CHAPITRE m
secoxo moyen tour faire régner la justice sociale : la loi, l'État
Ni la réalisation du rêve du patronage ni le fonctionnement d'une organisation professionnelle ne dispensent le pouvoir public de tout devoir envers l'ouvrier : cette réalisation et ce fonctionnement supposent, au contraire, qu'il remplit certains devoirs. On peut concevoir, en outre, Tintervention directe de l'État dans les questions ouvrières. — II. Objections de principe contre l'intervention de l'État : elles reposent sur une fausse notion de la liberté et sur l'oubli de la notion de société. La fin de l'État est de faire régner l'o^rfre; divers sens du mot orrfre. Devoirs qui s'imposent à l'État lorsque l'ordre résulte de l'existence d'un certain nombre d'organismes autonomes. Devoirs qui s'imposent à lui lorsque ces organismes n'existent pas. Question pratique qui divise les catholiques. Vivant sous un régime individualiste, les faibles, provisoirement, n'ont qu'un recours contre l'injustice: l'État. — III. Objections de fait contre l'intervention de l'État: l'État moderne s'incarne dans un parti ; l'État moderne est souvent antireligieux ; l'entraînement vers l'organisation socialiste est fatal. Néanmoins il ne peut exister de non-interventionnistes parmi les catholiques. — IV. Les catholiques anglais et les idées interventionnistes : étrange développement de ces idées dans le pays du selfhelp. — V. Progrès des idées interventionnistes en Allemagne
depuis Ketteler. — VI. Progrès des idées' interventionnistes en France et en Belgique : les deux congrès de Liège. — VII. Graves discussions sur la limite de l'intervention de l'État : le minimum de salaire. — VIII. Accord à peu près unanime sur la méthode de l'intervention de l'État. L'État ne rendra pas les associations inutiles : car l'État doit promulguer les lois générales du travail, et les associations doivent promulguer les lois de détail. Harmonie et solidarité des- deux moyens auxquels recourt l'Église pour faire régner la justice sociale. — IX. Doctrine de l'Encyclique sur l'intervention de l'État. — X. Comment les mêmes raisoni qui rendent utile, dans l'intérieur de chaque État, une législation ouvrière, font désirer une législation internationale. — XL Les catholiques et l'idée d'une législation internationale : Decurtins, Jacobini, la conférence de Berlin. — XII. Rapports entre l'idée internationale et l'ancienne idée de chrétienté. — XIII. Comment l'Église, seule puissance internationale, espère reprendre un rôle international actif en intervenant dans les conflits du travail et du capital 167