ACTE PREMIER
(souriant.) Froîd I YieQiid un jour, une eirconstance où je paisse montrer tout ce <|u'il y a là et nous verrons, lequel aime le plus et le mieux 1 U est vrai que je ne suis pas ce qu'on appelle romanesque... mais, crois-moi, mon ami, les sentiments etaltés ne sont pas toujours les plus profonds. Je conviens que quand j'étais jeune fille, je voyais Tidéal du mariage dans un mari que j'aimerais bien et que j'estimerais beaucoup. Oh! cela c'était le point essentiel I... mais cet idéal, tu l'as si bien réalisé ou plutôt dépassé, tu as ajouté à ton beau titre d'honnête homme, tant de qualités charmantes et brillantes*., et enfin... enfin la naissance de mon fils a changé mon paisible bonheur en une telle ivresse, qu'à la seule idée qu'un malheur... un accident, pourrait renverser toute cette joie, alors ce cœur que tu accuses d'être froid... (Essayant ses yeux,) £h bien, voilà que je m'attendris I Suis-je sotte» une femme sensée !... et le sermon que j'ai à te faire I... car j'ai à te gronder très-sérieusement.
DBLPIBRRB.
Et de quoi donc î
MADAME DBLPIEHRE.
Ahl d'un tort très-réel... car j'ai ri... là... pour m'empêcher de pleurer... il s'agit d'une chose grave... tu as un grand défaut.
DELPIERRE.
Lequel ?
MADAME DELPIERRE.
Tu aimes trop Fargeat I Ce n'est pas par avarice.*, je m sais pas d^homme plus géaéreux que toi... ni même par vanité I Tu ne te soucies pas assez peut-être dô l'opinion des autres!... tu aimes la richesse pour la richesse. Ton rêve est de faire une grande fortune»
46 UNE SËPARATION;
DELPIEKRE9 Tiremeat.
G*est vrail (atm tendresse.) Pour toi!... Pour mon filst cela me révolte de nous voir dans ce misérable petit appartement! J'y étouffe ! Est-ce que c'est là ta place T Est-ce que je suis fait, moi, avec mon intelligence..* et mon ardeur, pour me consumer dans un bureau, dans un rôle d'employé : heureusement cela changera.
M.iDAMB DELPIEHaB.
Que dis-tu t
DELPIBRRE.
Ce que je t'expliquerai plus tard! Sache seulement que, grâce à ma capacité, j'atteindrai enfin... ce sans quoi on n'est rien dans ce monde !... la richesse!... Je veux être riche I Je veux que Fernand soit riche I Et nous le serons! (u
s'assied.)
MADAME DELPIERRE, aUant ft lui.
Mais, malheureux !... tu l'es ! il l'est 1 Qu'est-ce qui te manque? Est*ce que je. te paraîtrais plus jolie avec un collier au cou? Est-ce que tu aimerais mieux ton fils avec des habits de velours I Non! eh bien alors I... mon ami ! mon ami 1 Je t'en prie ! ne tente pas le ciel I ton rêve me £aiit peur pour notre chère et douce réalité ! mais songe donc que nous sommes des millionnaires, puisque nous avons ce que rien n'achète... ce que rien n'égale... et ce que rien-iie remplace...
DELPIERRE, riant.
Oui... mais ce que la fortune complète! Notre bonheur est un beau tableau, laisse-moi lui faire un beau cadre ! Eh bien, est-ce entendu? sommes-nous raisonnables!... Oh! quelle enfant ! Dieu me pardonne ! elle pleurerait volontiers d'avoir ce que les autres femmes désirent avec passion ! Eh bien, me promets-tu de te laisser être heureuse?...