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RELATIONS ENTBE LA BUSSIE ET LES SLAVES

mta, pour 6purer et enrichir la langue russe, en prose, en Eloquence et en po^sie* La princesse DachkoY en fut la premiere pr^sidente. L*Acad6^ mie v^ut ou vivota jusqu'a la fin de Tann^e 1841, A cette 6poque elle fut supprim^e, ou plut6t adjointe a i'Acad^mie Imp^riale des Sciences, dont elle constitua la deuxi^me section (langue et litt^rature).

Le budget de la nouvelle section ^tait assez m^ diocre. II etait constitu6 par un revenu de 6.250 roubles. Le nombre des membres 6tait fix6 k soixante. lis ne recevaient aucun traitement. Si quelqu'un d'entre eux s'^tait signal^ par un travail remarquable, il recevait une medaille d'or du prix de 250 roubles.

L'Acad^mie devait publier un dictionnairo, qui parut en effet de 1789 a 1794. Dans la premiere Edition, les mots ^taient group^s par ordre ^tymoiogique. Dans la seconde, publi^e de 1806 a 1822, Tordre alphab6tique fut adopts. D'autre part, TAcad^mie fut chargi^e de r^diger une grammaire nisse. (3 Editions, 1^2, 1809, 1827). Pen a peu «on budget et ses publications s'elargirent. Mais I'histoire de TAcad^mie ne rentre dans le cadre dece volume qu'en raison des rapports qu'elle ^tablit avec les peuples slaves.

En 1813 elle eut pour president I'amiral Schichkov. G*^tait un ardent patriote qui d^testait les Fran- Cais et qui 6tait passionnd pour T^tude de sa langue maternelleet de Tidiomede I'Eglise russe, le slavon. En 1813 il avait accompagn^ Tempereur Alexandre 1" dans son exp^ditibn contre Napoleon. II ^tait all^

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en Autriche. II avait rencontre k Prague Tabb^ Dobrowsky, le fondateur de la slavistique moderne, qui, dix ans auparavaiit, avait — le premier des savants tch^ques — visits P^tersbourg et Moscou. D^s ce moment sans doute le savant abb^ m^ditait sa grammaire slavonne qui, sous ce titre, Institutiones linguae slavicse dialecti veteris^ devait paraitre k Vienne en 1822, A Vienne, Schichkov avait ^galement eu Toccasion de rencontrer le Slovene Kopilar, qui 6tait bien loin d'etre un panslaviste — c'etait un Autrichien passionn6 — mais qui, au point de vue scientifique. avait pu lui donner d'u tiles indications.

Schichkov n*avait au fond aucune id6e des langues slaves, mais il dtait passionn^ pour le slavon d'Eglise ^t il employait le mpt slave k tort et k travers. Ce fut lui qui r^digea les manifestes de Tanh^e 1812.

11 a parfois des lubies plut6t malheureuses.

Ainsi, parlantdes g^n^raux qu'Alexandre opposaii k Napoleon, il dira : « Dans leurs veines coule de le sang des Slaves, sang illustr6 par des victoires retentissantes. » Or, ces pr^tendus Slaves s'appelaient Bagration*, Barclay de Tolly, Witlengstein.

Gomme philologue, Schichkov dtait pitoyable. II s*imaginait que le russe et le slavon repr^sentaient une seule et m6me langue. Au lieu de rapprocher le mot notch (la nuit) de Tallemand nacht et du

1. Bagration ^tait un G^orgien. Sur son nom un Slavophile russe avait fait le jeu de mot suivant Bog rati on; il est le Dieu de la guerre. G'est pent 6tre le m6nie qui interpr^tait ainsi le nom de Napoleon : Na polie on : il est par terre.

1814; il III recevoir I'auteur membre de I'Acad^mie et eut Tid^e d'uo travail aDalogue pour lequel la Bcience russe n'^tail pas encore mdre. 11 entra en rapport avec les savants tchfeques, Hanka, JuDgmann. 11 fut, comme tout le monde, ^mu de la d^couverte des pseudo-manuscrits tchgques auxquels tout te monde croyait alors et dans lesquels on a reconnu plus tard d'impudentes falsifications. 11 fit reproduire le Jugement de Libussa daus les M^moires de I'Acad^mie; en 1S20 il traduisit lui-mgme le manuscrit dit de Kralov^ Dvor {Kralodvorsky Rukopit).

A Hoscou, un groups d'hommes s6rieux segroupait autour d'un homme ^claiM, le cbancelier RoumiantsoT, Le professeur Katchenovsky ^tudiait dans le Messager d'Evrope un certain nombre de questions relatives & I'histoire et k la litt^rature des Slaves. Notamment il rendait compte, en 1816, dea travaux de Dobrowsky. A ce propos 11 faisait robservatioD suivante : « Jusqu'ici, chez nous, on a pen r^fl^chi sur la parents intime qu'oot avec notre langue beauconp d'autres usit^es aussi bleu dans rint^rieur de notre patrie qu'au deli de ses frontidres, au pfoOt ^normequ'en retirerait I'histoire de la Russie, la science nationale, si nous nous occupioDS des dilT^rents dialectes slaves, de leur formation et de leurs relations r6ciproques. »

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/Du cercld des id^es . philologiques, chez des cerveaux mal pr^par^s, enclins au mysticisme et k la reverie, le slayisme passait dans la sphere des conceptions politiques.

En 1819 on vit apparaitre k Kiev une soci^t^ maQonnique portant cette denomination bizarre : Les Pauvres Slaves. Elle renfermait des Russes et quelques Slaves. On sait pen de chose de son histoire.

En 1825, dans une petite ville voisine, a Vasilkov (gouvernement de Kiev), un groupe de jeunes ofQciers forme une soci6te politique qui s'intitule les Slaves r^unis, Elie avait pour objet de grouper tons les Slaves en une federation. Elie aurait compris huit groupes : 1° Russie; 2*' Boheme, Moravie; 3** Dalmatie ; 4*' Croatie; 5° Hongrie; 6° Iransylvanie; 7* Serbie; 8° Moldo-Valachie. Cette division etait arbitraire et m^me tout a fait fantastique. Elle negligeait les Polonais et faisait absor-. ber par les Slaves, les Magyars, les Moldo-Yalaques on Roumains, peuples qui ont sans doute subi rinfluence des Yoisins slaves, mais qui appartiennent. Tun k la famille turque, Tautre a la familie latine,

Ce mouvement de reveurs pen dangereux inquieta fort la police autriehienne, facile k s'e* mouvoir. Elle se pr^occupa notamment des rapports qu'ils pouvaient entretenir avec Prague.

Le poete Czelakovsky ecrivait k son cotifrere Kamaryt, le 12 juin 1822 : « II est question de transporter la censure (de Prague) k Vienne. La cour voit partout des dangers, des complots, des carbonari^ des societes russes. »

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