‹ Le pamphlet comedie en deux actes, en prose (volume 2)Chapitre 1 sur 54 · MAURICE DESVALLIÈRES-LEGOUVÉ · texte numérisé non relu

MAURICE DESVALLIÈRES-LEGOUVÉ

MON rETn-riLs

MAUUICE UESVALLIERES-LEGOUVK

MON PETIT-FILÿ

C’est à toi, clier lils, toi qui fais revivre Un nom si cruel et si doux pour moi,

A toi que je veux dédier ce livre.

Venu dans ce monde un jour après toi.

\ ous êtes tous deux frères, ce me semble, Car pendant les jours de mon cher labeur, Je vous cii tous deux sentis vivre ensemble : Lui dans ma pensée, et toi dans mon cœur.

Bien grande est la joie au cœur de l’artiste Lorsqu’à ses regards, un jour, tout à coup.

Son idée obscure éclot, naît, existe,

El jaillit enfin, vivante et debout!

Plus grand mon bonheur quand un pur mirage

Faisait devant moi, dans un doux lointain, Poindre obscurément ton petit visage.

Confus, mais charmant comme un paysage,

Qui sort tout voilé des pleurs du matin.

Combien différente est votre fortune !

Tandis que, couché, toi, dans ton berceau,

De tout ce qui blesse ou même importune Nous te défendons, doux et frêle oiseau ;

Le vuilà déjà, lui, courant le iiiuiide.

Le voilà déjà, ton cadet pourtant.

Par le flot qui berce et le flot qui gronde, Pou!>sé, repoussé, luttant, combattant;

Et, bien que ta voix commence à s’entendre.

Le voilà criant bien plus haut que toi.

Et même plus haut, si je sais comprendre, Que ne le voudraient gens connus de moi.

Que de chers regards tendrement te suivent!

Que d’anges gardiens autour de tes pas!

Sans compter celui que l’on ne voit pas.

Et qui veille plus que tous ceux qui vivent ! Comme toi, ton frère a des cœurs à soi.

Quelque sympathie aussi l’environne.

Mais si j’en suis fier, c’est lorsque je croi Que le peu d’éclat qui sur lui rayonne Peut aussi, cher fils, rayonner sur toi!

Hayon fugitif! clarté passagère !

Éclat d’un moment ! Et comme bientôt

Tu te vengeras, enfant, de ce frère.

Qui semble aujourd'hui te traiter de haut !

I^s Jours et les mois, dans leur cours rapide, A chacun de vous portant, pour sa part,

A toi quelque grâce, à lui quelque ride.

Te feront jeune homme et le font vieillard.

Il ne faudra pas même un si long âge Pour mettre en oubli son faible renom ;

Et quand tu liras sou nom sur la page,

Las ! il ne sera déjà plus qu’un nom !

11 n’importe, enfant! Mort ix)ur tout le monde. Ce livre, du moins, pour toi revivra :

Bien que nulle voix lors ne lui réponde,

De moi, je l’espère, il te parlera ;

Et de tes beaux jours quand viendra Taurore,

Si je n'y suis plus, il te redira

Qu’à toi, mon enfant, je pensais déjà,

Quand tu ne pouvais, toi, penser encore !

Dans la vie, ensemble, entrez donc tous deux S’il faut qu’à ton tour notre art te séduise,

Pour que vers le bien le beau le coniluisc, Que mon père, enfant, soit devant tes yeux !

Sans prendre souci qu’on s’en effaroiicbe.

Fais ce que tu dois, dis ce que lu sens,

Et qu’à son exemple enfin, les accents, Parlant de ton cœur plus que de la bouche, Aillent droit au cœur des bonnêles gens!

Ernest Legolté.

OISTRIIUTIOR DE Lft MtCE

LA MARQDISK de liRREAZ M»< Jo VAStAi:i.

HENRI DE URREAZ, snn fils MM. Deladka t.

DON GUILLEN DEAZAGRA, son ne«eu. R bon un.

DON JOSEPH CLAVWO. . GirrnoT.

DONÀ ISABELLE TORDOYA . . D. F I X.

VIOLANTE, ta nourricr Lahbqoin.

UN DOMESTIQUE M. MASQUiLLiin.

La scène se passe ù Madrid.

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