Ce nom, que l’on trou\’e écrit Chalocl, Chaloiiel
S de la chapelle Saint-Michel et Saint-
et Chailhntel, .signifie : grève. C’est un diminutif du mot chnilht (caillou), provenant (dit-on) du latin cnlcidiis. De nos jours, on le trouve encore employé dans certains noms de hameaux ou de contrées.
Le vieux patois troyen nous a laissé le mot cbtiîllon, encore en usage (au pluriel, chaiUons') pour désigner de très petits morceaux de lard dont on se sert en cuisine, et qui ressemblent à de menus cailloux.
Planche VII
(/') Plan du Moui.in de Saint-Quentin a Troyes, 1808
(Archives de ki Société générale de Bonneterie)
(rt) Plan des Moulins de Chaillouet ou Moulins Brûlés a Troyes, 1821
(Archives Municipales)
MOULINS DE CHAILLOUET I29
Maurice, ou autrement Chapelle du Roi, fondée en l’église collégiale Saint-Etienne de Troyes.
Les moulins de Chaillouet existaient déjà au xii' siècle, comme nous l’apprend une charte de 1171, par laquelle le comte Henri le Libéral, avec le consentement de son co-propriétaire, André, cemenfarius (ou André le maçon), donna à l’église de Saint-Martin-ès-Aires la dîme des moulins de Chaillouet, avec le droit d’y faire moudre gratuitement, chaque semaine, un demi-muid de blé ou de tout autre grain
Il est probable que, dès son début dans la région troyenne, la fabrication du papier lut pratiquée dans ces usines.
En 1384, Jean de Viaspre était papetier et meunier à Chaillouet'.
Le 6 avril 1428 (après Pâques), une sentence du bailliage débouta les religieux de Molesme de leurs prétentions d’empêcher les habitants de Troyes, et notamment Gilot Ta.s.sin, meunier du moulin de Challoel, d’installer sur le bras de Seine allant à Saint-Quentin un pont, planche, nef ou nacelle pour y passer blé, bois, farines ou autres marchandises '.
A une date que nous ne pouvons préciser, dans le cours de la guerre contre les Anglo-Bourguignons, les moulins furent détruits par le feu. Ce fut certainement avant l’année 1447, car le ii avril de cette année-là, un jardin, situé « devant le lieu où fut le moulin de Chaillouel », est donné à bail, pour deux vies, à Perrin Le Pallerat, paupeleur (c’est-à-dire papetier). En 1483, ce même jardin, tenant à Nicolas Michelet, papetier, et à la voie du « Moulin brûlé », faisait l’objet d’un nouveau bail. En 1531, il était entièrement planté en vigne L
En 1457, les moulins sont reconstruits et occupés par Perrin (ou Pierre) Truchot; on y fait de la farine et du papier. En 1460, le moulin à farine est exploité par Gilot Tassin, probablement sous-locataire de Truchot*.
En 1461, Pierre Truchot, fermier emphytéotique des moulins de Chaillouet, obtient des lettres royaux l'autorisant à faire des travaux, notamment « une écluse en un bras de la Seine près de la porte de Chaillouet, en tirant assez près des murs de la ville, en une île* ».
En 1463, il y a dans ces moulins trois roues seulement, une à papier, une à blé et la troisième à écorce ou à foulon. Le 27 mars suivant, une sentence du bailliage de Troyes autorise Truchot à exécuter d’importants travaux à la décharge du Pouce, pour s’assurer le volume d’eau nécessaire à la marche de ses usines'.