‹ Le panthéon canadien, (choix de biographie.) Dans lequel on a introduit les hommes les plus célèbres des autres colonies britanniquesChapitre 19 sur 26 · JACQUES VIOER PAR M. DE PUIBUSQUE · texte numérisé non relu

JACQUES VIOER PAR M. DE PUIBUSQUE

M. Jacques Viger est né à Montréal le 7 Mai 1787. Ii a été le premier maire de sa ville natale en 1833 ; deux élections successives l'ont maintenu dans les mêmes fonctions en 1834 et 35 ; honneur insigne qui a ouvert à tous .ses successeurs les portes du Conseil Législatif, mais qui ne lui a valu que la reconnaissance de ses concitoyens. Un patriotisme éprouvé sur le cJiamp de bataille l'avait signalé, dè&sa jeunesse, comme un de ces hommes d'élite «pii n'ont que l'ambition de bien faire. Nommé capitaine dans le coçps des Voltigeurs Canadiens formé en 1812 par l'illustre De Salaberry, il concourut a la défense de la frontière méridionale du Saint Laurent ; la campagne suivante le trouva dans le Haut-Canada à la téte de sa compagnie ; il prit part au combat de Sackett's Harbour. Kn 2829, ii fut promu au rang de Lieutenant-Colonel * commandant le 6ème bataillon de Milice du comté de Montréal.

Le suffrage public, qui fut toujours sa principale recompense, vint souvent lui imposer des devoirs qu'il sut > remplir avec dévouement et bonheur. Sept fois il fut nommé Commissaire pour l'amélioration des chemins publics ; huit fois il fut Officier Rapporteur d'élection dans la cité et le comté. En 1825, il fut chargé de faire, avec l'honorable L. Guy, le recensement de File de Montréal ; des notes prises par ces deux commissaires en dehors de celles voulues par la loi, surgirent les Tablettes Statistiques du Comté de Mo?itrêal formées par M. J. Viger et si bien connues.

Inspecteur des Ponts et Chaussées de la cité et de la paroisse, aucun magistrat municipal ne s'est plus activement occupé de ces améliorations et de ces dégagemens qui, en assainissant une grande ville, y rendent la circulation plus libre et plus sûre ; il avait été initié de bonne heure a, cette partie si utile de l'administration urbaine par son prédécesseur, M. L. Charland, auteur de la première carte topographique du Canada ; et il ne laissa échapper aucune occasion de montrer que l'élève était digne du maître»

Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans les détails. Une notice biographique ne pourrait être complète sans avoir une étendue que l'espace nous refuse ; mais û nous passons malgré nous avec tant de rapidité sur les services de l'homme public, la spécialité de ce recueil nous fait regretter bien plus vivement encore de ne pouvoir nous arrêter sur les travaux de l'homme de lettres.

M. Jacques Viger est le Bénédictin du Canada, un nouveau Saumaise, un Président Hénault ; il n'a pas fait imprimer un seul livre d'archéologie ou de critique historique, et il est connu au delà de nos frontières ; des savans d'Amérique et d'Europe le consultent sur les faits les plus anciens et les plus obscurs de notre histoire, comme on consultait autrefois les oracles de Trévoux et de ï>t. Maur ; comme on consulte aujourd'hui Y Art de vérifier les Dates» Il semble qu'il soit à lui seul une Académie des Inscriptions et Belles Lettres, une société royale ou plutôt nationale — très nationale-— des antiquaires. Ce qu'il y a de curieux dans la position de notre érudit compatriote, c'est que personne n'est plus étonné que lui-même des lettres qui Iuj «ont adressées de si loin et par des

célébrités qu'il ne connaît pas ; car, tout entier au Cana~ da, il en a fait le cercle de son horizon, la sphère infranchissable de ses études. Archiviste volontaire, il n'a demandé ni au gouvernement ni à la législature, de rassembler nos titres de gloire et de lui en confier la garde ; il en a exercé les fonctions gratuitement pour le trésor, onéreusement pour sa bourse, en attendant, ou plutôt sans attendre le titre qui lui serait si légitimement dû. La Bibliothèque créée par sa plume iufatiiçable se compose de 1ÎS volumes in-quarto et d'une collection in-octavo, qu'il a ironiquement nommée sa SaberdacJte, parcequ'elle serait de poids à charger plus facilement un waggon que le léger portefeuille d'un hussard. Ajoutez à cela une correspondance de quarante ans pétillante d'esprit et de gaîté.dans laquelle se réflète tout le mouvement dé notre société contemporaine, et vous n'aurez encore qu'une idée imparfaite de ce qu'une vie si laborieuse a pu prc «luire.

Ami aussi distingué des arts que des lettres, M. Jacques Viger leur a rendu un ingénieux hommage dans un magnifique Album dont chaque feuillet est illustré par un souvenir, un paysage ou une figure chère an pays. Puisse-t-il continuer longtems cette galerie de Canadiens célèbres, qui commence à nos premiers jours, et qui ne finira jamais, nous l'espérons.

extrait de la Gazette de France (1855.)

La séance littéraire qui a lieu annuellement à l'école des Carmes pour la section des hautes études ecclésiastiques, est venue avant-hier encore justifier la renommée de ce établissement et la confiance que lui accorde l'épiscopat.

Mgr. l'archévéque de Paris présidait à cette imposante solennité : il avait à. fa droite les membres les plus éminens du Clergé, à sa gauche des hommes dont le nom cher à la science ou aux lettres, n'est pus la moindre illustration de notre époque. Parmi le Clergé, nous avons distingué l'évôque.de Montréal, Mgr, Boudinet, évêque, d'Amiens, M. M. les abbés Deguerry, Bautain, Lavigne Bargès, le P. Delvau, supérieur de la maison d'étude de la rue des Postes, le P. Lavigne, Pabbé Cassan de Floxi-

43 ae ; l'abbé Hyviier, supérieur de l'établissement des 'Chartreux a Lyon.

Au nombre des membres de l'Institut, on était heureux de revoir M. Villemain, et à ses côtés M. M. Duhamel, Wallon, Latin, Garcin de Tassy, Egger, Brunet, de Presles, Le Normant &c.

La lecture de cinq compositions d'une assez grande étendue a occupé la séance ; le sujet de l'une d'elles était assez délicat ; il se rapportait à l'autorité temporelle des papes au moyen âge. M. l'abbé Légaré , appartenant au diocèce de Québec, au Canada, l'a traite avec habileté, convenance et une noble fermeté

Trois jeunes lévites de Québec, envoyés par leur évêque, sont venus demander à l'Ecole cette sûreté de méthode d'enseignement qui en fait le succès, pour l'importer au Canada, et y faire fleurir la naissante université de Québec, que la reine Victoria a recémment enrichie des plus précieux privilèges, en lui accordant ceux de l'université la plus privilégiée de l'Angleterre. (*)

extrait nu True Witness (1855.)

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