SCÈNE XIII
Les Mêmes. LE COLONEL, LA COMTESSE, MADAME
T A V il R N I E R, Ë D n H et M A R T H E paraissent successivement sur le seuil do la salle à mang^^r, attirés par le bruit. — (Suzanne, voyant paraître madame de Brignolcs, qui est entrée lu première arec le colonel, s'est élancée vers elle.)
SUZANNE
Il y a... qu'à la fin, mon cœur éclate!... Il y a que, depuis ce matin, je suis forcée de dissimuler... de mentir... Ah! tous
ces mystère?... tous ces soupçons me pèsent, me révoltent, m'humilient. II faut que la vérité se fasse jour enfin, el que je paraisse ce que je suis! Justifiez-moi, madame.
MARTHE
A la bonne heure!...
SUZANNE, à la comtesse.
Est-il vrai que je n'ai jamais trahi aucun devoir?...
LA COMTESSE
C'est vrai!...
SUZANNE
Est-il vrai que j'ai pu croire que vous vouliez m'appeler votre fille?
LA COMTESSE, après un coart effort.
C'est vrai l
SUZANNE
Esl-il vrai enfin que, quand j'ai su que vous me repoussiez... j'ai bri.^é ma vie pour mettre entre votre Qls et moi une barrière éternelle?... que je me suis enfuie ?...
VILLENEUVE, courant à elle et Tembrassant arec passion.
Oh! je suis un malheureux!... Pardonne-moi!... T'avoir accusée!... Pardon!... pardon!...
SUZANNE
Mon père!...
EDITH
Mais pourquoi donc avoir repoussé Suzanne?
VILLENEUVE, Tivement.
Pourquoi?... C'est moi qui le dirai. Madame la comtesse a repoussé ma fille, parce qu'elle était ma fille... Ne croyez pas que je Taccuse... Elle a eu raison : de telles alliances ne sont bonnes ni pour l'aristocratie ni pour le peuple.
LE COLONEL
Ha du bon sens, cet homme-là!...
1. Le colonel, la comtesse, Suzanne, Marthe, VilleneuTe, madame TaTW Di«r, Edith, Paul.