‹ Le papeChapitre 3 sur 24 · LES BOIS ENTRENT · texte numérisé non relu

LES BOIS ENTRENT

LE- l'Al'E.

LES BOIS

Tout est l'ombre humaine.

Nous sommes les élus.

L'homme à l'homme est égal.

LES ROIS

Nous sommes ce que sont l'Horeb et Iç GaJgal, Ce qu'est le SinEû par dessus les campagnes; Nous sommes une chaîne auguste de montagnes ; Nous sommes l'horizon par Dieu même construit.

Les monts ont au front l'aube et les rois ont la nuit. Dieu n'a pas fait les rois.

LES BOIS

N'es-tu pas roi toi-^nême?

Moi! régner! non!

LES ROIS

Alors, qu'est-ce que tu fais?

Le Pape but le seuil du Vatican,

«bjGooglc

Je parle à la Cité, je parle à l'Univers.

Écoutez, ô vivants de tant d'ombre couveris, Qu'égara si longtemps l'imposture servile, Le sceptre est vain, le trône est noir, la pourpre est vile. Qui que vous soyez, Qls du Père, écoutez tous.

II n'est sous le grand ciel impénétrable et doux

Qu'une pourpre, l'amour; qu'un trône, l'innocence.

L'aube et l'obscure nuit sont dans l'homme en présence

Comme deux cornbattants prêts à s'entre-tuer;

Le prêtre est un pilote; il doit s'habituer

A la lumière afin que son âme soit blanche ;

Tout veut croître au grandjour, l'homme, la fleur, la branche,

La pensée ; il est temps que l'aurore ait raison ;

Et Dieu ne nous a pas confié sa maison,

La justice, pour vivre en dehors d'elle, et faire

Grandir l'oqibre et tourner à contre-sens la sphère.

Je suis comme vous tous, aveugle, ô mes amis !

J'ignore l'homme. Dieu, le monde; et l'on m'a mis

Trois couronnes au front, autant que d'ignorances.

Celui qu'on nomme un pape est vêtu d'apparences ;

Mes frères les vivants me semblent mes valets ;

Je ne sais pas pourquoi j'habite ce palais;

Je ne sais pas pourquoi je porte un diadème;

On m'appelle Seigneur des Seigneurs, Chef suprême.

Pontife souverain, Roi par le ciel choisi;

O peuples, écoutez, j'ai découvert ceci.

Je suis un pauvre. Aussi je m'en vais. J'abandonne

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