CHAPITRE PREMIER
La pure et studieuse jeunesse de Joachim Peccî le disposait admirablement à la grâce de la vocation ecclésiastique: aussi T Esprit-Saint lui fit-il bientôt entendre de plus en plus pressant Tappel qu'il adresse à ceux qui doivent être revêtus de la dignité sacerdotale. Notre pieux étudiant n avait, certes, aucune idée des immenses conséquences qu'allait avoir, pour T Église entière, sa docilité à suivre la voix qui l'attirait loin du monde. Mais la Providence n'en préparait pas moins, à son insu, l'exécution de ses vues miséricordieuses sur celui dont elle avait dit dans ses secrets conseils : Celui-ci est pour moi un vase cC élection, c^fin défaire connaître mon nom devant les peuples et les rois et les enfants cC Israël ^
Suivons donc le futur pape sur les bancs de ce même Collège Romain, où nous l'avons déjà vu étudier la philosophie et les belles lettres avec tant de succès. Pendant ses études théologiques, sa valeur intellectuelle et sa puissanc^e de travail se manifestèrent de plus en plus, sous la direction de ses savants professeurs, le P. Antoine Kollman, américain, théologien réputé, le P. Corneille Van Everbroeck, belge, exégète de mérite, et les PP. Perrone et Patrizi, pour ne parler que des plus connus. Ce dernier, après plus de cinquante ans de professorat, eut la joie de voir son disciple s'asseoir sur la chaire de saint Pierre, et de lui être présenté avec ses collègues, les professeurs de l'Université Grégorienne : ce fut un moment touchant que celui où le nouveau pape pressa entre ses mains la main tremblante du vénérable octogénaire, son maître d'autrefois !
Nous trouvons une preuve frappante de l'estime qu'avaient pour Pecci ses professeurs de théologie dans une note inscrite aux registres du Collège Romain. On y lit à l'année 1830, que Vincent 2 Pecci soutint brillamment une dispute publique sur les traités des Indulgences, et des sacrements d'Ordre et d'Extrême-Onction, et y