LA PROCLAMATION
Le lendemain, i8 juillet, la «phase de Dieu» se consommait dans la gloire. A neuf heures du matin, la session publique eut lieu, suivant le cérémonial ordinaire, dans la grande salle du Concile,
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Au moment du vote, un orage, qui grondait sourdement sur Rome depuis le matin, éclata subitement. (( Les placet des Pères, dit un témoin protestant, luttaient avec l'ouragan, au milieu du grondement du tonnerre, à la lueur des éclairs, éclatant à toutes les fenêtres, illuminant le dôme et toutes les coupoles de Saint-Pierre . . . Ceci dura sans interruption pendant une heure et demie. Jamais je n'ai assisté à une scène plus grandiose et d'un effet plus saisissant. )) Cinq cent trente-cinq Pères étaient présents. On entendit seulement deux non placet. Ce furent ceux de Mgr Riccio, évêque de Cajazzo, dans les Deux-Siciles, et de Mgr Fitzgerald, évêque de Little-Rock, dans les États-Unis. Ces deux prélats n'avaient pas assisté à la réunion des évêques de la minorité et on avait oublié de leur faire connaître la décision prise. Ils se soumirent l'un et l'autre aussitôt après la définition du dogme.
On rapporte qu'au moment où le pape sanctionna de son autorité suprême la constitution dogmatique, un grand calme se produisit dans l'atmosphère, et qu'un brillant rayon de soleil illumina le visage du pontife. C'était le symbole de l'œuvre entière du Concile, qui s'était ouvert et poursuivi au milieu de tant d'orages, et qui se terminait dans la lumière et la paix.
Aussitôt, les Pères, entraînés par un élan d'amour et d'enthousiasme, acclamèrent le Pape et firent entendre de longs applaudissements. On vit de vénérables prélats s'embrasser en pleurant de joie.
Conclusion
Tel fut le Concile du Vatican. Les Pères furent fermes dans la vieille foi et environnèrent le Saint- Père comme une invincible cohorte. De retour dans leur pays, les évêques d'Allemagne, réunis à Fulda, écrivirent : (( Ainsi le magistère infaillible de l'Eglise a décidé; le Saint-Esprit a parlé par la voix du Vicaire de Jésus-Christ et de l'Episcopat réuni au Pape, et, dès lors, les évêques, les prêtres et les fidèles doivent accepter ses décisions, comme révélées de Dieu même, y croire d'une foi ferme, les admettre et les professer de grand cœur, s'ils veulent pratiquement être et demeurer membres de l'Eglise catholique et apostolique. ))
Ce fut le sentiment de tous les catholiques. La définition du Concile apportait la paix à l'Église, et « la dévotion au Pape )) devait devenir la caractéristique du siècle. Pie IX, pilote de la barque de Pierre, avait passé à travers bien des écueils : d'une main ferme, avec le concours effectif et discret des cardinaux italiens et des théologiens espa-
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gnols, il l'avait cx)nduite en invoquant l'Étoile de la mer, la Vierge Marie, dont il avait aussi proclamé l'Immaculée Conception.
Depuis ce temps, les peuples s'inclinent avec bonheur devant l'infaillibilité du Pontife romain. Les fidèles sont plus étroitement unis au vicaire de Jésus-Christ. Ils vont à lui en toute confiance, parce qu'il a «les paroles de la vie éternelle)). Ainsi se vérifie la parole de Veuillot, le grand journaliste catholique : (( Le Pape et le peuple ! Je crois, moi, que ces mots sont écrits sur la porte du Concile du Vatican, et que cette porte est l'entrée d'un monde nouveau, ou plutôt qu'elle est un arc de triomphe sur la route retrouvée du genre humain. ))
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L'INFAILLIBILITE DOCTRINALE DU