VIII PRÉFACE
souci de la borne des États. La vraie frontière, la frontière religieuse s'étendait jusqu'à la rencontre de la barbarie. Il ne faut pas craindre de le redire : cela était, cela nest plus. Nous avons eu, mais nous avons perdu V unité humaine.
Les conditions de ce bienfait renaîtront-elles? Leur effet reparaitra-t-il indépendamment de ses causes génératrices? Ou quelque effet semblable jalllira-t-il de causes nouvelles qu'on ne voit point? On n'en sait rien encore. Mais, dans Vincertitude, la simple sagesse voudrait qu'on s'attachât avec un respect passionné à tout ce qui survit de nm antiques relations universelles : nous n'avons pas de quoi faire les dégoûtés sous l'orage de dissensions qui s'est abattu sur l'esprit de l'Europe plus encore peut-être que sur ses ttHstes campagnes! Je sais b.ien qu'on décrète l'agonie et la mort du catholicisme, mais il continue à disposer d'un esprit, d'un corps d'institutions, d'un système d'éducation morale, d'une doctrine vigoureuse, de docteurs et de disciples nombreux. L'œil qui les voit ne peut les nier: comment l'esprit peut-il en faire abstraction quand il se livre à la difficile recherche des organes naturels de l'entente entre les hommes?
Certains partis jugent, il est vrai, que de meilleures garantes de l'avenir seront les idées toutes nues et n'ayant ni interprètes directs ni organisations qui les servent. Comprenne qui pourra!
Ainsi le vocabulaire officiel des Etats alliés parait vouloir confier le sort de la concorde future à l'idée