CHAPITRE TROISIÈME
ne parlât pas du tout le français. Il est certain que cela pourra retarder son action, ep diminuant ses rapports avec les personnes avec lesquelles il sera en relation; mais petit àpetit il se familiarisera avec cette langue, et il arrivera à pouvoir parler avec tout le monde... De plus, comme vous le dites justement, il est plein de bonne volonté et cela compensera le défaut de la langue. Croyez-moi : c'est un homme de tant de conscience et d'une si grande droiture d'intention, qu'il ne négligera aucun moyen de bien accomplir tous ses devoirs et de se rendre utile à la bonne cause ^ >
Dans une lettre du 14 février 1843 au cardinal Wiseman ^, M. Noyer exprime son opinion sur le nouveau nonce de Belgique. Elle est conforme à celle de Mgr Fornari : € Mgr Pecci, dit-il, est un homme d'un caractère excellent, d'un esprit calme et posé et d'une piété exemplaire... Avec ses aptitudes et son grand désir de bien faire, je ne doute pas que Mgr Pecci ne satisfasse à toutes les exigences de sa position. >
Joignons à ces appréciations celle du cardinal Lambruschini, secrétaire d'État, qui au moment de la nomination de Mgr Pecci, dit à Mgr Aerts, le vénérable fondateur du collège belge, en parlant du nonce qui venait d'être nommé : € C'est un ange... Les évêques auront à se louer de lui. Il est mon fils de prédilection. » Nous tenons ce détail de la bouche de Mgr Aerts lui-même.
Mgr Pecci demeura à Rome un mois après sa consécration épiscopale. Puis il fallut songer à partir pour sa lointaine destination. A cette époque, le voyage de Belgique ne présentait pas les mêmes facilités qu'aujourd'hui. La traversée maritime était de rigueur pour qui ne voulait pas s'attarder outre mesure le long des routes de Suisse ou d'Allemagne.
C'est le 19 mars, fête de saint Joseph, patron de la Belgique,
1. Lettre datée du 22 mars 1843. Nous en devons la communication à l'obligeance de M. Bareel, conseiller à la cour d'appel de Bruxelles, gendre de feu M. Noyer.