DEUX ACTIONS A COMPARER
Multipliez par dix, par vingt, par mille, cet ensemble de faits reprochés aux curés : ce sont des faits religieux, ce ne sont même pas des faits de cléricalisme. Je défie qu'on y montre quelque chose de spécifiquement politique. En dehors des théocraties musulmanes ou des organisations nationales fondées, comme le monde slave ou le monde grec, sur un rite, quel Pouvoir politique peut ranger sincèrement les actes d'une telle nature dans la propagande « réactionnaire » 1 Mais soit ! Et imaginons que l'horreur en ait commencé le 2 août 1914, à la mobilisation. A la même heure, a commencé de circuler d'un bout à l'autre de la France, quelquefois par des routes que jalonnait l'espionnage boche, une rumeur infâme imputant à nos prêtres, à nos officiers, à nos bourgeois, enfin, à toute la plus vieille armature française, l" la responsabilité de la guerre; 2" la complicité avec l'ennemi! De la politique, cela! Rien que de la politique.
Or, depuis 15 mois et 6 jours qu'elle rôde partout Maurras. — Le Pape. U
il s'est trouvé exactement icn commandant de place, un sous-préfet, un préfet et un juge de paix pour se prononcer contre celte calomnie monstrueuse. Le gouvernement, adjuré })ar nous, au nom de l'honneur français d'intervenir, n'a pas bougé; la grande presse, pas davantage. La petite nous a injuriés. Un écho de la Bataille syndicaliste nous a présentés comme des espèces de mouchal'ds, elle a même couché avec de l'encre sur du papier un « pouah 1 » des plus édifiants quand nous avons proposé à nos confrères de dénoncer et de réprimer un scandale, vraiment diviseur, celui-là. Ce journal trouve propre et peut-être utile de laisser ditïamer les orphelins et les veuves des combattants. Ce journal juge beau de laisser courir le bruit que des hommes pleins de valeur et de savoir, promus pour leur science et pour leur bravoure, avaient été emprisonnés ou fusillés pour le crime de trahison ! Ce journal trouve juste et humain de laisser exposer la France aux déchirements et aux convulsions. Ce journal se qualifie et se définit.
Nous connaissons assez de républicains honnêtes 'pour savoir que ces rumeurs allemandes, servies par une obscure complicité à l'intérieur, les remplit d'indignation et de dégoût. Pourquoi gardent-ils ces sentiments pour eux seiils? Pourquoi ne les disentils pas et ne les écrivent-ils pas? L'audace des bandits vient de la timidité des honnêtes gens. Je propose aux honnêtes gens du Rappel la lettre suivante qui m'est envoyée de Bretagne. Elle émane d'un territorial, « brave homme religieux, bien pensant » me dit-on :
POUR ET CONTRE L'UNION SACRÉE. IbS
J'ai une nouvelle à le demander, j'ai entendu dire que le recteur de notre paroisse a attrapé trois mois de prison pour envoyer de l'or en Allemagne! Mais pour moi, j'ai de la peine à mettre cela dans mon idée.... Mais cependant, si c'est vrai, il mérite davantage.
(Parbleu). Et voilà la rumeur infâme introduite à l'endroit oii voulait la mettre l'Allemagne. Elle est dans la tranchée. Mais qui l'y a conduite? Qui l'y a laissée arriver? Si quelqu'un a le cœur d'assimiler des œuvres de propagande religieuse à l'abominable réseau qui a transmis l'infâme rumeur allemande, que cet homme se fasse la honte de lever la main....