‹ Le papillon du CupidoChapitre 2 sur 10 · NOTICE SUR LE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LE

tains tableaux. Il avoue d'ailleurs, qu'il est dépourvu de tout renseignement sur la vie du poëte; l'auteur de la Bibliothèque de Bourgogne (2 vol, in-folio) Papillon, n'en sait pas davantage ; il se borne à nous dire que Jean Martin composa un traité sur l'usage de l'Astrolabe, M, J, Ch. Brunet mentionne, dans son Manuel du Libraire, un ouvrage d'un genre tout différent des deux autres, et qui, publié trois ans après la mise au jour du Papillon, et chez le même libraire, semble indiquer chez l'auteur quelque repentir de ses écrits trop profanes; c'est un livret en prose de 20 feuillets, la Révérence ecclésiastique, il est précédé de deux longues pièces de vers : Eloge de la croix; Oraison à la vierge Marie.

Il serait sans doute superflu de donner une analyse étendue d'un poëme aussi court que celui que nous reproduisons, la fiction qui lui sert de base est assez ingénieuse et dans les mains d'un écrivain spirituel elle eût pu offrir matière à des épisodes gracieux. L'Aut eur implore Cupido qui le change en papillon ; sous cette forme nouvelle, il peut s'introduire partout, voleter inaperçu, assister aux scènes m3'stérieuscs de la vie la plus intime, et, témoin indiscret, nous faire d'étranges révéla-

tiens. Le Lépidoptère se rend à Paris «la cité tant aymée» et ensuite en Italie. Il écoute, du haut d'une des tours de Notre-Dame, les cris de la capitale, il raconte quelques intrigues amoureuses ; l'historiette du trompette qui, par le son inopiné de son instrument, trouble les passe-temps de deux amoureux, fera sourire. De même que la plupart des limeurs de répoque, Jean Martin n'aime pas les moines; si, à la faveur de sa métamorphose, il pénètre dans une abbaye, il n'y voit

a Que des faces cramoisies.

« Rouges prieurs, nicynues d'heureuses vies,

• Nez d'escarlate, truffetez à plaisir

et ces bons religieux

0 Buvantz tout à loisir, ■ Les corps avoient si sales et si gras,

• Qu'à cheminer ilz en estoient tous las. »

Le tableau qu'il offre de la cour de Rome n'est nullement flatté ; nous aimons charitablement à croire que les couleurs en sont quelque peu chargées ; le lecteur en jugera. Du reste le poëme, parfois capable d'alarmer les susceptibilités d'une époque éminement vertueuse, telle que la nôtre, se termine d'une façon édifiante. Fatigué de courir le

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monde sous la forme d'un papillon, le poëtc implore la protection de Jésus-Christ et de la Vierge; sa prière est exaucée, et il reprend possession de sa forme primitive. Redevenu homme, il écrit ce qu'il a vu.

Nous sommes loin de présenter le Papillon de Cupido comme une œuvre d'un haut mérite littéraire, mais elle est digne d'être lue ; il y a plus d'originalité que dans beaucoup d'autres productions rimées du seizième siècle. On y trouve des traits de mœurs, des historiettes assez bien tournées, et ce livre, devenu introuvable, avait sa place toute marquée dans notre série de réimpressions de Raretés.

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