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lection, et dont l’auteur de ce livre a vu la veuve dans son enfance. Il voyagea dans la plus grande partie de l’Eu-
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Grespel (le R. P. Emmanuel), de l'ordre réformé de St- François, supérieur général et commissaire de son ordre en Canada, mort à Québec en 1775, est l’auteur de deux relations intéressantes. Il avait beaucoup voyagé et servi, en qualité d’aumonier, M. de Ligneris dans son expédition contre les Outagamis.
Croysille (Ze sieur de), gentilhomme bas-normand en faveur duquel Lebrun (Tableau des deux Canadgs) prétend que fut érigée la baronnie de Portneuf, mais qui ne devint baron du lieu que par alliance avec une fille de la maison de Bécancour.
Cugnet, famille canadienne illustre dans la robe, et qui comprend André Cugnet, procureur général du roi au conseil supérieur (Jos. Frs Perrault loue sa science) ; François Etienne, premier conspiller en 1733, qui fut receveur général du domaine du roi, fit plusieurs voyages, essaya le commerce de la laine du bœuf illinois, et fut commissaire pour visiter et rétablir la haute justice du Château-Richer ; Thomas Marie, le premier Canadien qui, après avoir suivi les conférences du procureur général, reçut des lettres patentes de conseiller assesseur en 1754 ; Guillaume André, prêtre le 22 septembre 1753, chanoine de la cathédrale de Québec, mort en 1758 ; François Joseph, dont on va donner l’article, Thomas, son frère (le même peut-être que Thomas Marie), qui passa en France après la conquête et fut conseiller honoraire en cour souveraine à Blois, et J. F. Cugnet.—François Joseph Cugnet, écuier, seigneur de St-Etienne, jurisconsulte et feudiste, paraît avoir été conseiller au conseil supérieur sous les Français, et l'avoir suivi à Montréal en 1759, après la bataille d'Abraham. Le général Amherst avait laissé ses lois au Canada ; le général Murray, son lieutenant à Québec, nomma, le 2 novembre 1760, M. Cugnet procureur général et commissaire de la cour et conseil de guerre dans toute l'étendue de la côte du Nord de son gouvernement, comme homme de bonnes mœurs et capaciié en fait de loi. Sur lui tombait tout le poids des affaires, les militaires constitués juges ne connaissant pas les lois françaises ; aussi l’attribution de commissaire se trouvait-elle jointe à celle de procu-
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CUG 61 reur général. Le roi ayant proclamé les lois anglaises en 1763, notre compatriote perdit sa place et les Canadiens furent éffacés ; mais il éleva la voix et publia ses Observations sur le plan d'acte du parlement proposé par M. François Masères. 11 devint secrétaire du sénat créé sous le nom de conseil législatif. Carleton ne l’apprécia pas moins que Murray, et il fut sous lui le principal rédacteur de l’Extrait des Messieurs ôu réforme de la Coutume de Paris, que ce général le chargea de faire avec MM. Juchereau et Pressard, et qui fut imprimé à Londres en 1773, après avoir été revu par sir James Marriot, avocat général, et Thurlow et Wedderburne, procureur et solliciteur généraux d'Angleterre. Il est digne de remarque que les légistes canadiens étendirent leur travail au droit criminel. Cugnet fit seul son travail sur la partie civile et le publia sous le titre de Traité des anciennes lois, coutumes et usages de la colonie du Canada, Québec, 1775, chez W. Brown. On le trouve quelquefois relié avec un petit traité de police et des extraits raisonnés des édits, déclarations et règlements des rois et des ordonnances et, jugements des intendants qu’il publia pour appuyer ses traités et pour répondre à des critiques envieux. Dans ce travail partiel, mais qui dut encore lui coûter beaucoup de peine, il disait : ‘“ Il serait à souhaiter que le gouvernement les fit imprimer, parce qu'ils sont une partie de la loi coutuinière de cette province.” Ce conseil fut suivi sous sir Robert Shore Milnes. Sonouvragele plusconsidérable aprèssa Coutume, fut son Traité des fiefs qui, bien qu'il paraisse avoir été ignoré ou du moins négligé parles législateurs antiféodaux des derniers temps, est extrêmement bien fait et infiniment précieux pour l’histoire de notre pays. L’Extrait des Messieurs me semble être le meilleur et le plus clair travail existant sur la coutume de Paris. Il est bien écrit ; mais il n’est pas dû à la seule plume de Cugnet, et fut revu. La coutume de Cugnet en diffère beaucoup sous ce rapport. Un auteur de droit faisait autrefois peu d'attention au style, ét c’est cequefitaussinotre juristecanadien, quiavait pourtant des dispositions à écrire clairement et agréablement. Son style peut quelquefois servir de modèle ; d’autres fois, il est tellement coupé, incorrect, qu'il est inintelligible. Ayant suivi les conférences que le procureur général donnait sous les Français, ilavait été mis sur la voie de l'étude du droit