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Québec, il fit ses études classiques et théologiques en cette ville et fut ordonné prêtre le 9 mars 1817. Presque aussitôt il fut chargé de l’importante desserte du faubourg St-Roch, où il dirigeait quelques ecclésiastiques et avait sous ses soins les écoles fondées par Mgr Plessis. Après avoir signalé ensuite son zèle dans les missions du golfe, il était curé de Boucherville, quand Mgr Bourget l’appela à un canonicat dans le chapitre de St-Jacques-le-Majeur érigé à Montréal en 1841. Ayant fait un voyage en Europe, il revint de , Rome porteur du pallium de Mgr Signay, premier archevêque de Québec, et le lui remit solennellement dans l’église cathédrale le 24 novembre 1844. Doué d’un courage apostolique et civique à toute épreuve, ils’était en 1847, chargé de presque toute l'administration des sheds, où gisaient les pestiférés irlandais, et de payer les employés : il fut victime de son dévouement et expira après treize jours de ïièvre typhoïde que tous les efforts des médecins ne puren& surmonter. Ses funérailles furent imposantes par le concours du clergé et du peuple. M. Hyacinthe Hudon n'était pas seulement un des patrons de l'éducation ; il l'était particulièrement des beaux-arts, et songea à attirer en Canada des artistes italiens et à réformer nos églises, d’où il voulait faire disparaître beaucoup de mauvais tableaux, qui n’en sont pas de véritables ornements. On a admiré unanimement son Sermon pour la fête nationale ve St-Jean-Baptiste. Il passait pour l’homme le plus spirituel äu clergé canadien.
unt (7! Sterry), élève du collège de Yale, docteur ès sciences, membre de la société géologique de France et de l'académie américaine des arts et des sciences, chimiste et minéralogiste de la commission géclogique du Canada, professeur de chimie à l’université Laval, s’est trouvé à Paris en 1855. Ses Votes sur les sources acides et les gypses du Haut-Canada et sur les volumes atomiques, y ont été lues au sein de l’Institut par MM. Dumas, de Sénarmont et Boussingault, et le prince Napoléon l’a agrégé au jury international pour la classe des minéraux. Enfin l’empereur l’a fait chevalier de la Légion d'honneur. On lui doit, outre ses rapports en qualité de chimiste et minéralogiste provincial, la carte géologique et l'Esquisse géologique du Canada qu'il a publiées avec sir W. Logan, Paris, 1855, chez Hector Bossange et fils, quai Voltaire, 25. Il prépara aussi un rap-
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HUO-—IBE 123 port où il réunit tels détails sur l'application des minéraux canadiens que les circonstances et l'expérience acquise à l'exposition de Paris lui ont suggérés. Ainsi l'on voit que ce savant, dont la capacité avait été vivement attaquée d’abord, surtout par le comte de Rottermund, s’est enfin acquis une réputation confirmée et sanctionnée aux principaux foyers de la science.
Muot (Charles), de Québec, admis à étudier à l’école des beaux-arts à Paris en 1875, est resté en France où, exposant en 1876, il obtenait déjà une mention honorable. En 1881, il fut chargé des fresques du palais de l'Exposition. Son meilleur tableau a été jusqu'à présent le Bon Samaritain. Elève de Cabanel, Huot est membre de l’Académie des arts.
lberville (Pierre Le Moine, sieur d'), seigneur haut justicier, chevalier de St-Louis et chef d’escadre, fondateur et | rl gouverneur de la Louisiane, fils de Charles Le oine et frère de M. de Bienville et du premier baron de Longueuil, —le plus grand homme de guerre qu’ait produit le Canada, vit le jour à Montréal le 20 juillet 1661. Garde marine à 14 ans, il fut peu après porteur des dépêches de M. de La Barre à la cour. Ce gouverneur le recommandait au ministre de la marine pour le grade d’enseigne de vaisseau comme étant un excellent marin qui avait déjà fait lusieurs voyages de long cours. Il était commandant à la ie du Nord en 1689, et l’année suivante, il obtint une seigneurie avec haute justice. La Nouvelle-Angleterre, l'Acadie, la baie d'Hudson, Terre-Neuve, furent tour à tour le théâtre de ses actions et de ses exploits. Il fit ses premières armes comme volontaire sous le chevalier de Troye à la baie d'Hudson, se trouva à la prise des forts Monsoni et Rupert, prit avec neuf hommes un bâtiment monté par 14 Anglais, découvrit et aida à enlever le fort Quitchitchouen, qu’il défendit avec succès l’année suivante, et brûla enfin celui de Charleston. Devenu commandant, après avoir été volontaire, il prit, sans perdre un seul homme, un vaisseau de 24 canons et enleva le fort Pémaquid défendu per le colonel Chubb. Il fit deux expéditions glorieuses à a baie d'Hudson avec une promptitude surprenante. A la
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suite de la première il passa en France après avoir rendu compte à M. de Frontenac par l'envoi d’un canot qui arriva à Québec le lendemain de la retraite de l'amiral Phipps. Ses exploits, nombreux dans l’île de Terre-Neuve, d’où, avec une poignée d'hommes, il chussa presque entièrement les Anglais étonnent à bon droit Bacqueville de La Potherie, un
es historiens de la Nouvelle-France. Dans une de ses expéditions à la baie, où il prit le fort Nelson et cinquante canons et changea son nom en celui du fort Bourbon (*), il gagna avec son seul vaisseau, sur trois vaisseaux anglais, un combat qui n’a rien de plus glorieux dans la vie de Jean Bart lui-même. Dans ces vastes étendues de pays qu’il par” courut l'épée à la main, il enleva d'emblée un grand nombre de places fortes et St-Jean de Terre-Neuve elle-même, ainsi que les trois forts qui protégeaient cette ville. Si l’on considère les moyens avec lesquels il agissait, ses actions sont incroyables, nonobstant que Charlevoix remarque avec vérité que ses Canadiens étaient pour lui ce que la 10e légion était à César, et prêts à le suivre au bout du monde. Ils marchaient, dit M. Léon Guérin, par les terres, les lacs et les rivières, traînant leurs canots avec leurs vivres, souvent à travers les bois, souvent dans les marais et toujours par des chemins difficiles et non frayés, supportant avec une force de cœur et de tempérament dont étaient seuls capables des Canadiens, d’incroyables fatigues, des privations et des souffrances de toutes sortes : on avait piques, pioches, pelles, gabions et béliers. C'était la guerre antique, que rappelaient encore les cuirasses de nos preux (t). Vrai chevalier et en cela supérieur à Jean Bart, d’Iberville, en 1692, dépensa avec Denis de Bonaventure 554 livres tournois pour la rançon, non d'hommes vigoureux propres à le servir, mais de femmes et d'enfants. Le retour de la paix lui fournit de nouvelles occasions de servir son pays natal et la métropole. Il restait à reconnaître par mer l'embouchure du Mississipi et à profiter des découvertes que l’on avait déjà faites. Etant passé en France, cet homme capable de fonder comme de détruire, proposa l’expédition à M. de Pont-
(*) Il eut à reprendre une seconde fois cette place.
(+) MM. de Bienvielle et de Lacorne sont peints en cuirasse dans l'album du commandeur Viger,
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chartrain, ministre de la marine, et en obtint deux vaisseaux. On lui associa le brave Château-Morand, neveu du grand Tourville, Avec ces faibles moyens il réussit dans son projet et établit la Louisiane, où il bâtit trois ou quatre forts et particulièrement Mobile, qui fut quelque temps capitale du pays, et
ui en est encore une des villles principales. Une autre ville de la Louisiane porte le nom de ce grand homme. Lors de la guerre de sécession, le héros, qui avait été fait capitaine de frégate en 1692, chevalier de St-Louis en 1699, et capitaine de vaissenux en 1702, fut appelé en Europe, fait commandant de Rochefort un instant, et ensuite mis à la
. tête d’une flotte considérable, Parti avec 10 vaisseaux, 3
frégates et 3 flûtes, il devait tenter la conquête de la Jamaïque ; mais il trouva les Anglais sur leurs gardes. Après leur avoir enlevé les îles de Nièvre et de St-Christophe, défendues par le colonel Abbott, il prit des troupes espagnoles à la Havane et des flibustiers, et partit pour attaquer la Caroline, quand il mourut en mer en 1706. ‘“ D'Iberville fut l’un des plus grands marins à la fois et l’un des plus habiles navigateurs que la France ait jamais eus,” dit Léon Guérin dans l’histoire de la marine française. Voyez de plus dans les documents de Paris : I. Lettre d'Iberville à M. de Pontchartrain (1697), dans laquelle il lui rend sg de son expédition à la baie ; II. Copie de la relation du voyage de Messieurs d’Iberville, Château- Morand et de Surgères dans la rivière Mississipi, envoyée à M. de Pontchartrain, 30 juin 1699 ; III. Mémoire d’Iberville sur la situation de Boston, New-York, etc. avec un projet détaillant les moyens qu'il y aurait de 1:s attaquer et ruiner. Sa veuve, dame Thérèse Pollet de Lacombe-Pocatière, épousa en secondes noces le comte de Béthune, lieutenant général des armées du roi, d’une maison d’où sont sortis les Sully et plusieurs maréchaux de France. Il laissa une fille qui porta le nom de Grandive de Lavanaie. Le lieutenantgouverneur Hutchinson, dans son histoire du Massachusetts, distingue mal à propos deux hommes de guerre canadiens du même nom. Les £pttres, Satires, etc., de Bibaud, contiennent une ode en l’honneur de notre héros.
Incarnation (la Mère Marie de l’), célèbre religieuse ursuline, née à Tours en 1599, y composa pour l'instruction des novices, un fort bon livre intitulé : l’Æcole chétienne.