CHAPITRE III
Recherches Expérimentales
Durée de l'existence des espèces microbiennes sur le papier monnaie Leur vitalité. Leur résistance.
Nous avons mis en lumière dans un chapitre précédent la présence de nombreuses espèces microbiennes capables de conserver leur vitalité sur le papier-monnaie. Ce papier nous l'avons vu constitue un milieu de culture.
Nous avons recherché expérimentalement à préciser et à étendre ces notions, Il importe en effet de savoir quelle durée on peut assigner à l’existence de ces espèces sur ces papiers et en particulier aux bactéries pathogènes. Nous savons que la vitalité et l’existence des bactéries sont des plus variables. Elles sont fonction de l’espèce elle même, de son mode de reproduction, des conditions dans lesquelles elle se trouve placée. C'est l'influence de ces divers facteurs que nous nous sommes efforcés de dégager. Il existe des documents aussi nombreux qu'intéressants sur la résistance des microbes aux divers facteurs qui tendent à les détruire.
Dès l’origine de la Microbiologie, on se posait cette question : « Quelle est la durée de la vie des microbes ». En 1882 Duclaux étudiant des bourres de coton chargées de poussières de l’air par Pasteur dans ses expériences de 1859 et 1860, c’est-à-dire 22 ans après, pouvait conclure « qu'après ensemencement dans l’eau de navet sucré, toutes les bourres s’y sont
montrées stériles » (1). Dans une autre expérience, Duclaux montre des spores de Penicillium vivantes après vingt deux ans de conservation dans un liquide approprié (?).
Les différents facteurs capables d’augmenter ou d’atténuer la vitalité des microbes sont pour les principaux :
1° Le degré hygromstrique. Les germes conservés à sec meurent plus vite, |
2 La température. Nous savons que les microbes ne vivent que dans certaines limites de température. Une température basse leur est moins funeste qu’une température élevée.
Les températures qu’ils supportent sur le papier monnaie, nous l'avons vu précédemment, sont voisines de celle du milieu extérieur et de celle du corps humain, et dans les deux cas nous ont paru très près des températures oplima requises
pour le développement des diverses catégories de bactéries.
30 La lumière. On connaît l’action nocive de la lumière sur les bactéries, tandis que le Bacille de la Tuberculose et le Bacille de la Diphtérie perdent leur virulence sous l’action des rayons solaires (*), d’autres semblent plus résistants tels : le Bacille d’Eberth, le Bacille du Choléra, les Staphylocoques, etc. Nous savons que celles qui vivent sur le papier monnaie sont la plupart du temps à l’abri de la lumière.
4 L'oxydation. La nature du milieu et en particulier la présence d'oxygène jouent un rôle important. Il existe des espèces aérobies et des espèces anaérobies. D'une façon géné-
rale les bactéries du papier monnaie se développent à l'air libre.
(1) Cuareenrier. Les Microbes, chap. III, page 71. (2) Carpentier. Les Microbes, chap. III page 71.
(3) Des expériences pratiquées dernièrement au Sanatorium de Leysin (Suisse) semblent en contradiction avec ces faits. Des crachats tuberculeux, exposés au soleil durant plusieurs heures et à plusieurs reprises ont conservé leur virulence.
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