‹ Le Papier Monnaie Porteur De GermesChapitre 25 sur 37 · SM TE · texte numérisé non relu

SM TE

L'examen microscopique présente un thalle en filaments: noirs et réguliers, cloisonnés, portant des rameaux sporifères.

Les spores naissent au sommet des branches, en chainettes inégales. Sur les milieux nutritifs riches, les rameaux sporifères portent de vrais chapelets de spores rappelant le Penicillium. | |

C’est une moisissure très voisine en effet, des Penicillium, elle est très commune sur les matières organiques d'origines végétales. On la trouve dans presque toutes les substances organiques des laboratoires et des pharmacies.

4 Genre Mucor. Michel, 1729.

Nous avons vu cette espèce se développer spontanément daus les eaux de lavage de nos papiers, puis sur gélatine et gélose ensemencées avec ces eaux. Nous l’avons étudiée surliquide de Raulin. Ce milieu ensemencé et porté à l’étuve à 35° donne une culture abondante en surface, d'aspect grisâtre.

L'examen microscopique dénote des tubes mycéliens enchevêtrés en réseaux d’où partent des filaments verticaux qui se terminent par un renflement fructifère. Ce renflement est une capsule sphérique contenant les spores.

C'est une moisissure vulgaire des matières organiques végétales et animales en décomposition, vivant généralement en saprophyte. Elle peut également infester les animaux et l’homme où elle détermine des Mucormycoses (1) concernant des localisations oriculaires, naso-pharyngées, cutanées et surtout pulmonaires. Nous citerons le Mucor mucedo qui produit chez les abeilles une affection mortelle, la mucorine, ou maladie de Mai.

Nos recherches nous ont donc permis de reconnaitre les genres : Aspergillus, Penicillium, Cladosporium, Mucor.

memes

(1) Ramon, Znfections parasitaires, page 565.

N'ayant pas caractérisé les espèces, Il ne nous est pas possible

de dire si les formes que nous avons ainsi isolées sont patho-

gènes ou non, Gépendant tout nous porte à croire que si les moisissures saprophytes banales sont les plus communes, il puisse s’en glisser de pathogènes.

En effet, les moisissures, parmi les accidents qu’elles dé-

terminent causent fréquemment des mycoses pulmonaires qui

par les expectorations sont susceptibles de contaminer le pa-

pier monnaie de la même manière que les infections bac- {tériennes.

En résumé, les observations précédentes montrent qu’il existe sur le papier monnaie :

1° Des espèces bactériennes, saprophytes banales, résistantes, très répandues dans les milieux extérieurs, tels Bacillus, subtihs, Bacillus mesentericus, Bacillus prodigiosus, etc.

2° Des espèces appartenant: à la flore cutanée, tels les Staphylocoques. Cette espèce généralement très répandue dans le milieu extérieur est Fhôte habituel de la peau; elle’ est également fréquente dans la cavité buccale. C’est une espèce pyogène et plus spécialement des suppurations cutanées. On lui a fait jouer un rôle encore peu net dans la pathogénie des stomatites, angines, etc.

3° Des formes appartenant à la flore buccale, tels le Leptothrix et le Tetragène. Le Leptothrix buccalis que nous trouvons fréquemment dans le tartre dentaire et la salive semble pour certains auteurs jouer un rôle dans la carie dentaire. Il a en outre parfois causé par son abondance sur la muqueuse du pharynx une « mycose pharyngée » (1).

Le Tétragène n’est pas simplement l'hôte banal de la cavité buccale, on s'accorde aujourd’hui à lui reconnaître un rôle pathogène important dont des suppurations péribuccales. On le rencontre aussi au cours de diverses bronchites, grippes.'Il est

(1) Macé. Trailé de Bactériologie, page 1.077.

ME

le compagnon fréquent du baeille de Koch dans les cavernes pulmonaires à la formation desquelles il n’est pas étranger. II est même capable de se répandre dans le sang et de causer de véritables septicémies. |

La présence de ces espèces commensales habituelles de cette cavité nous permet de supposer la présence possible de formes pathogènes telles que la Diphtérie et la Méningite ; et d’une façon générale de tous les germes des maladies qui pénètrent dans l’organisme par cette voie. Nous savons qu'il existe des porteurs de germes susceptibles de disséminer autour d'eux la contagion.

4° Des espèces de la flore intestinale tel que le Coli-bacille, l'hôte habituel de l'intestin. La constatation de ce bacille est: intéressante non pas tant de ce fait que c’est une espèce pathogène, mais surtout par sa signification d’indice d'infection intestinale possible.

Sa présence dans l’eau est considérée à juste titre comme indice d’une contamination par les matières fécales, en raison de son origine intestinale. On est donc en droit de supposer: que là où il est, peuvent se trouver un jour les bacilles nettement pathogènes et spécifiques de même origine : Typhique el Paratyphique, Dyssentérique, Choléra, etc.

9° Très vraisemblablement : le Bacille Tuberculeux, le Bacille Diphtérique etPneumocoque peuvent être présents sur les papiers monnaie. Le hasard seul pourrait nous permettre de surprendre ces agents pathogènes. Nous ne devons pas éloi-. gner la possibilité de leur présence.

6° Les examens faits en vue de la recherche des Spirochètes dont on connait toute l'importance, ne nous a pas permis de les identifier, Il n’y aurait cependant rien d’impossible à ce que ces espèces puissent dans certaines circonstances se maintenir un certain temps sur le papier monnaie. Nous sa vons d’ailleurs que la présence des Spirilles a été signalée. Nous n’avons non plus eu l’occasion de reconnaitre le Treponempâle agent de la syphilis mais l’existence fréquente d’accidents

er ee

buccaux ou cutanés riches en treponem autorise la supposition dune possibilité de transmission dans des conditions favorables.

1° Des moisissures dont certaines formes provoquent des troubles, en particulier des mycoses pulmonaires.

Les manipulations auxquelles est soumis le papier monnaie et les contacts variés qu'il subit nous permettent d'expliquer ces apports d'origines différentes :

La présence des bactéries saprophytes s'explique aisémentet ne doit pas nous arrêter. Les germes qui nous environnent de toutes parts, ont toutes facilités pour se déposer sur les papiers.

Les contacts avec la peau, avec les doigts, nous expliquent l'apport des éléments cutanés, et aussi de la flore intestinale par un procédé sur lequel on nous permettra de ne pas insister.

L'habitude fâcheuse et péu recommandable qu'ont beaucoup de personnes d’humecter de salive leurs doigts pour manipuler plus aisément les papiers monnaie, les recolages successifs à l’aide de papier gommé imprégné de salive pour les remettre en état, nous permettent d'expliquer la présence des espèces représentant la flore buccale.

On comprend que le Bacille de la Tuberculose ainsi que les Spi rochètes et les Treponems puissent, à la faveur de ces manipulations, se fixer à leur tour sur les papiers monnaie.

Page 1