ACTE I
GEORGES, avec une ccrUine (^ino?l3R.
Voilà un accueil, madame, que je n*osais pas e?v.i rar»
LA MARQUISE
Ef pourquoi donc, monsieur?
GEORGES, avec !.L'skti*.:cn.
Mais parce que...
LA MARQUISE
Ah! je comprends!... Parce que vous n*6te8 pas de« nôtres... parce que vous n*appartenez pas à raristocralie. Comment ! monsieur, un homme d*esprit comme vous en est encore là !... Vous aussi vous croyez à la vanité de b noblesse?
GEORGES, souriant.
Un peu...
LE BARON
Vous VOUS trompez, monsieur... nous avons de ]*orgucîl, nous n'avons pas de vanité.
GEORGES, souriant.
Vous avez du moins la vanité d'avoir de Torgucil.
WILSON, ipart.
Pas mal !
LA MARQUISE
Et oscrai-je vous demander, monsieur, sur quoi voui fondez Topinion qui nous accuse ?
GEORGES, gaiement.
Ne me le demandez pas, madame la marquise, car je serais capable de vous répondre.
LA MARQUISE
Répond(», monsîenai répondez!... Attaquez-nous, nous nous défendrons.
AMÉLIE, àpart.
Cela devient intéressant.
GEORGES
i^ i^^f madame la marquise, que vous habitez Paris?
LA MARQUISE
Oui, monsieur... Et certainement vous y avez pénétré is d*une fois dans ce monde de Taristocratie... Y avezus jamais senti la morgue et Tesprit de caste?
GEORGES
^ Paris... ?jao)ab.
LA MARQUISE
Re faîsons>nous pas accueil à tout ce qui est talent et supériorité d*esprit?
GEORGES
Toujours!., à Paris!
LA MARQUISE
Paris!.. Paris!.. Mais, ici même, où sont-ils donc nos préjugés?
GEORGES
Ils sont... (Souriant.) Mais, pardon, vous m'interrogez sur M. de Gernay, et je m'aperçois que je vais répondre sur moi.
LÀ MARQUISE
C*est la même chose. On connaît un homme, quand on connaît ses amis ; et je croirai entendre mon invisible neveu en vous écoutant.
GEORGES
Toîlà un argument qui me décide.
LA MARQUISE, prenant uno chaiso.
Eh bien ! voyons, où sont ces préjuges ? (Elle ■*as8ied.)
Georges a pris une chaise et s'assied aussi. La baronne, Marfe et Amcfia sont sur le canapé à gauche ; le baix>a est accoudé au canapé. Wilsoo près de la cLcniinée.
WILSON, àpart.
Voyons !
GEORGES
Ils sout dans un petit sentiment caché au fond du cœur, et d'autant plus vivace peut-être qu*il est plus concentré ; qui ne se traduit plus, comme autreiois, par des actes vioients et palpables, mais par mille intonations intimes, déli* cates et vibrantes comme des fils électriques ; qui s'indignerait d'entendre appeler un roturier, mon cher, mais qui en lui disant, mon ami, se sait bon gré de le lui dire, et qui lait enfin que, vous admirant dans votre politesse pour nous, vous ne vous sentez jamais si bien nos supérieurs que quand vou' consentez à devenir nos égaux.
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