‹ Le pansement antiseptique, expose specialement d'apres la methode de ListerChapitre 19 sur 24 · ECZÉMA PHÉNIQUE · texte numérisé non relu

ECZÉMA PHÉNIQUE

l’eczéma phénique, ne- m’ont pas effrayé, car les malades dont il s’agit étaient assez gravement atteints pour mourir sans cet eczéma.

Dans les cas légers, il suffit, suivant le conseil de Lister, de couvrir les parties atteintes avec de l’émulsion salicylique, et d’humecter avec celle-ci le protective et la gaze perdue. Les démangeaisons cessent souvent à l’instant, l’eczéma pâlit et disparaît.

Dans d’autres cas le gonflement est considérable, de grosses plilyctènes se forment, et l’affection se propage sur des surfaces cutanées extérieures au pansement. Il faut alors cesser l’usage de la gaze de Lister, et la remplacer par un pansement au lint borique et à la ouate salicylique. D’ordinaire, je couvre tout d’émulsion salicylique, je mets sur les plaies du protective plongé dans cette émulsion et je fixe par-dessus un large pansement à la ouate salicylique à 11 %• J’observe en général, après ce pansement, la diminution de l’irritation cutanée et bientôt sa disparition totale.

Avec un peu d’attention, je ne crois pas que cette affection amène jamais de dangers graves.

CONCLUSIONS

CONCLUSIONS

La méthode antiseptique est la meilleure méthode de pansement. Le pansement à la gaze de Lister satisfait le mieux à ses indications.

Une plaie récente, traitée par cette méthode est garantie contre la pyémie, la pourriture d’hôpital, l’érysipèle, la suppuration progressive, et généralement contre toute complication accidentelle.

La réaction locale et générale consécutive à une plaie est due aux éléments nuisibles qui pénètrent dans la plaie avec l’air ambiant.

Ce n’est pas l’air en lui-même qui amène la décomposition, la fermentation putride, ce sont les organismes nuisibles contenus dans l’air.

Ces éléments suspendus dans l’air (schizomycètes, monades, poussières, etc.) se développent le mieux et ont leur

CONCLUSIONS

maximum d’activité dans le pus ténu et aqueux ; leur développement est gêné au contraire dans le pus épais.

Les désinfectants utilisés dans la méthode antiseptique, les acides phénique, borique, salicylique, ne détruisent pas totalement ces éléments, mais ils annihilent leur action nuisible.

Chaque médecin, soit dans les hôpitaux, soit dans la pratique particulière, doit connaître et employer la méthode antiseptique. Dans le meilleur air, en effet, nous voyons survenir la mort à la suite des complications accidentelles des plaies.

L’heureuse issue d’une plaie n’est plus une simple possibilité en observant rigoureusement les précautions antiseptiques, mais bien une certitude. Aussi la responsabilité du médecin s’accroît-elle d’autant.

L’essentiel, dans la méthode antiseptique, ce n’est pas le choix des désinfectants, c’est leur emploi attentif, minutieux.

Sans la plus grande minutie, la méthode antiseptique ne donne pas même de demi-résultats, mais des résultats complètement nuis.

CONCLUSIONS

Le sort d’im blessé grièvement atteint est presque totalement entre les mains du médecin qui fait le premier pansement.

Une plaie, présentant déjà une suppuration septique, peut souvent (mais pas toujours) redevenir aseptique, après

enlèvement par grattage des granulations de mauvaise nature, suivi d’un lavage à la solution de chlorure de zinc à 8 n/u, ou d'une irrigation prolongée à l’acide phénique.

Si le chirurgien ne réussit pas à détruire la putridité de la plaie, le résultat définitif 11e dépend plus de lui.

On 11e doit pas employer un pansement occlusif par les plaies septiques, suppurant beaucoup. — Il vaut mieux appliquer du lint borique couvert de gutta-percha. Si on se sert quand même du pansement à la gaze, il faut remplacer le protectivepar une compresse enduite de pommade borique.

Les préparations boriques sont douces, calment les douleurs, et ont une action désinfectante prolongée.

Le pansement salicylique de Thiersch convient le mieux à la chirurgie du champ de bataille, à cause de sa simplicité, et de la longue durée de ses propriétés.

CONCLUSIONS

Les enfants sont facilement empoisonnés par les préparations phéniquées. Pour eux, la méthode antiseptique se fera au moyen des acides borique ou salicylique. Le thymol ne paraît avoir qu’une faible puissance désinfectante.

En temps de guerre comme en temps de paix, on ne doit pas examiner une plaie récente, soit avec le doigt, soit avec la sonde, sans précautions antiseptiques. La plaie sera au contraire immédiatement bien fermée avec un tampon (fait de ouate ou de jute salicyliques, enfermés dans de la gaze).

Traitée de cette façon la plaie guérit comme une plaie sous-cutanée, ou bien elle reste aseptique pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que l’on trouve le temps et l’occasion de faire un pansement antiseptique régulier.

La méthode antiseptique ouvre aux chirurgiens des horizons nouveaux. Avec ses précautions, les articulations et les cavités du corps peuvent être ouvertes sans danger.

La méthode antiseptique abaisse le chiffre de la mortalité; elle hâte la guérison, elle assure souvent une marche absolument afébrile, après de sérieuses opérations; elle évite toute complication accidentelle des plaies. L’état général des malades est bon. Les douleurs qui se présentaient d’habitude après les opérations, sont fort diminuées.

C0N(Xl'81ON8.

La cicatrisation est rapide, solide et belle. L’obturation artérielle est sûre ; les hémorrhagies secondaires ne sont par conséquent pas à craindre. D’autre part, l’élimination des tissus broyés ou gangrenés pour une cause quelconque, est très ralentie.

L’intoxication phéniquée est très rare, mais indéniable. Elle arrive le plus souvent chez les enfants. L’irrigation forcée de plaies fraîches présente les plus grands dangers sous ce rapport.

L’intoxication phéniquée offre le tableau suivant : collapsus, vomissements incessants, grande dyspnée, mauvais pouls, salivation, urine vert noirâtre, chute de la température, etc. La mort arrive par arrêt de la respiration.

Dès l’apparition des premiers symptômes d’intoxication, il faut enlever toutes les préparations à l’acide phonique, et laver les plaies avec les acides salicylique ou borique, ou avec de l’acide sulfurique étendu. Administrer en outre des excitants.

Le sulfate de soude, recommandé comme antidote, a une action évidente, mais insuffisante.

L’eczéma phénique est un eczéma dû à la résine ou à la paraffine, et ne présente aucun danger.

Pages.

Avant-propos • a

Page 1