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FABRICATION DU CARTON

Le carton s’obtient en général soit par la superposition de plusieurs feuilles de papier qui finalement ne forment plus qu’une seule matière, soit par l’union d'une certaine quantité de pâte à papier avec des dissolutions de gélatine, de ciment, d’argile, de craie, etc... Les premiers sont dits cartons de collage , les seconds carions de moulage.

Les cartons de collage se subdivisent en :

Cartons blancs superfins.

Cartons blancs mi-fins.

Cartons colorés.

Cartons communs ou cartons gris.

Cartons à lisser, filigranés.

Cartons de paille ou de bois.

Cartons diversement teintés.

Le carton de collage s’obtient en collant les unes sur les autres plusieurs feuilles de papier, suivant l’épaisseur et la force de résistance que l’on veut obtenir.

On n’emploie que des feuilles blanches, si l’on veut fabriquer des cartons de premier choix pour plans, dessins, cartes de visite, etc... Dans le cas contraire, on place au milieu, des feuilles brunes ou grises, dites papier de ventre.

Les feuilles ainsi collées sont soumises en masse à l’action progressive de la presse, au fur et à mesure que la colle sèche. On enlève alors les bavures, on porte les feuilles à Yétendoir et lorsqu’elles sont sèches, on les remet en presse pour les rendre parfaitement planes. Les feuilles sont ensuite passées au laminoir entre deux plaques de zinc, et le carton est terminé.

Quand on veut le glacer et le lustrer, on étend de chaque côté un peu de savon, et l'on frotte à la main ou à la machine avec une pierre appelée lissoir.

Le carton anglais, connu sous le nom de bristol , n’est, qu’elle que soit son épaisseur, qu’une feuille de papier faite à la cuve avec les plus belles espèces de chiffons, auxquelles on ajoute une proportion assez considérable de kaolin.

308 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

Le bristol français n’est autre qu’un carton de collage de feuilles blanches laminées avec soin.

CARTOIY PAILLE

Le carton paille, dont la consommation s’est beaucoup développée dans ces dernières années, grâce à son bon marché, est très compacte. Les filaments que la paille conserve, même après avoir été réduite en pâte, forment naturellement lien entre eux, puisqu’ils se trouvent répartis dans toute l’épaisseur de la feuille.

On emploie ordinairement dans cette fabrication de la paille de blé mélangée avec de la paille d’avoine ; cette dernière dans le rapport d’un tiers environ.

Après avoir mis cette paille dans des cuves en bois où l’on a introduit 1 p. 100 de chaux naturelle délayée dans de l’eau, on soumet ce mélange à l’action de la vapeur sous une pression de 2 à 3 atmosphères pendant dix-lmit heures environ.

On reconnaît que la paille est assez cuite, lorsque l’on peut casser les tiges à la main et sans effort. La paille est alors soumise à l’action des piles broyeuses pendant une heure environ, jusqu’à ce que la pâte soit parfaite Les ouvriers cartonniers la placent ensuite dans des formes de dimensions spéciales. La pâte est alors comprimée, puis placée sur une planchette entre deux feuilles de feutre; un certain nombre de ces planchettes sont enfin pressées à la presse' hydraulique qui enlève l’excès d’eau.

Les feuilles de carton ainsi préparées sont assez solides pour pouvoir être accrochées par des fils de cuivre, et transportées dans un séchoir. Finalement le carton est poli au laminoir.

CARTOjY cuiu

On fabrique depuis assez longtemps, au moyen d’un mélange de cuir broyé et de matières textiles résistantes, telles que vieilles cordes, déchets de jute, des cuirs factices ou carton cuir employé dans la cordonnerie commune pour les semelles intérieures, les contreforts et les talons. Tous ces cartons ont le défaut d’absorber l’eau, de se gonfler et souvent de s’exfolier.

Pour remédier à ces inconvénients, on peut imprégner ces cartons cuirs, quel qu’en soit le mode de fabrication, d’une huile siccative pouvant durcir en un court espace de temps.

Les cartons destinés à être imperméabilisés doivent être d’une teinte aussi claire que possible, parce que les huiles employées en foncent considérablement la nuance.

Le liquide employé est une huile siccative à laquelle on ajoute des résines solubles, puis on ajoute à la pâte de carton cuir une petite quantité de minium comme siccatif.

En outre, on encolle la pâte avec du savon résineux de soude et de l’alun, dans le cas où l’on veut obtenir une imperméabilité exceptionnelle.

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