‹ Le pape, la guerre et la paixChapitre 23 sur 141 · L'INTERNATIONALE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

L'INTERNATIONALE CATHOLIQUE

Beaucoup de catholiques français ont bien voulu me dire, en particulier et en public, dans leurs lettres et dans leurs journaux, combien ils avaient approuvé le point de vue proposé ici par notre nationalisme, sur le rapport du catholicisme et des nations. J'ai reçu en revanche, vendredi dernier, la contradiction aussi courtoise que ferme, mais aussi ferme que courtoise, d'un écrivain et d'un journ< I (jue je ne veux point nommer sans leur présenter ù tous deux l'expression et l'hommage de nos sentiments d'admiration et de dévouement : le XX'' siècle de Bruxelles, qui paraît aujourd'hui au Havre — sOn directeur, M. Fernand Neuray, qui a suivi en exil

son gouvernement et son État. Profondément catholique et patriote, le publiciste belge souffre deux fois. Il a droit à un double respect de notre part, .lai lu son éloquente contradiction avec l'attention et la sympathie dont elle était digne, abstraction faite de la personne de son auteur. Et persistant dans le premier sentiment que j'ai énoncé, j'aurai, on le verra, la joie et le droit d'abonder dans le même sens que cet hôte et que cet ami.

Je l'appelle ami, comme allié, comme coopérateur, comme combattant, mais ce nom me vient aussi naturellement à la pensée parce que je lui vois exprimer sur les relations du nationalisme et de l'inlernationale, quelques idées qui concordent avec les nôtres. 11 y a « un dosage convenable du nationalisme et de l'internationalisme » qui fait la « santé des nations ». Ces sentiments sont « différents », non « exclusifs » : « il faut » et c'est là une parole aussi bonne que belle, « il faut », dit M. Fernand Neuray, « que les hommes vivent sur la terre et qu'ils regardent au ciel ». Que le catholicisme soit la force internationale la plus bienfaisante, M. Fernand Neuray l'admet certes et l'admettrait encore s'il n'était pas catholique. Mais, dans sa douleur, il admet aussi ce que j'ai nié : l'internationale catholique a, selon lui, suivi le sort des autres internationales, elle a été emportée comme elles par la tempête guerrière, elle a fait la même faillite.

Certes, il met hors de cause le Saint-Siège : pour des raisons de religion et de respect et aussi pour (lea raisons de justice et de bon sens, les raisons mêmes que j'ai présentées ici, notamment parce que

l'action pontificale ne s'épuise pas dans ses seuls actes publics, lesquels ne sauraient donc suffire à la définir! M. Fernand Neuray ne prend pas garde que voilà déjà une exception considérable à la règle de faillite universelle posée par lui. Qu'est devenu le Bureau de Bruxelles, qui présidait aux affaires de l'internationale ouvrière? Cet organe central est dissous. L'organe central, l'organe romain, de rinternationah; catholique subsiste et agit. Ce n'est pas tout que de garder sa tète sur ses épaules, mais enfin c'est déjà quelque chose : ce n'est pas rien.

M. Fernand Neuray veut parler uniquement « des communautés catholiques» : du corps. Mais, là, voyons avec précision ce dontils'agit et ce quejedisais,etcc que l'on me dit. Voyons surtout à quoi s'engageaient respectivement les différentes internationales en cause.

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