Statesmans Year Book, London
compris) il y en avait 9.170.039 se rattachant à la race germanique. Ceci, exprimé plus clairement par le pourcentage, revient à dire que de la race germanique se réclament 35,3 0/0 de la population indigène de la Cisleithanie. Notons d'ailleurs en passant, comme un symptôme fâcheux pour l'avenir du mouvement pangermaniste, que ce même recueil officiel donnait pour le recensement du 31 décembre 1890 le chitTre de 8.461.580 Allemands en Cisleithanie sur une population totale de 23.473.056 habitants, ce qui correspondait à une proportion de 36,1 0/0. Les Allemands, loin de progresser, auraient donc, en dix ans, perdu tout près de 1 0/0, exactement 0,8 0/0, au proht des nationalités non allemandes. Nous aurons l'occasion de revenir sur ce point plus tard. Contentons-nous donc, pour l'instant, de savoir qu'il y a en Cisleithanie, en chiffres ronds, à peu près 9.200.000 Allemands dont environ la moitié, 4.500.000, forment une masse compacte.
Ceci dit, nous n'avons guère besoin, dans une étude du genre de celle-ci, de faire encore des subdivisions et de nous demander, question très discutée, si, par exemple, tous ces Allemands d'Autriche sont ethnographiquement absolument frères. Qu'il nous suffise de dire à ce sujet, laissant le lecteur libre d'en tirer les déductions qui lui plairont, que cette masse allemande est composée d'éléments en majorité bavarois d'origine et que cependant, à
en croire M. Chélard\ les Allemands du Tyrol, ceux du centre de l'Autriche et ceux de la Bohême n'auraient pas absolument la môme origine et se seraient établis en Autriche à des époques différentes, ce qui paraît très vraisemblable. Il nous sera d'ailleurs loisible plus tard, quand nous serons sortis des généralités indispensables, de tirer de ce fait les conclusions qui s'en dégagent.
Nous avons montré un peu plus haut que la période de 1890 à 1900 avait vu un recul certain de la race germanique vis-à-vis des autres nationalités de l'Autriche. Il convient cependant de se demander si peut-être nous ne sommes là en présence que d'un fait particulier, d'un simple accident, d'un arrêt momentané et si pourtant, comme veulent le faire croire les pangermanistes, les populations allemandes d'Autriche ne seraient pas, malgré tout, de ces populations envahissantes, dont l'augmentation rapide permet à bon droit de supposer que peut-être un jour, là où aujourd'hui encore elles sont minorité, elles deviendront majorité? Pour ne pouvoir être accusés de partialité, nous aurons recours à des chiffres relatifs à une autre période, celle qui a précédé celle de 1890 à 1900, c'est-àdire aux chiffres comparés de 1880 et de 1890. Or que nous montrent-ils? Prenons, par exemple, l'ouvrage déjà cité de M. Auerbach et il nous dira