‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 268 sur 312 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MARTHE, gaiement.

Eh bien, je suis laide I... voilà t

JOSEPH

Laide ! . • osez-vous di re !

MARTHE

Ce n'est pas moi qui le dit. (Montrant sa ogure. ) C'est elle t

JOSEPH, Tivement.

Elle I...Elle dit qu'avec ce regard... avec cette physionomie, avec ce cœur, avec cet esprit...

MARTHE, tout bas et lui prenant la main.

Merci, mon neveu!..,

JOSEPH

NonI cela m'indigne d'entendre dire qu'à votre âge...

MARTHE

Mon âge !... mon âge I... Mais voilà où est le mérite I... Être laide à soixante ans... belle affaire I... mais à vingt-cinq! le diable même n'eu vient pas à bout.

Tu n'en parlerais pas aussi gaiement si tu le croyais...

MARTHE, mettant des fleurs sur une console.

J'en parle gaiement parce que cela m'enchante.

VILLENEUVE

Ah ! par exemple !

MARTHE

C'est si commode !... Quel est le plus beau rôle du monde?,.. C'est d'être garçon et jeune !... Eh bien, une fille laide, c'est un garçon I... Elle fait tout ce qu'elle veut, elle va où elle veut... Est-ce que, si j'étais jolie, je pourrais prendre Joseph par-dessous le bras, et aller avec lui en promenade? On dirait tout de suite : « Âh ! deux amoureux!...» Tandis que, quand on nous rencontre, que dit-on? a Un frère et sa sœur!...» Une laide est toujours une sœur^I

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