‹ Le Papier Monnaie Porteur De GermesChapitre 33 sur 37 · EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES

1° Espèce Saprophyte A. Bacillus Prodigiosus Ehrenberg.

Nous avons choisi comme type d'espèce saprophyte banale

4e Bacillus Prodigiosus. Cette bactérie est fréquente dans l’air

et également commune dans l’eau et le sol, Elle contamine fréquemment les subtances alimentaires. |

Cette bactérie a comme particularité intéressante la producüon d’un pigment rouge vif très caractéristique.

Nous l’avons isolée plusieurs fois dans nos cultures, et net-

tement caractérisée sur le-papier monnaie, ceci a été indiqué

au début de notre travail.

Nous nous sommes adressés pour nos expériences à une culture jeune en bouillon. Nous avons très légèrement humecté de petites bandes de papier monnaie stérile dans la culture puis conservé celles-ei en boîte de Pétri, à la température ordinaire, à l’abri des poussières et des souillures.

Après quarante-huit heures une bande de papier ensemen-

UN fo

cée sur bouillon peptoné, à l’étuve à 25°, nous à rapidement. donné un petit liseré superficiel rosé nettement caractéristique. L'examen microscopique nous a montré la bactérie em courts bâtonnets de! 4 environ, se décolorant par la méthode de Gram.

Recherché systématiquement après cinq, dix et quinze: Jours, nous avons chaque fois caractérisé le bacille par les mé- | thodes de cultures appropriées: un papier ensemencé après vingt jours de conservation en boîte de Pétri, nous a donné sur bouillon un trouble rapide mais peu abondant : nous n'avons pas noté de changement de coloration du milieu. Porté sur gélose en stries, nous avons obtenu après vingt-quatre heures de larges bandes muqueuses, rouge sang à reflets brillants.

L'examen microscopique a montré les bacilles en formes petites et arrondies. Nous savons en effet que cette bactérie se présente, suivant son état de dévelloppement plus ou moins. avancé et suivant le milieu de culture qui l'héberge, en formes allongées ou arrondies: ce qui l’a fait classer par les auteurs indifféramment dans les genres Bacillus où micrococcus-

Après vingt jours nous n'avons plus caractérisé cette espèce, les papiers ensemencés sont restés stériles. La bactérie semble: avoir perdu toute vitalité et s'être détruite elle-même.

2° Espèces Pathogènes A. Bacilles Sporulés

Bacillus Anthracis Davaine.

En prenant comme type de bacille se reproduisant par spores, le Bacillus Anthracis, il nous a paru particulière ment intéressant de dégager expérimentalement les possibilités d'existence de cette ‘espèce sur les papiers en circulation. Nous savons en effet que cette bactérie détermine chez l’homme et les animaux des maladies éminemment conta-

gieuses. Rappelons que l'infection charbonneuse chez l’homme provoque, suivant son mode de pénétration, soit le charbon cutané, (pustule maligne) soit le charbon gastro-intestinal ou le charbon pulmonaire. Chez les animaux (moulon, cheval, vache) les manifestations pathologiques se traduisent par des troubles dans le sang où nous VOyOnS apparaître la bactérie.

Dans ces différentes maladies le diagnostic bactériologique se fait par la recherche directe du bacille dans les produits pathologiques. |

On connait les propriétés biologiques du Bacillus Anthracis. Nous rappellerons qu’elles sont notablement différentes pour la bactérie et pour la spore. Tandis que la bactérie exige pour se développer un milieu alcalin, humide, riche en Oxygène :; la spore se suffit à eHe-même et résiste à la dessication. D'après Duclaux elle pourrait résister à la dessication en vase clos pendant plus de 25 années.

Les différents facteurs, chaleur, froid, lumière, antiseptiques

agissent puissamment sur la bactérie, tandis qu'ils sont sans

action sur la spore.

Nous avons souillé expérimentalement des fragments de papiers monnaie stérillisés avec des cultures sur gélatine et sur bouillon. Ceux-ci ont été conservés à la température ordinaire dans des boîtes de Pétri stériles et fermées afin d'éviter la COntagion autour de nous.

Pour mettre en évidence la bactérie nous avons de quinze Jours en quinze jours, placé une bande de papier contaminé dans un tube de bouillon peptoné ; puis l'avons cultivée sur gélatine en piqures, sur gélose et sur gélatine en plaque.

L'aspect des cultures et lexamen microscopique nous à montré chaque fois la présence du Bacillus Anthracis.

Celui-ci nous à paru sporulé dans les cultures sur bouillon et gélose de huit jours, puis a présenté les différentes formes bien connues, en filaments longs non segmentés et en courts bâtonnets suivants les milieux d’études employés.

Deux mois après la souillure de nos papiers, le bacille était

encore caractérisé. Nous n’avons pas poussé plus loin nos expériences avec cette espèce, pensant bien que notre but était atteint en prouvant les possibilités d'existence de cette bactérie pathogène deux mois durant sur le papier monnaie. Ceci d’ailleurs n’a rien qui puisse nous étonner étant donné les propriétés de vitalité et de résistance très grandes que possède ce microbe.

B. Baciiles non Sporulés Staphylococcus pyogenes Rosenbach.

Nous avons choisi comme deuxième type pour nos expériences le Staphylocoque en raison de son extrème abondance sur notre tégument cutané et dans la cavité bucco-pharyngée. Gette bactérie, agent des furoncles, anthrax, phlegmons, présente d’après certains auteurs, suivant ses états, des virulences différentes. |

Alors que le Staphylocoque blanc est considéré comme parasite habituel saus virulence de la peau (Sabouraud), le Staphylocoque pyogene, blanc ou doré, se présente au contraire comme particulièrement nocif.

Nous avons pris une culture jeune sur gélose de Staphylocoque pyogene blanc, provenant de l’ensemencement direct sur ce milieu d’un pus humain. Avec le fil de platine nous avons souillé en plusieurs points des petites bandelettes de papier stérile. Ces bandelettes enveloppées de papier Joseph stérile ont été conservées en boîtes de Pétri à la température du Laboratoire.

Nous avons recherché systématiquement le microbe par culture sur milieux appropriés, et l’avons caractérisé après dix, vingt, trente et quarante jours. Au bout de ce temps les bandelettes souillées par nos soins, et conservées comme il a été dit, ne nous ont plus permis après ensemencement et culture de caractériser le Staphylocoque. Toutes les cultures

nid) dé inde) dé scie tb LS

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sont restées négatives nous pouvons dire que le Staphylococcus Pyogenes albus, à conservé sa vitalité sur le papier pendant un mois et demi.

Bacillus Coli communis Escherisch.

Ce microbe, hôte habituel de l'intestin des hommes et des animaux, est très répandu par la dissémination des matières fécales desséchées. Il a été longtemps considéré comme une saprophyte sans importance. Sa présence et son abondance dans certaines affections de l'appareil intestinal et son association fréquente avec d’autres espèces particulièrement nocives lui donnent aujourd’hui une importance indiscutable.

Nous nous sommes adressés à cette espèce en raison de sa signification comme indice d'infection. Nous l’avons nettement caractérisée plusieurs fois sur le papier monnaie, où elle semble d’ailleurs se retrouver très facilement comme en témoignent les résultats indiqués par les différents auteurs.

Nous avons souillé’ des bandelettes de papier stérile avec une culture en bouillon de quarante-huit heures : celles-ci ont été conservées entre deux feuilles de papier Joseph stérile à l'étuve à 30°. Nous avons recherché le bacille après cinq et dix Jours par culture sur milieux spécifiques (lait tournesolé, gélose Endo, gélose rouge neutre, bouillon phéniqué, eau peptonée). Nous l'avons chaque fois caractérisé sur ces milieux. La réaction de l’indol a été chaque fois positive.

Après quinze et vingt jours, l'expérience répétée, montre que les ensemencements de nos papiers monnaie souillés expérimentalement, ne donnent plus de culture sur milieux solides. Mais ils poussent encore sur milieux liquides (bouillon phéniqué et eau peptonée). La réaction de l’indol est RO e TRE au vINngtième jour.

Il semble bien que le Coli-bacille a perdu de sa vitalité vraisemblablement sous l'influence de la dessication, comme d’ailleurs le fait a été déjà observé.

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Quoiqu'il en soit, nous pouvons dire que le Coli-bacille à conservé sa vitalité sur nos papiers pendant vingt jours.

Bacillus Thyphosus Eberth.

La présence répétée du Goli-bacille sur le papier monnaie, nous à amenés à rechercher expérimentalement les possibilités de vie des autres bacilles de la même série.

Nous avons pris comme {ype dans ces expériences le Ba- “ cillus Typhosus en raison de l'importance -considérable que cette espèce présente pour l'infection microbienne.

Il nous à paru intéressant au plus haut point de démontrer avec la possibilité d'existence de ce bacille sur les coupures en circulation, sa durée de vie dans ce milieu. Ce point devant nous permettre d'affirmer combien de temps reste dangereuse une coupure souillée par ce microbe.

Nous avons souillé par immersion dans une culture sur bouillon de 24 heures quelques bandes de papier stérile et d'autre part nous avons souillé quelques fragments de .coupures stérilisées avec une culture sur gélose. Les unes et les autres ont été conservées à l'abri des poussières, dans des boites de Pétri à l’étuve à 30 degrés et examinées systématiquementaprès quarante-huit heures, quatre Jours et huit jours.

Nous avons pu mettre en évidence la bactérie au moyen des milicux de diagnostic sensibles et spécifiques : lait tournesolé, gélose au sous-acétate de plomb, gélose glucosée tournesolée, jusqu’au huitième jour. Passé ce délai nous n’avons plus caractérisé la bactérie, les papiers se sont montrés stériles après ensemencement. Ce qui nous amène à dire que le Bacille d'Eberth a conservé sa vitalité sur nos papiers pendant huit jours.

Bacillus tuberculosis Koch.

Ge bacille dont le rèle dans l'hygiène publique apparaît chaque jour comme un problème plus angoissant est doué de

Or —

propriétés qui lui donnent une vitalité et une résistance très grandes. Sans entrer dans le détail, rappelons la longue vitalité des cultures à l'abri de la lumière et Ja résistance du Bacille à la dessication, au froid, ainsi qu'aux agents de désinfection. On le trouve encore virulent dans des poussières contaminées par des crachats desséchés, au bout de plusieurs mois.

Nous n’ayons pu être affirmatif sur la présence du Bacille Tuberculeux sur le papier monnaie dans nos recherches antérieures. Des expériences négatives ne sauraient être suffisantes pour prouver sa non- existence. Ce qu’il importe de démontrer c’est sa possibilité. Etant donné l'importance de cette constatation nous avons repris ici cette étude en faisant varier les conditions d'expérience,

Voici comment nous avons procédé :

Dans une coupure de la région provençale, en bon état nous avons découpé une bande de 7 centimètres de long sur 1 centimètre de large. Ce fragment de billet est stérilisé à l’autoclave. Une moitié de la bande est gardée comme témoin et le

* deuxième fragment est souillé avee un crachat tuberculeux. Pour cela, nous prélevons avec une anse de platine flambée quelque mucosités dans un crachat dilué avec du sérum physiologique après nous être assuré que ce crachat renfermait nettement le Bacillle de Koch. Nous touchons en plusieurs points la bande de papier et la laissons sécher, Celle-ci est alors enveloppée de papier Joseph stérile et conservée avec précaution à l’abri des poussières de l’air, à la température ambiante. Après cinq jours le papier souillé est dilacéré avec des aiguilles stérilisées et introduit avec 5 centimètres cubes de sérum physiologique dans un tube à essai fermé, par un bouchon de

‘caoutchouc.

Le sérum, le tube, le bouchon, la pipette ont été préalablement stérilisés. On agite 5 minutes et laisse reposer un quart d'heure; le papier se dépose au fond du tube et le li-

-quide surnageant, faiblement louche, contient la plus grande partie des produits de souillure. Nous prélevons avec une se-

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