SCÈNE V
HENRI, ISABELLE, eutrant par la droite.
ISABELLE
On n’est pas plus exact.
Vous, clière Isabelle !... Ah! je vous en supplie encore !... ne vendez pas ce pavillon, ces meubles, ces souvenirs...
ISABEL LE
Je le dois... mon ami... pour ma mère !...
HENRI
Votre mère?... Nel’ai-je pas aimée, soignée... avec vous, comme vous? Eh bien ! permettez moi... d’être pour un jour comme son fils... comme votre frère... et que ce pavillon, racheté par moi...
ISABELLE
C’est impossible, mon ami !
HENRI
Ce qui est impossible, c’est que vous me refusiez !...
ISABELLE
Il le faut! Je suis forcée d’être fière avec vous! Je suis pauvre!...
HENRI
On n’est fier qu’avec ceux qu’on n’aime pas !
ISABELLE
Vous croyez? Venez donc me dire cela ici... en face... Vous verrez bien si je vous aime... le jour...
HENRI
Le jour?...
^ ISABELLE
Écoutez, ami, voici l’heure de notre entretien de chaque matin.
HENRI
Oui ! la seule que vous vouliez jamais me donner ! Une heure par jour! comme si c’était suffisant ! Qu’est-ce qu’on peut se dire en une heure?
ISABELLE, s’aticyaot i ilroiif. '
Asseyez-vous là !... Et l’heure d’aujourd’hui... employons-là à parler raison ! .
HENRI, ilUnt presdre ao foad on petit tabouret.
Je le veux bien!.,, mais alors elle ne comptera pas!
ISABELLE
Écoutez-moi.
HENRI, s’aueyant lur le tabooret aux pieds d'Ital><'llo.
Toujours! avec délices!... Mais cela ne comptera pas!...
' ISABELLE
Eli bien ! non, cela ne comptera pas ! mais vous serez raisonnable.
Comme un commandeur de Calatrava!
ISABELLE
Vous vous le rapi>elez, ami, quand la Providence nous réuniL.. il y a trois ans... car il y a trois ans que nous nous aimons!
HENRI
Oui!... trois ans qui ont passé comme un jour! trois ans où je n’ai pas vécu un seul instant sans remercier...
ISABELLE, souriant.
Vous apjielez cela parler raison?...
HENRI
C’est votre faute!... Si vous croyez que je vais ressembler à uii commandeur quand vous dites : Nous nous aimions!
ISABELLE
C’est juste! je suis dans mon tort, (avcc malice.) Je ne le dirai plus! (ueprenant.) Lc jour OÙ la iiiort do Toti’e fn'-re aîné fil do vous le marquis de Urreaz, mon ami, j’aurais dû vous éloigner, vous fuir!... car un mariage était désormais impossible entre nous; puis je médis... j’avais tant besoin de prétextes, je me dis... que vous re[«)usser sans pitié après vos soins |iour ma mère... c’était une ingratitude;... je me dis que si je ne junivais pas être votre femme, il m’était permis, du moins, d’ètre votre sœur, votre su’ur protectrice... vigilante... maternelle;... que vous aviez besoin de moi...
HENRI
Eli! maintenaiil, croyez-vous donc?...