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Chauraonnot, £7/». C/L, p

2. Le nom de cette usine paraît avoir été défiguré; nous sommes porté à croire que, dès les premiers temps de sa possession par le chapitre de l’église de Troyes, on I appelait vioidin à la Peille, c’est-à-dire moulin à papier. Le mot peilk fut jadis généralement employé, surtout dans le Lyonnais et dans le Forez, pour désigner les guenilles et les chiffons employés à la fabrica-

Le Papier de Troyes.

dit jadis k Pré-l'Évêque (contrée cathédrale était seigneur), Planche-Clément et à la Le seuil du vannage de

tion (lu papier (voy, F. Godefroy, Dictionnaire de lancien langage français, t. VI, p. 62). Du mot peille on aura hnpielle. Plus tard, à une époque relativement moderne, en souvenir des prétentions du prieuré de Foissy sur ce moulin, on l'a désigné sous le nom de moulin du Prieuré, de la Priolée et de la Piolée.

3. Chaumonnot, op. cil., p. 84, mais le nom de piellc est revenu.

Le moulin de la Pielle ' est situé dans le lieu de 1 ancien faubourg Saint-Denis, dont le chapitre de la sur la rive droite du canal du "Vouldy, non loin de la

Saint-Julien.

Dans une charte du comte Henri le Libéral, datée de l’an 1176, cette usine est dite ■ mokndimnu qui Pasiurellus vocahatur \ En 1191, un différend s’éleva, à son sujet, entre le chapitre de la cathédrale et le prieuré de Foissy. L’évêque de Troyes. Barthélemy (connu aussi sous le nom d’Haïce de Plancy), dut mtervenir.^ Il obtint des religieuses de Foissy la renonciation à certains droits quelles prétendaient «'Oir sur le moulin du Pré-l’Évéque ; en échange, il leur fit don dune part dans les dîmes de Villechétif (* Filk-Cheslini 0 et les tint quittes des redevances dont elles étaient tenues envers lui à cause de leur grange ou ferme de Payns >. L’année suivante, Mathilde, abbesse de Fontevrault, dont relevait le prieuré de Foissy, confirma l’arrangement qui précède, sauf quelques modifications.

Dans le cours de l’année 1 1 92, l’évèque Barthélemy fit don au chapitre de sa cathédrale du moulin du Pré-l’Évêque, pour fonder son anniversaire, et il y mit comme condition qu’une distribution d’un boisseau de blé serait faite à tous les chanoines qui assisteraient à cette cérémonie *.

La plus ancienne mention que nous ayons rencontrée de papeterie à la Pielle se trouve dans un registre de comptes de la collégiale de Saint-Étienne de Troyes Il y est dit, à la date" du 2 août 1351, que Guyot Du Fil-Jac reconnaît avoir reçu de Charlin de Barbonne, chanoine de Saint-Étienne, la somme de 30 écus pour vente d’une maison et de terres assises au lieu dit Pré-1 Évêque, « tenant au courtil du petit moulin don papier qu’on dit le moulin de la Pielle ».

Quelques années après, en 1362, le compte des anniversaires de 1 église de Troyes mentionne une redevance payée par les maîtres (drapiers) de Croncels, pour la location du moulin de la Pielle : « A magistris vici de Cronccllis pro firma molen dinorum ad pannos molendini a la Pielle... » fi (Voy. pl. XVII.)

Ils s’en servaient, sans doute, comme moulin à foulon, pour apprêter leurs draps, encore que le mot « pannis » se traduise par linge, étoffe légère, et désigne ainsi les chiffons triturés parles moulins dans le but de les transformer en papier h

Les deux industries, nonobstant, semblent s’y être coudoyées, a en juger par les

extraits ci-dessous des archives du chapiti Pierre G.vrnier. — En 1371, le 4

1. Vov. Corluhiire de rabbaye de Stiinl-Loiip, cd. Lalore, p. 8o.

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