‹ Le panthéon égyptienChapitre 11 sur 60 · LE DIEU PRIMORDIAL · texte numérisé non relu

LE DIEU PRIMORDIAL

Apis. — Mnévis. — Ptah. — Ptah Tatounen. — Noun. — Nil. — Noum. — Sati. — Anouké. — Thot. — Khons. — Le dieu Lune. — Safekh. — Selk. — Anhour. — Horus-tma. — Shou. — Ma.

Le dieu abstrait se manifeste par le soleil qui devient dieu à son tour et « forniquant en lui-même », dit le Livre des Morts, engendre les dieux qui sont destinés à personnifier ses phases, s'engendre lui-même pour se perpétuer : c'est ce que les textes expriment énergiquement en disant qu'il est le taureau, le fécondateur ^ des dieux et le fécondateur de sa propre mère. Il faut, selon moi, chercher dans cette image l'explication du culte d'Apis et de Mnévis. Ces taureaux sacrés de Memphis et d'Héhopolis symbolisaient dans la doctrine ésotérique la faculté du dieu unique de multiplier ses formes, et la doctrine exotérique enseignait au vulgaire par la bouche des prêtres, qui en tiraient d'importants revenus, que la divinité s'incarnait dans ces animaux. Si le culte d'Apis

L Le mot fécondateur est rendu par riiiérogljphe du taureau.

n'eût été que radoration pure et simple d'un taureau^ pourquoi ce dieu serait-il si souvent représenté par un homme n'ayant du taureau que la tête ?

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Apis de forme humaine.

Oseniit-on soutenir que la représentation de la déesse Vérité au moyen d'une femme ayant une plume d'autruche ^ à la place de tête nous autorise à croire que les égyptiens adoraient la plume d'autruche? c'est encore, comme toujours, de l'hiéroglyphisme.

Mais renfermons-nous dans la doctrine que matérialisent les monuments. Le soleil étant l'éclatante manifestation de la divinité, l'animal dans lequel la divinité s'incarne aura des attributs solaires : en effet Apis est coiffé du disque ; sur son dos est posée une housse entre le

1* Hiéroglyphe de son nom et homophone de la Coudée.

scarabée ailé, symbolisant le ^Z^t^^n/r perpétuel de Fastre voyageur et le vautour aux ailes éployées symbolisant la protection de la déesse, mère du soleiL

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Taureau Apis.

Un taureau n'était adoré comme un Apis que lorsqu'il portait certaines marques sacrées telles que taches noires sur le flanc, triangle au front, tache en forme de croissant sur le poitrail. Lorsqu'il mourait on l'ensevelissait magnifiquement et le pays était plongé dans le deuil jusqu'à ce qu'on eût rencontré un taureau d'apparence semblable. M. Mariette a découvert auprès de l'emplacement de Memphis une nécropole oîi furent successivement enterrés des Apis depuis la xviu^ dynastie jusqu'à la fin de la domination grecque.

Tout mort devenant un Osiris, Apis mort s'appelait Osiris-Apis, dénomination que les Grecs ont contractée

en Sérapis ; le Sérapéwn était le nom qu'ils donnaient à la tombe d'Apis. Si le culte d'Apis date, comme on le croit, de la deuxième dynastie, il doit exister d'autres sépultures remontante l'ancien empire et qui sont encore à trouver.

C'est parce qu'Apis est et ne peut être qu'un dieu solaire qu'il est appelé fils de Ptah^ de même que le dieu solaire Ammon est également appelé fils de Ptali, le rôle de Ptali ayant précédé celui du soleil organisateur de la création. Apis est appelé aussi fils de Toum, parce que Toum est, comme Ptah, un dieu nocturne et primordial. Les monuments du Sérapéum lui donnent encore le titre de fils d'Osiris et de Sokar-Osiris. C'est donc à tort qu'on Ta représenté comme étant exclusivement fils de Ptah ; il est, ainsi que le soleil, fils de tout personnage ayant un caractère de dieu primordial ' .

Le taureau Mnévis adoré à Héliopolis est identique d'aspect au taureau Apis puisqu'il représente le même symbolisme ; personnifiant le renouvellement du soleil, il est appelé « renouvellement de la vie de Ra^ ».

Le soleil est un « bel adolescent créé par Ptah^ », c'est-à-dire par le dieu primordial. Le dieu primordial est qualifié de « très grand dieu, commencement du dece venir; dieu auguste, vivant de la vérité^ être ou essence « double, devenu au commencement^ ». Il est dit Etre

1. Pour cette remarque faite à la page 83 de mon Essai sur la mythologie égyptienne publié en 1879, j'ai encore eu le plaisir de me rencontrer avec M. Le Page Renouf dans son livre ci-dessus mentionné, publié en 1880 : « Apis is the son of Ptah, of Tmu, of « Osiris and of Sokari. » (p. 84).

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