachial. gies, de douleurs musculaires et articulaires violentes, arrachant souvent des cris aux malades.

Puis survient une asthénie profonde, rappelant de

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loin le tuphos éberthien. Elle en diffère toutefois en ce sens que l’œil reste vif contractant ainsi avec l’œil terne si spécial du dothienentérique. De plus par période apparaissent de véritables crises de boulimie qui, ajoutées au « signe de l’œil », peuvent être une source précieuse de diagnostic et doivent toujours dans ces cas faire penser au paludisme et tendre à éliminer une infection éberthienne.

La courbe thermique a une allure assez caractéristique, l’ascension commence le matin, atteint son acmé au début de l’après-midi pour redescendre dans le milieu de la nuit à son minima.

Les oscillations sont généralement de un à deux degrés. La courbe, d’autre part (Carnot), présente assez régulièrement deux fléchissements, une vers le cinquième ou sixième jour, l’autre au onzième ou douzième jour, abaissement de la température qui coïneide habituellement avec une rémission dans la douleur.

Dans les cas de gravité moyenne, la défervescence vers le douzième jour est brusque et définitive. Dans les cas sérieux, il se produit une reprise qui dure quelquefois, mais rarement au delà du 3° septenaire. Parfois avant la défervescence définitive s'installent des accès quotidiens à grandes oscillations. Mais les dominantes cliniques qui persistent le plus longtemps après la disparition des symptômes sont l’asthénie et une anémie très marquée avec un léger ictère, on a tout à fait l’impression de se trouver en présence d’un ictère hémolytique où les malades sont plus des anémiques que des ictériques. A cette période aussi s’éta-

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