ACTE
seigneur qui demeure en face; qu’il va le joindre à son appartement; que le prix est fixé, accepté, payé... M’entendez-vuus ?
CCILLEN.
Parbleu ! si je vous entends !... Je ne fais pas autre chose depuis un quart d’heure, (tîmdi u boune.) Nous disons donc que je vais vous compter...
VIOLANTE
Oh! il me fera perdre la tête! (criant.) Mais j’ai reçu l’argent de ce seigneur!
CUILLEN.
Eh bien! vous le lui rendrez!
VIOLANTE
11 a ma parole.
Gl'lLI.EN.
Eh bien! vous la lui reprendrez! (ii se met à compter son argent.) Cent... .cent dix...
^ VIOLANTE, hors d’elle.
Il compte son argent!... Ah ! c’est trop font!... Pourquoi ne vous asseyez-vous pas?
GUII.I.EN.
Vous avez raison... je serai plus à mon aise... (ii s’assied et compte
sur la tiible, à droite.)
VIOLANTE
Ah!...
GlIILLEN, toujours comptant.
Cent cinquante... (a violante, qui s’en approchée de lui.) Hcin! commc c’est heureux que je n’aie pas yierdu cyla hier soir, avec le reste !... Car, ma chère... c’est le fond de ma bourse.
VIOLANTE
Je vous ordonne de sortir, impertinent!
GUILLEN
Taisez-vous donc!... vous m’aimez de tout votre cœur, sans le savoir... et si je prononçais un mot... si je vous disais pourquoi je loue ce pavillon, vous me siiuteriez au cou!... je vous arrêterais... mais, vous me sauteriez au cou!
VIOLANTE, passant h droite du bureau.
Ah!... Pour la seconde fois, voulez-vous sortir?
Gi:W.l.EN.
Je me lève, douce colombe, car j’ai aclievé mon compte.
VIOLANTE
Ah! enfin! (EU<! ramnote et va regarder au fou I.)
CIHLLEN, lur le devant.
Oui, les deux cents ducats y sont bien.
VIOLANTE, an Tond, voyaiil que Guillen ne bouge pas.
Encore !... Ab ! nous allons voir... (site aort un instant par la gauclic.)
GUILLEN
Pauvre jeune fille, cela l’aidera à soigner sa mère, et elle ne quittera pas sa chère retraite... car, ce soir, je lui écrirai : «Mademoiselle, veuillez continuer à occuper ce pavillon jusqu’à ce que je revienne. »... Et comme je ne reviendrai pas... pour une bien bonne raison... Ma foi! Guillen, voilà le premier argent que tu aies bien dépensé dans ta vie !
VIOLANTE, rentrant.
Ab! voici monsieur Henri de Urreaz.
GUILLEN
Henri! (ll va à la porte de gauche.)
VIOLANTE
C'est l’heure ordinaire de sa visite , la seule que lui accorde mademoiselle, et nous allons voir si vous oserez devant lui...
GUILLEN, à lui-mème.
Devant lui!... ob! non, non!... il se fâcherait... il ne veut pas que je vienne ici. (niut.) TenÆ, bonne femme, voici l'argent.
VIOLANTE, s’éloignant à droite.
Je n’en veux pas! je n’eri veux pas!
GUILLEN
11 faudra bien que vous le preniez...
VIOLANTE
Je n’en veux pas, mauvais sujet!
GUILLEN
Vous n’en voulez pas?... Alors, ma foi, tant pis pour ma bonne action!... Je vais le jouer... Adieu! (il sort par le fond.)
VIOLANTE
Enfin! nous en voilà débarrassés!... (.Au font.) Je savais bien que je ne les prendrais pas tes ducats !