LA COMTESSE, LE COLONEL, MADAME TAVERNIER
MADAME TAVERNIER, entrant ayec la comtesse, qui tient un journal
à la main.
Calmez-vous,, chère madame!... Comment quelques lignes de journal peuvent-elles vous émouvoir à ce point?..
LE COLONEL
Qu*est-ce donc?...
MADAME TAVERNIER
Un article de la Gazette des Tribunaux que j'ai eu la maladresse de montrer èT madame la comtesse et qui Ta jetée dans un état de douleur...
LE COLONEL, s'approchent de la comtesse.
En effet... des larmes...
LA COMTESSE, ayec une explosion de douleur. EUe est assise sur le
canapé.
Quel cœur maternel pourrait ne pas éclater de désespoir
devant un tel scandale!... (HontraDt le journal.} Gel arrêt est la con« damnation de toutes les mères l
LE COLONRL, regardant. i
Ah ! oui!... le procès de cette fille d'Opéra contre la marquise de Mouy !...
LA GOUTESSE.
La pauvre mère croyait son fils sauvé!... Cette femme le ressaisit!... Il tombe malade, il se tait porter chez cette femme!... Il meurt... son dernier soupir est reçu par cette femme!... Sa mère réclame ses restes... on lui répond par le testament de son < fils... Il avait légué son corps à cette femme!... (seierant.) Ohl... i les maudites!... Elles poursuivent nos fils jusque dans la mort... elles nous les arrachent jusque dans la mort... elles les déshonorent jusque dans la mort!
LE COLONEL
Vous prenez les choses trop au tragique, belle dame !... Nos mères ne se troublaient pas tant autrefois... Au lieu de se désespérer pour des fredaines inévitables... elles s'arrangeaient pour qu'elles ne devinssent pas des folies ^..
LA COMTESSE, rirement.
Gomment cela ?
LE COLONEL
G'est bien simple!... Elles faisaient comme la marquise de Blossact... Quand arrivait pour leur fils l'âge... des orages, elles mettaient un paratonnerre sur leur maison...
MADAME TAVERNIBB. |
Gomment, un paratonnerre?... Quelle histoire allez-vous < nous raconter?...
LE COLONEL, gaiement.
Une histoire dont nous avons grand besoin pour nous remettre un peu du sombre récit de madame la comtesse!... Or, donc, quand le petit marquis de Blossac arriva à Tâge périlleux, sa bonne mère fit venir de Brientz, à titre de demoiselle de compagnie... de lectrice..., le plus joli petit paratonnerre!...