‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 66 sur 139 · B4 LE PANGERMANISME PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

B4 LE PANGERMANISME PHILOSOPHIQUE

La formation de ces peuples nous montre, en même temps, que l'origine d'un peuple et d'une race ne se trouve pas au début, mais à la fin d'une ligne de dévelopj)ement. La race est le produit d'une sélection. Elle naît d'une combinaison et d'un mélange, suivi d'un long isolement du produit de ce mélatige.

Il n'y a pas plus de races primitives que de langues primitives. La race est toujours à l'état Quide; sa loi de vie est de constamment changer. De même que les éléments ne nous apparaissent presque jamais que mélangés, on ne trouve pour ainsi dire nulle part une race absolument pure. Une telle race n'est qu'un postulat de notre pensée.

En vertu de ses aptitudes intellectuelles, la race se crée un monde de formes qui lui sont propres : formes de la maison, des armes, des vêtements, des ustensiles. C'est ce que j'appelle la cwilisation. En même temps, elle se crée un monde de représentations et de pensées, une culture. Intermédiaire entre les deux se trouve le langage. 11 est en même temps forme et pensée. La civilisation peut, sans difficulté, être transmise aux étrangers. C'est ainsi que les Japonais ont adopté nos vêtements, nos bateaux, nos chemins de fer. La langue se transmet également avec facilité, mais cependant ceci ne vaut que pour les mots seuls, non pour la prononciation, qui dépend de facteurs physiologiques, ni pour la grammaire, l'esiirit de la langue. Les nègres de l'Amérique du Nord parlent anglais, mais disent à la manière africaine :

— / done wcnt : je suis allé,

— I done eat : j'ai mangé,

et ne tiennent pas compte de l'r, qui est intolérable à un palais africain. Les étrangers peuvent, par conséquent, s'approprier totalement la civilisation, mais ils ne peuvent s'assimiler qu'à demi la langue ; la culture, elle,

ALBRECHT WIRTH

sauf s'il y a croisement, est complètement intransmissible.

La culture fait partie de la race comme l'éclair de l'orage. Elle peut cependant acquérir une vie à moitié détachée, à moitié indépendante, et le fait se produit de deux façons : soit à la manière de l'huile qui découle d'arachides ou de pépins de pavots écrasés, ou encore qui émane du bois de camphre carbonisé pour se déposer contre le couvercle de la chaudière; le substrat de la race est détruit, mais la culture née d'elle lui survit victorieusement; — soit à la manière de la sève du palmier, qui abandonne l'arbre, son nourricier, se met à vivre d'une vie indépendante, entre en fermentation, et se métamorphose en vin de palme; la race subsiste, mais la culture qu'elle a produite passe au service d'autrui. Le monde des représentations et des idées se fixe en tableaux et en œuvres d'art. Et la culture^ devenue ainsi saisissable passe à d'autres races. Elle agit immédiatement sur celles-ci dans la mesure où les anciens représentants de cette culture se mêlent à la nouvelle race. Sinon elle ne peut que stimuler les capacités apparentées, aiguillonner, exciter, elle ne peut pas créer. C'est ainsi que nous nous sommes approprié la culture romano-celtique parce que nous avions du sang romano-celte dans les veines; par contre, les Japonais n'ont emprunté que la civilisation et non pas la culture européenne, parce qu'il n'y a pas eu croisement, et les essais que les JajDonais ont tenter pour imiter dans un esprit créateur la peinture et la philosophie occidentales sont demeurés totalement infructueux.

La division de la race en sous- races s'effectue par croisements et par migrations. Les Ariens sont une race; les Germains sont une sous-race. D'abord masse indistincte et confuse, la race ne se différencie plus nettement et plus vigoureusement que sous des influences étrangères.

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En sVHendant, elle se heurte à une autre race et à un aulre sol. Des deux côtés, alors, subsiste une vieille souche qui se raidit dans la tradition, et se développe une jeune souche qui se plie aux nouveautés et, par suite, se transforme sensiblement. Ici encore, la loi absolue n'est assurément qu'un i>ostulat; en réalité, il n'y a jamais que des sous-races.

Ibid., p. j-H,

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