‹ Le Papier Monnaie Porteur De GermesChapitre 5 sur 37 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Parmi les nombreux problèmes économiques soulevés par la guerre, la crise de la monnaie n’a pas été un des moins importants. Pressées par le besoin, les Chambres de Commerce ont dû émettre en hâte et souvent sur des papiers de qualités très inférieures des coupures divisionnaires. Les séries nouvelles se sont ensuite succédé sans que pour celà les coupures’ usagées et malpropres soient retirées. On peut dire que jamais la circulation de la monnaie de papier n’a été aussi intense. Les coupures de cinquante centimes, un franc et deux francs sont assurément les plus couramment employées pour les échanges monétaires de chaque jour. Ge sont elles prineipalement qui ont tout d’abord attiré notre attention, et nous avons vu, avec d’autres, un réel danger pour l’hygiène publique dans la circulation de ces petits papiers noirs de poussières graisseuses et dentellés par les déchirures multiples. Ce sont là, en effet, autant de véritables réservoirs de germes dangereux, qui changeant à tous instants de propriétaires plus ou moins soigneux, servent d'agents vecteurs aux microbes et malpropretés et portent, du malade au sujet sain, le virus redoutable des affections les plus graves.

Nous ne sommes pas les premiers à nous être préoccupés de la question : nombreux sont les hygiénistes qui déjà ont cherché à attirer l’attention des pouvoirs compétents sur l’état lamentable et l'aspect repoussant de certaines coupures ; nombreux sont également, et parmi eux des plus autorisés, les bactériologues qui ont indiqué dans divers Bulletins et Périodiques quantité d’espèces microbiennes saprophytes et pathogènes vivant à l’état libre sur le papier.

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Cette question n’est pas restée dans le domaine pur du laboratoire. Tout récemment, elle vient d’être agitée par la grande presse, ce qui prouve une fois de plus l'intérêt qu’elle occupe dans l'hygiène publique. Plus modestement, dans notre sphère, depuis plus d’une année nous avons accumulé des matériaux, fait des recherches, multiplié les expériences dont nous apportons aujourd’hui les résultats sans prétendre cependant avoir complètement épuisé ce sujet.

Nous ne nous sommes pas contentés dans ce travail de continuer une nomenclature et d'ajouter seulement à la liste déjà longue des bactéries caractérisées de nouvelles espèces. En effet, on peut affirmer a priori que toutes les espèces mi-

crobiennes peuvent se rencontrer,sur le papier monnaie. Nous:

avons voulu pousser plus loin l’analyse et rechercher teurs conditions de vie, de résistance, et de transmission. Par exemple le petit billet que nous conservons dans un carnet sous nos vêtements ne présente-t-1l pas un milieu favorable à la conservation des microbes qui l'ont souillé lors de son séjour chez certains individus malpropres ou malades ; favorise-L-il leur destruction ou leur développement? Par quoi est représentée exactement la flore du papier monnaie? A côté des bactéries libres de l’air ou du sol ne trouveronsnous pas sur ces papiers déchirés et recollés avec des papiers gommés imprégnés de salive la flore de la bouche, et dans

un autre ordre la flore de l'intestin. À quel état de vitalité:

trouverons-nous les microbes, ete. Ge sont là autant de problèmes que nous avons cherché à résoudre par tous nos eee de laboratoire et d’étude.

À notre connaissance il n’a pas été fait de travail d’ensemble sur cette question. Des travaux fragmentaires ont paru à diverses époques dans des périodiques différents.

Comme dans toute récherche microbiologique nous avons fait des analyses quantitatives et qualitatives; la numération des microbes nous à paru intéressante comme indicateur d'infection ; l'analyse qualitative, c’est-à-dire l'identification

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