ADRESSE
(Extrait du Moniteur du n janvier 1816. )
Le maire de la commune de Notre -Dame- de- Moot (Vendée) a fait a ses administrés, à l'occasion du recrutement de la Garde Royale, une adresse qui nous a paru remarquable autant par son énergie que par les sentimens qu'elle renferme; nous avons la certitude que cette pièce a été entièrement rédigée par ce maire, simple meunier.
« Mes chers administrés, <( Vos efforts pour soutenir la plus sainte et la plus juste des causes, ont fixé les yeux de l'Europe entière.
« Les Nations n'ont pu s'empêcher d'admirer cette vertu résignée dans le malheur, invincible les armes à la maîn , qui vous a fait braver tous les dangers de ce monde pour la cause du meilleur des Rois, comme ces premiers chrétiens qui souriaient à l'aspect du martyre.
« Vendéens! quand on prononcera votre nom devant les générations futures, elles s'inclineront avec respect; elles se diront : ce peuple, celte portion du peuple français ne connut point le parjure; elle fut partout et dans tous les temps fidèle a son Dieu et h son Roi.
« D'une si noble renommée, il faut répondre par des actions ; une réputation si grande et si belle est une dette sacrée contractée envers le Roi et l'Etat.
« Il vous appelle aujourd'hui , braves soutiens de sa cause; i) vous choisit par les inspirations de son cœur paternel, parmi ses enfans les plus chéris. Il veut que son auguste personne, sa vie, palladium de la France, soient confiées a votre garde. 0 mes amis! qui pourrait-il choisir de plus digne que ceux qui, depuis vingt-cinq ans, ont prodigué leur sang pour sa cause? Je m'arrête.... Je n'ai pas besoin d'exciter votre zèle ; vos cœurs guerriers et magnanimes volent au-devant de notre bon Roi. Sachant qu'il n'est pas un de vous qui ne vole près de'Iui, je me charge de modérer votre élan généreux. Dans sa bonté , il me désigne ceux qui sont nécessaires : sans cette précaution , tous les braves Vendéens quitteraient leurs travaux.
(( Signé Barreteau. »