VER
de Montmorency, son oncle, et comme il avait dès lors pris les ordres sacrés, il ne se chargeait guère des affaires de la Nouvelle-France que pour y procurer la conversion des sauvages, et confia les missions du pays aux Jésuites. Les PP. Masse, de Brébœuf et Lallemant passèrent à Québec la même année. (Cependant tous les vice-rois de la Nouvelle- France, moins le maréchal de Thémines, qui se fit nommer en opposition au prince de Condé, étaient de race hostile au cardinal de Richelieu ; aussi supplanta-t-il le neveu de son dernier adversaire en 1627. Le duc de Dampville-Ventadour fut encore nommé vice-roi d'Amérique ; mais la Compagnie de la Nouvelle-France l’indemnisa, et usa de ce prétexte pour faire opposition à la vérification, quant au Canada du moins, des lettres patentes du marquis de Feuquières, qui fut nommé en 1644.
Verchères (de), ancienne famille canadienne sortie du régiment de Carignan et qui a donné son nom à un de nos villages. Le chef de cette famille, officier réformé et seigneur, qui est loué dans deux dépêches du comte de Frontenac, protégea son fief par un fort ou fortin, comme on était obligé de le faire à cette époque, à cause des incursions incessantes des Iroquois ; mais il servait à la guerre et était obligé de s’absenter souvent en conséquence. En 1690, madame de Verchères repoussa ses terribles ennemis. M. de Belmont nous apprend que le fils de la maison fut tué
ar ces barbares l’année suivante, et en 1692, la demoiselle, Marie Madeleine, appelée mademoiselle Magdelon par les habitants de la seigneurie, déploya un héroïsme encore plus grand, tandis que M. de Verchères était à Québec, et madame à Ville-Marie. Née à Verchères en 1678, elle n'avait par conséquent que quatorze ans. Le sieur de St-Ours et la dame de Contrecœur furent ses parrain et marraine. Un parti nombreux d’Iroquois parut à la vue du fort, tandis que les hommes étaient dehors, occupés aux travaux des champs ; elle en était elle-même à deux cents pas. Aux premiers cris qu’elle entendit, elle courut pour y rentrer. Les sauvages la poursuivirent, et l’un d'eux l’atteignit comme elle mettait le pied sur le seuil, et la saisit par un mouchoir qu’elle avait au cou : elle le détacha assez promptement et put fermer sur elle la porte du fortin. Il ne se trouvait dans le fort qu’un jeune soldat et une troupe de