‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 135 sur 186 · PON · texte numérisé non relu

PON

Détroit fut ravitaillé et secouru. Le 22 juin, 300 hommes arrivèrent et on résolut une âttaque générale sur le campement de Pontiac. Celui-ci mit en sûreté les femmes et les enfants, et dressa deux embuscades. Il laissa les Anglais s’avancer jusqu'au pont qui a retenu le nom de Bloody Bridge ; mais la petite armée n’y fut pas plus tôt arrivée, qu'elle se vit assaillie par un feu bien nourri et masqué. Le commandant tomba frappé à mort et les troupes furent mises en désordre : elles se rallièrent, et toutes les embuscades furent balayées à la baïonnette. Pontiac revint néanmoins à la charge et les Anglais rentrèrent avec une perte énorme de cent dix hommes tués ou blessés. Il resta sous les murs du Détroit jusqu'au 18 août, mais le vieux général Bradstreet marchait à la tête de 3,000 hommes, le brigadier Bouquet remportait une victoire et 600 hommes venaient du Canada. Pontiac retraita furieux et en combattant avec le major Wilkins, jusqu'aux Illinois. Il conserva dans son alliance les Miamis et les Mascoutins, et demeura redoutable. Le major Loftus, ‘envoyé pour le soumettre, fut repoussé ; le lieutenant Frazer fut réduit en captivité avec le détachement qu’il conduisait. Ia douceur réussit mieux ; le gouvernement, dans la vue de se l'attacher, lui fit une pension considérable, tout en continuant à le craindre, comme les Romains avaient craint Annibal. Le major Rogers lui envoya un jour de l’eau-dé-vie. Quelques guerriers, qui l’entouraient, frémirent à la vue de cette liqueur, qu’ils croyaient empoisonnée, et voulurent le dissuader d'en boire. ‘ Non, leur dit Pontiac, celui qui recherche mon amitié ne peut songer à m'ôter la vie ! ” et il prit la boisson avec l’intrépidité d'Alexandre prenant la potion de son médecin Philippe. Il finit en 1767, près de St-Louis, où il fut assassiné par un Péoria corrompu par un Anglais. Le commandant de St-Louis, Laclède, l’enterra dans le fort avec les honneurs militaires, et ses guerriers lui firent un terrible holocauste en exterminant presque toutes les tribus des Illinois. Le biographe Thatcher dit qu’il est probable que son influence et son génie furent sans précédent dans l’histoire de sa race. L'histoire, ajoute-t-il, loin l'ajouter à l’idée que s'en forment les tribus du Nord, le réduit à nos yeux à ses justes proportions ; mais la tradition le mesure aux Hercule de la Grèce. Cet incompréhensible sauvage chercha à

POT—POW 233 mettre ses sujets en état de manufacturer les draps et les étoffes comme les Anglais, et offrit au major Rogers une partie de son territoire, s’il voulait entretenir quelques Outaouais dans les manufactures d'Angleterre. Il étudia la tactique de nos iroupes, et en raisonnait avec une sagacité peu audessous de la science, Ce qui est plus étonnant encore, il établit une sorte de banque à sa façon. Elle donnait des billets de crédit qui portaient l’image de ce qu’il voulait qu'on lui donnât, et son sceau, qui était la figure d’une loutre. En s’emparant du Détroit, il voulait en faire le siège de sa domination, qui aurait sans doute été redoutable aux nouveaux possesseurs du Canada. L'auteur qui a parlé le plus au long de Pontiac est M. Francis Parkmar dans la Conspiration de Pontiac. Il cite Ponteah, or the Savages of America, a tragedy, London, printed for the author, and sold by S. Millan, dpposite the Admiralty, Wluitehall, 1766, pièce qu’il attribue à Rogers lui-même,

Potherie À oran , Bacqueville et Le Roi de La), tous trois seigneurs en Canada.—J'acques Leneuf de La Potherie, gouverneur des Trois-Rivières et lieutenant de M. de Mésy, fut commandant général du pays à sa mort, jusqu’à l’arrivée du marquis de Tracy et de M. de Courcelles et eut de grandes difficultés avec le Conseil supérieur, qui voulut ne le regarder que comme commandant des troupes et non comme gouverneur ad interim.—Bacqueville de La Potherie, né aux Antilles, est bien connu comme historien de la Nouvelle- France.—Le Roi de La Potherie, commissaire ordonnateur à Montréal, se distingua comme administrateur par deux mémoires au ministre de la marine au sujet du gouvernement et de l’industrie.

- Power (Wichel), premier évêque de Toronto, né à Halifax en 1803, fit ses études classiques à Montréal, et ses études théologiques au séminaire de Québec. Ordonné prêtre au mois d'août 1827, il fut employé successivement à Drummondville, à la Petite-Nation et à Laprairie, où il fut créé chanoine honoraire et grand vicaire par Mgr Bourget. La partie la plus à l’ouest du Haut-Canada, qui avait fait partie du diocèse de Kingston, ayant été érigée en évêché par Grégoire XVI, le 17 décembre 1841, Michel Power fut nommé premier évêque du nouveau diocèse avec le pouvoir d’en désigner les limites, de fixer son siège dans le lieu qui lui

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