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J ean-Baptiste Hertel, sieur de Rouville, un des preux du régiment de Carignan, dont les exploits furent si nombreux, reçut une seigneurie du comte de Frontenac. Il obtint des lettres de noblesse pour ses services à la défense de Québec, puis fut fait chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis. La même année, 1690, il prit Sementels. Il se trouva à Kaskobay, sous le baron de Portneuf. En 1703, il battit les Anglais et leur fit 130 prisonniers : Haverhill tomba sous ses coups en 1708. On le retrouve faisant une incursion vers le lac Champlain avec 250 hommes, puis dans l'expédition de M. de Ramezay. Il alla en 1710 reconnaître l’armée du général Nicholson à la tête de 200 hommes. En un mot, il fut peut-être le plus terrible Canadien de son temps après d'Iberville ; et comme lui il n’était pas seulement propre à la guerre, car il remplit une mission politique à Boston pour le marquis de Vaudreuil, en compagnie du major Dupuy, son compatriote.—Hertel de Rouville, commandant de Chambly, fut impliqué dans le procès Bigot. Un autre était lieutenant général civil et criminel des Trois- Rivières.
Sous les Anglais, cette branche a fourni des officiers supérieurs de la milice, plusieurs sénateurs, un juge, etc. On a plusieurs fois accusé la conduite de J. B. Hertel de Rouville dans l'exercice de la magistrature ; mais on doit se rappeler qu’il combattit pour son roi et avec l’ancienne bravoure de ses ancêtres contre les Américains, dont il fut le prisonnier, et que, commissaire royal pour le cadastre des biens des Jésuites, il réclama, comme M. Taschereau, contre la partialité des commissaires anglais. Il siégea au Conseil législatif, et sa fille épousa Salaberry, le Léonidas canadien.
Hertel de Chambly, fondateur de Chambly, capitaine au régiment de Carignan, après s'être signalé en Europe, surtout contre les Turcs, passa en Canada et obtint une seigneurie. D'abord de service aux Trois-Rivières, il en partit avec des troupes le 10 août 1665 pour construire le fort Pontchartrain, auquel il donna bientôt son propre nom. Un mémoire du temps l’appelle ‘“ Monseigneur de Chambly, gouverneur de la place. ” Commandant du château de Pentagoët, en Acadie, il fut obligé de se rendre aux Anglais en 1674. Il n’en devint pas moins commandant de l’Acadie deux ans après (1676), en remplacement du chevalier de Grand-Fontaine, et fut ensuite gouverneur de la Martinique.