‹ Le pape, la guerre et la paixChapitre 15 sur 141 · LE CATHOLICISME ET LA PAIX · texte numérisé non relu

LE CATHOLICISME ET LA PAIX

L'Encyclique annoncée depuis les débuts du nouveau pontificat nous est résumée par le télégraphe. Gomme elle a pour sujet la paix, il sera permis de renouveler d'abord à ce propos certaines remarques et certaines questions auxquelles on n'a pas répondu jusqu'ici.

D'abord voici la seule Internationale qui tienne. Toutes les autres défaillent ou tendent à défaillir. Pendant que les socialistes essayent vainement de se mettre d'accord sur la composition de leur bureau central et sur l'emplacement ou siège de ce bureau, les millions de catholiques pressés dans les armées et les États belligérants n'ont pas un doute sur la demeure du Saint-Siège ni sur la personne du Souverain-Pontife. C'est au moins un sujet qui est hors, de débat. Tout le reste* est contestations, disputes, coups de plume, coups de sabre et coups de canon. Gela étant, comment se fait-il que les pacifistes du monde entier fassent si peu de cas de cette paix catholique romaine si fermement établie, dans son ordre, que, au milieu d'une mer si démontée, il n'y a plus la moindre banalité à en comparer les assises à celles du roc ? Le bon sens devrait suffire à faire sentir que, si l'on veut jamais obtenir quelque paix entre les hommes, il sera sage et prudent de tenir au moins compte de cet élément. Bizarrerie étrange : non contents de n'en pas tenir compte, les pacifistes veulent plus ou moins le détruire. Tous ou presque toussent anticléricaux et anti-catholiques.

i LE PAPE, LA GUERRE ET LA PAIX.

Je ne comprends pas.

Il en est de même, et à plus forte raison, des socialistes. Pourquoi ? C'est ce qu'on devrait m'expliquer. Leurs trois journaux : Humanité, Bataille syndicalisle, Guerre sociale sont avec une franchise inégale, mais une intensité profonde, ennemis déclarés ou sournois de tout ce qui est catholique. Depuis qu'a été jurée notre concorde intérieure du A août, ces journaux charment leurs loisirs, amusent leur détresse en mangeant du curé ou en gémissant sur l'étroitesse de l'esprit de l'Église. Comment donc méconnaissent-ils le point d'appui, cependant clair et net que trouverait dans le centre l'omain leur propagande en faveur de la paix universelle et du désir de tempépcr la concurrence économique par un esprit de cordialité et d'équité? C'est leur secret*.

De deux choses l'une : ou bien il y a dans l'effort du socialisme et du pacifisme des réticences cachées que l'on ne nous dit pas, ou bien, si l'effort e&t sincère, cette ignorance du catholicisme, cette hostilité au catholicisme demeure un scandale pour la raison. Qu'enseigne le pape? la paix. Et l'autorité qu'il exerce, la continuité de son autorité, le respect donl l'entourent d'innombrables populations suffit à témoigner que cet enseignement pacifiste n'est pas un vain mot, il s'étend aux réalités, il porte sur les fait«5, les incline et les modifie dans son domaine

\. On en verra sans doute la clé dans la nouvelle préra^e du beau livre de Georges Valois, la Monarchie tt la Classe ouvrière. Mais j'avertis que cette clé, ouvrant sur la conscience et sur l'intelligence des nieneiu-s du Parti, no les montre pas dans un très beau jour.

avec une autre efficacité que n'ont fait, dans le leur, les Congrès pacifistes ou la Cour de la Haye. L'alliance et les concours généreux d'un tel pouvoir en faveur de la paix européenne serait à solliciter, à tenter, à briguer, si les pacifistes étaient sérieux. Ils' le répudient.

Ce sont des fols! Ou quel mystère!

17 novembre 191 i.

Page 1