CHAPITRE VINGTIÈME
cacement les arts qu'on ne voit pas d'ordinaire fleurir en ten guerre et de persécution.
Le 3 juin 1886 avait eu lieu l'inauguration solennelle de I; velle abside de St-Jean de Latran, œuvre merveilleuse où I lecture, la peinture et l'art du mosaïste rivalisent de splendeu tons en passant le véritable tour de force exécuté par les mo; romains, qui transportèrent la célèbre mosaïque de Nicolas l'ancienne abside dans la nouvelle. Cette vaste composition, c couvre une grande partie des parois du chœur et de sa demi-coi fut détachée et reconstituée pièce par pièce, à la complète sa tien des archéologues qui en apprécient la haute importai! point de vue de l'histoire de l'art.
II convient de mentionner à ce propos les travaux de res lion exécutés à la galerie des Candélabres au Vatican. Le ment fut refait en marbres antiques. Les voûtes, peintes à fn par Seitz et Torti, expriment, sous divers symboles, un( chère à Léon XIII : l'alliance de Dieu avec le génie de l'hc Des scènes allégoriques y rappellent les sollicitudes du Pontîfi la philosophie, l'histoire et les beaux^arts.
A ce même ordre de faits se rattache l'établissement de tî ries de haute-lisse et spécialement de Gobelins dans la canu Paramenii. Une grande quantité de ces précieuses tapisseri saient oubliées dans quelque coin du Vatican. Le Pontife rei honneur ces intéressants spécimens de l'art textile le plus a parmi lesquels se sont rencontrés de véritables chefs-d'œuvre
Jap. Vfngt^tt^unitmE.
Le jubilé sacerdotal de Léon XIII.— L'exi>osition vaticane. — Le Pape et son armée dissoute, — L'encyclique EXEUHTEJAM ANNO. — L'observatoire du Vatican. — Les canonisations.
lE dernier jour de l'année 1887 devait être une date : mémorable,nonseulenientdansIa viedeLéonXIII, : mais dans l'histoire du pontificat romain au XIX* ; siècle.
; Ordonné prêtre le 31 décembre 1837, Joachim Pecci avait célébré sa première messe le i" janvier 1838. Cinquante ans s'étaient écoulés depuis lors : un demi-siècle de travaux apostoliques, dont les dix dernières années avaient été remplies par l'exercice incomparablement glorieux du souverain pontificat, et au terme de cette longue période, la figure surnaturellement grandie du Souverain Prêtre apparaissait dominant l'univers, et offrant à l'humanité, dans ses suprêmes enseignements, le mot de l'implacable énigme qu'elle s'acharnait à deviner sans y parvenir, le mot qui devait faire la lumière et donner la paix.
Devant ce spectacle saisissant, le monde se sentit instinctivement ému et transforma le jubilé sacerdotal de Léon XIII en une manifestation grandiose de foi, d'admiration et d'amour, comme jamais, depuis des siècles, il n'avait été donné d'en voir. On eût dit l'aurore des jours entrevus par Joseph de Maistre, lorsqu'il écrivait dans une intuition presque prophétique : « Les temps approchent où nous aurons dans le monde la présence visible de la Papauté "». Un ébran-
lement universel secoua l'univers en 1888, entraînant 1 les souverains et les peuples, les catholiques et les in{ croyants et les sceptiques, et l'on vît défiler devant '. Léon XIII les ambassadeurs de toutes les puissances, c plus riches présents. Le Japon, le Maroc, la Turquie, Angleterre, la protestante Allemagne, coudoyèrent au: Pontife la catholique Espagne, l'empire apostolique dU la France, qui, sous un gouvernement persécuteur, nt d'être la nation très chrétienne. Pur hommage de courti t-on ; mais d'où vient cette solennité et cette unanimité c mage ? Oîi et quand la simple courtoisie a-t-elle pris ces vénération ? Non il y a là autre chose que le formalism de la diplomatie. Il y a le sentiment ou le pressentiment peut-être, mais profond, de la puissance sans pareille de pour le bien des nations, et pour la paix du monde. Ces prima, mieux que tous les autres diplomates, l'ambai Portugal, dans les paroles qu'il adressa au Pape en lui félicitations de son souverain :
{ La paix donnée et maintenue à l'Église presque dan entier ; le catholicisme répandant son influence grandies faisante dans la vie privée et dans la vie sociale, par le idées supérieuresde justice, d'ordre et de liberté ; l'autor par sa doctrine, dans toutes les classes, et son action et conjurer les effets des idées subversives delà société : ce faits qui illustrent une époque et qui marquent un des ( triomphes que l'Église ait obtenus depuis des siècles, tr uniquement à la force de la persuasion. A l'autorité suprê de l'Église universelle vient se joindre l'autorité qui l'éclat de sa sagesse : le monde entier la proclame et li hommage respectueux. C'est vraiment là le grand fait me aujourd'hui. »
Qu'ils l'aient voulu délibérément ou qu'ils se soient
traîner par un courant irrésistible, tel est bien le sens de la participation des puissances aux fêtes du jubilé sacerdotal de Léon XIII. Mais que dirons-nous de la sainte agitation qui s'empara des » «
peuples à l'approche du jubilé ? Jamais on n'avait vu pareille union dans la prière et dans l'action, pour le Pape et avec le Pape.
Ce mouvement avait eu une origine si modeste qu'il est impossible de ne pas reconnaître dans son extension inattendue la marque de