ACTE QUATRIÈME
MADAME TAVfiRNIER.
Pas toujours !
LE COLONEL
Hein?...
MADAME TAVERNIER. '
Je dis : Pas toujours !
LE COLONEL, arec embarras.
£n effet I peut-être... quelquefois... mais c'est très-rare t*...
MADAME TAVBRNIER.
Mais, si j'en crois cette lettre, il s'agirait ici non pas d'une de ces affections légères qui s'évanouissent devant le mariage, mais d'un de ces liens funestes oui lui survivent... d'un de ces amours indestructibles... qui le détruisent... .
LE COLONEL
Je suis sûr qu*il n'y a pas de quoi fouetter un oh^I... Enfin I...
PAUL
Non, madame! Je n'ai pas eu une de ces passions que Vous dépeignez si énergiquement.
LE COLONEL
Quand je lé disais I...
PAUL
J'en ai eu deux!...
MADAME TAVERN1EII«
Quoi?...
LE COLONEL, à part.
Deuxl... Je me reconnais!... li me ^lalt, ce gendre-là I...
PAUL
Oui, deuxl... L'une insensée, pour une créature indigne de ma mère et de moi; l'autre pour une jeune fille charmante, qui semblait l'image même de la pureté... (Arec dooieur.) Eh bien, madame!... l'amour qu'il fallait craindre, c'était l'amour honnête!...
100 MISS SUZAiNNE.
MADAME TAVBRMER«
Conninonl?...
SUZANNE, àpart.
De la force !... de la force !..•
PAUL
Mille obstacles pe séparaient d'elle ! Je bravai tout [K)ur rappeler ma femme I... Interrogez ma mère... demandez-lui quels étaient ma douleur..^ mes transports!... demandez-lui si je ne lui ai pas arraché des larmes en me jetant à ses pieds pour obtenir' son consentement!... demandez-lui si je ne l'ai pas épouvantée quand j'ai répondu à ses refus par des menaces... Oui... pour celte jeune fille, j'ai presque...
MADAME TAVERNIER, se lerant.
Assez, monsieur! assez! Vous Paimez encore !... (on w lèfe.)
PAUL
Mon, madame!
MADAME TAVERNIER
Tous l'aimez encore!. • J'en appelle à tous les cœurs de femme!... à madame votre mère, à miss Suzanne elle-même!...
SUZANNE
À moi!,..
PAUL *
Eh bien, soit! J'accepte mademoiselle pour juge!... Qu'elle dise si l'on peut aimer encore après une action comme celle qui m'a percé le cœur !... (a Suzanne J Au moment où je brisais tous mes devoirs pour cette jeune fille... une seconde après qu'elle « m^avait juré un amour éternel... elle donnait sa main à un autre!..*
A un autre!... une secondé après!... (a part.) Sexe enchanteur, mais toujours volage!...
PAUL, à Snzanne,
Gela vous parait bien cruel, n'est-ce pas?... Pourtant co