J LE PAPILLON
Puis ayant pris tant doulce joyssance, Et que du jeu, acquist la cougnoissance, Là, les poysons doulcement terminées, Furent aux cœurs des dames bien aymées. Lettres secrettes des oyes, et des douleurs. Furent escriptes en plaisirs et malheurs. Puis Mercure, qui vient en la présence Dire aux amys qu'ilz prennent leur absence, Pour s'eslongner des gentes damoysclles.
Quelques navires, ou grandes caravelles, Viendront passer au devant de leurs yeulx. Ce qu'elles ayment et désirent le mieulx. Et les voyant agiter en grandz undes, Larmes viendront de douleurs bien prof undes: Doubtantz souvent qu'ilz ne périssent en lieux. En regardant ce torment odieux.
Vêla comment malheureuse fortune, Vient terminer amour en infortune, Dedans les isles de triste passion; A la fortune de grande affliction.
En contemplant noires tables d'attentes, En espérant d'estre une fois contentes.
D'aultres en ya, ayant verdes espères, Qu'en espérant puis après désespères.
O! faulx amour, enclin à faire mal, Tu as les piedz pins legier qu'ung cheval. Pour enflanmier en la joye un g malheur, Tousjours brûlant en vivant en douleur, Tousjours allant semant doulce estincelles, Dedans les cœurs des nobles damoysclles. Tousiours usant d'amoureuses raisons. Pour accomplir tes feinctes trahisons.
0! faulx amour, dieu d'imperfection, 0! dieu enclin à faulse affection, Que tu leurs fais de maulx, et de martyre .1.
DE CITIDO
Sonbdain fais biens à ceulx que tu veiilx iiuyrc.
Soubdain tu riz, à cculx que vculx destruyrc:
Et pour ung temps les fais eu fleurs produyre:
Puis quand ilz sont >ur la roë de fortune,
Fais rabaisser plus soubdain que la Lune
Leur bien en mal d'ung langoureux plaisir,
Les caressant, cacbe le dcsjilaisir
Dedans les plumes de tes aesles dorées.
Vêla comment elles sont adorées
D'ung hipochrite, monstrant devant le monde
Une poison eu cruaulté prufuude.
Vêla comment les dames esconduyct,
Apres le jeu de l'amoureux deduyct.
Vêla comment il vole de ses aesles,
Pour renverser les gentes damoyselles.
Eslisez donc, on si vous voulez prendre
Le Cnpido qui faict les armes rendre:
A Cnpido ce dieu d'amour infâme,
L'ung a vertu pour faire vivre l'ame.
L'aultre a le feu, qui nous reduict eu flamme
Sans point mourir vivant tousjours en blasnie.
Je vous pupply, mes belles damoyselles,
D'autant qu'avez affections et zèles
A mon escript, que vous prestiez une heure
Affin qn 'après en voz grâces demeure.
Si le mérite du sçavoir des sçavantes
Il n'aura paour des barbares et absentes.
DE PAMPHILEON
C03IPLAINCTE
Ung jour ayant mes yeulx au Ciel ou vers
En dueil et pleurs commencois ces beaulx vers
Deans la forest de tribulatioD,
En la vallée de triste affiction.
Hélas, Amour, tu sçais asses que pense,
Tu peulx au mal donner la recompense.
Mon cœur est bien en désolation,
Habandonné de consolation.
Helas ! Amour, le mal qui me martyre
Tousjours le feu de mon regret empire,
Dont A'ous voyez la secrette fumée
Au fond du cœur de femme obstinée:
Et sur mon corps elle a faict destinée
Qu'il bruleroit la vye non terminée.
N'est ce pas bien grande compassion.
De veoir amy en telle passion ?
N'est ce pas bien à douloureux party ?
D'aymer en lieu là où l'on converty
Le bien en mal, la joye en grief martyre.
DE curiDo ^
Et qnand mon cœnr vcult à amour desdyre,
Allers accueil, et grande affection
Viennent de raoy ester la fiction.
Et si l'amye m'a prci?té quelque signe,
Je Toys chanter ma mort, comme le Cigne,
En redoublant la doulem- jà passée
En caressant amye tant obstinée.
Vêla comment dangereuse fortune
Sa dureté faict plus dure qu'enclume.
Puis il ne fault qu'ung vent de maie bouche,
Toute ma joye se reduict en reprouche,
Les grandz mesfaictz sont mis devant mes yeulx,
Et son parler me diffame en tous lieux.
Vêla comment amour d'amye comporte
Le sien amy, en lui serrant la porte
De loyaulté, sans nulle occasion.
O ! cœur enclin à mon occision
O ! cœur esmeu à persécution.
Pourras tu bien faire permission
A mon escript, de paindre le martyre
De ton amy ? pouiTa il bien escripre
L'ingratitude de ta desloyaulté ?
Non, mais il dira la ferme loyaulté
Dont il usa estant à ton serslce
Sept ans y a, n'est ce pas ung long vice ?
Attendant don de l'amoreux mercy.
Mais me voyant fondre en tel soucy.
Je mis amour dehors de ma pensée.
Puis par les bois comme beste insensée
Je prie Venus d'Acteon devenir.
Et en la proye des chiens de pervenir.
Car son filz plein d'une araère poison
Vient à loyer et faire garnison
Dedans mon cœur par ardente estincelle,
Pour vi>-re au feu de telle damovselle.
Pourroys je faire honneur à ce menteur Qui de mes maulx est premier inventeur ?
11 est flateur, tenteur, et suborneur:
Et des humains veult estre gouverneur.
Ainsi qu'estoye à finer la parolle
Fus plus peneux qu'ung clergeon d'une eschole
Car je le vis cache deans ung buisson,
Là où ouyt ma désolée leçon:
Une clarté en sortoit non pareille,
Ung parler doulx surprenoit mon oreille,
Les yeulx avoit ouvers, et bien propices,
Pour aux mortelz user des maléfices.
Puis eslevant ses grandes aesles dorées,
Feist du buysson sortyr claires rosées
Pleines de feu et de soefves odeurs,
Là commencay à dire mes douleurs,
Les grandz regretz, et aussy mes malheurs,
Teinctes en tanne et en noires couleurs,
Et en feignant me donner allégeance
Jà bastissoit dedans sa conscience
A permuer moy, pauvre Créature,
En papillon errant en adventure,
Volant en l'air comme une layde beste,
Cherchant ma vye, et vivre de ma queste.
Et pour sçavoir faire effcct de sa muse
Va commencer comme flateur la ruse,
Pour soy venger de mes detractions:
Et puis avec tant doulces attractions :
Vat pronuncer en doulx parler, et dire,
Qu'estoit venu pour ester mon martyre.
Si eussiez veu ce petit traistre enfant,
Un^ arc avoit en sa main triumphant,
Le feu clairait, dedans son viril membre :
Qui cœurs attraict comme la paille l'ambre.
De l'aultre main, il tenoit fleurs d'olisves,
Qai ni'estoient bica de fortune uuysives,
Et me pria de la liciueur taster,
Ce que je feis ]x;nsaut le contenter.
Mais tout soubdain en ung lourd Papillon,
Fus transmué, moy, pauvre compaignon.
O! homme enclin à faulse destinée,
O! dieu d'amour de perverse pensée.
Que tu me faiz de perturbation,
Que tu me rendz en grand confusion,
Puis congnoissaut ceste mutation,
De moy n'osoys faire l'ostention.
Il est bien xtav qu'au dessus de mes acsles
Portois couleurs de nobles damoyselles.
De blanc et bleu, elles estoient tout painctes,
Dont les couleurs me donnoient vive atteinctes
Du souvenir, de l'amoureux plaisir
Du temps passé, du langoureux désir.
Que je prenois à soubstenir querelles,
Pour supporter l'honneur des damoyselles,
Puis me voyant en une telle forme.
Et que j'estois aux humains si difforme.
Ayant changé l'habit de ma nature.
Et transformé en ceste créature.
Je m'esvolay en aultre région :
Et en volant n'avoys remission
Des beaulx bonnetz de ces petitz garsons.
Ils les jestoient en diverses façons
Pour occire mon pauvre corps en terre.
Vêla comment l'on me faisoit la guerre.
Puis quand j'estois dehors de telz suppos,
Sur belles fleurs je prenois mon repos.
Et quand mon corps congneuz asses dispos,
Soubdainement commençay ung campes,
Allant tout droict à Paris la Cité,
Et là, je veys belle université
Pleiue de clercs, et d'hommes bien sçavans, En Sorbonne, Docteurs très apparens Qui disputoient d'éloquence profunde.
Pour divertir les Leuthers de ce monde. De là je vins le palais visiter, Là où je veis hommes solliciter, Et leurs grandz sacs estoient en apparence^ Pour au Sénat en donner congnoissance.
Les pauvres vesves admenoient leurs enfans. Gros gentilz hommes et seigneurs triumphans. Estoient tous là, attendantz leurs vuidanges, Et en voyant leurs faces si estranges, Je m'arrestay sur le plus grand traveau. Incontinent les yeulx d'un macquereau, Vont contempler moy, pauvre Papillon.
Après, après ce dict le compaiguon Qu'il soit happé, à bonnetz et à sacs, H me rendit le petit corps si las.
Que fus contrainct par legiere volée De me saulver en la chambre dorée, En me pausant sur nobles fleurs de lys, Je contemplois du conseil les devys.
Aulcungs etoient des procez rappourteurs, Aultres estoient pour le droict combatenrs, Avecques loix de profondes sciences Jectoient en droictz équitables sentences, O! Roy Francoys, que tu es bien heureux, Te veoir régner en droictz si plantureux ! O! Chrestien Roy de justice immortelle.
Ta noble vye a tous jours esté telle, Qu'elle a vescu en vraye prospérité.
Pour mériter une immortalité. Après avoir congneu telle andienCe^ Soubdain me vint dedans la souvenatnce, De m'esvoler sur la claire riviez
i»E ce n 1)0 13
De Scyne, qu'ci^t fort coustuniieic A sii4»i)Ourter les fui.s des gros basteaulx, Kt taut volay que je vins sur roseaulx Me rcjKJser, et là uuc bcr<riere Eu coninieucca au l»ort de la rivière Une chanson si fort mélodieuse, En voix tant doulce et taut harmonieuse, Que j'oul)liay pour lors mon grand martyre. Et eu chantant elle va Ainsi dire :
Ce n'est assez d'uug parler rescarmouclie, Ne d'ung baiser issu d'heureuse bouclK*; Mais le plaisir parfaict en joyssance, Donne d'amour si ferme couguoissance, Qu'ung coup ou deux, on le prent sur la couche. Or quand j'ouys ce chaut doulx et plaisant, Eu mémoire me venoit conduysaut Une douleur deans le cœur amere ; Or pleut à Dieu que fusse encore à faire, Un que je n'eusse au moude point csti.' Pour suppourter en hyver et esté La sotte amour de taut ingrate amye.
Lors jà estant ma douleur assoupye.
Je voys venir les dames de Paris Par grands tropi)eaulx avec leurs l)eaulx parys, Prenantz souhaitz au fonds de ces batteaulx, Qui se baisoieut, et jouoyent des coulteaulx, Faignant d'aller eu sainct jjellerinage.
Puis les suyvant sur ro^eaulx et passaige, Vindrent ancrer en ung gratieulx port, Deans les ys'ics d'amoureux reconfort ; A Cupido eurent dévotion, £t leur permist faire conjanction.
Pour appaiser les feugz des insensées Kt augmenter leurs joyes jà commencées.
' la voyant j'estois sur le rivage
OÙ escoutois rossignol au passaige ;
Là j'heus grand paour que par une adventure
Son bec ne vint de moj prendre pasture ;
Je me cachay au fond d'ung fort buisson,
En attendant que sa doulce leçon,
Fust à plaisir du tout determ}Tiée.
Quand il heust pris aultre part sa voilée,
Et moy soubdain par petite vallée
Gaignay Paris, la Cité tant aymée.
Premièrement, au dessus d'une tour
Nostre Dame je fus ung demy jour
A escouter crier : Qui veult du laict ?
Cotteretz, garde le heur ; caicbelaict ;
Febves de maretz. A ma belle porée.
Mon beau percy. A ma belle ramée,
Velà comment je prenois mon deduyct
Dedans Paris, sans avoir saufconduict.
Puis mes beaulx yeulx regardèrent ung jardin.
Là où estoit ung mignon peregrin,
Qui di-v-isoit d'ung parler gratieux
Ayant tamys totallement les yeulx
De tristesse, en contemplant les lieux,
Pour appaiser ses tormens odieux.
Puis commencea, pour son contentement,
Rendre souspirs asses couvertement:
Helas ! ma seur, tous jours le grant martyre
De tant aymer vient en feu me reduyre :
Et si l'amour vient vers nous se conduyre.
J'ai paour qu'au faict ne me vouliez desdire.
Est-il possible celle qui me contente
Ma vie termine par foy si foyble et lente.
En grands ruisseaulx de larmes et complainctes
Bien vivement leurs âmes estoient atteinctes.
Je voyois bien que la tentation
Approchoit fort de la conjunction.
DE CCPIDO 15
Après qu'il heut achevé son propos,
To^t le pria venir faire repos,
Ponr à son mal oster les grands excès,
Et que monsieur soubsteuoit ung procès,
En la forest du chasteau d^ Viucenne,
Tous deux s'en vont pour appaiser leur peinne,
Et là soubdain, pour veoir ce bastillon ,
Deans la Chambre j'entray, moy Papillon.
Je la trouvay de tapys bien parée.
Le lict couvert de couverte dorce ;
Du premier sault ilz feirent l'escarmouche
Deans les blancs draps de ceste belle couche,
Et en faisant tant soubdainnes approuches.
Les doulx baisers imprimoient en leurs bouches.
Moy, Papillon, sus la tapisserie,
J'escoutoys bien d'amour la batterye ;
Tantost après la table fut couverte
De divers meitz, et d'une joye ouverte
Fut bien traicté ce souldart tant mignon;
En divisant, tranchoit du Compaignon.
Après soupper l'on appourta chandelles,
La lK.'lle là Inisoit comme estincelles.
.Te contemplois les Papillons de nuict
A la flamme qui prenoient leurs desduietz,
A se jouer au feu de ses chandelles,
Et feirent tant qu'ilz brûlèrent leurs aesles.
Ainsi qu'alloys avec eulx volleter.
Je congnenz bien que serois mal traicté,
Voyant le fcn, là où se venoieut prendre
Leurs pauvres corps .se reduysoient en cendre.
Et tout subit voulus prendre la voye,
Au lieu là où departy je m'estoye.
Mais la veuë de la l>elle et .ses yeulx,
l'circnt de moy faire quc.ste en tous lieux :
Après, après, qu'on ayt ce Papillon.
Jà m'apprestoient ung petit bastillon,
Et par ung trou au grenier m'allay rendre.
Où le repos je deliberoys prendre.
Mais de gros ratz menoient si grand deduyct.
Que n'euz repoz par toute ceste nuyet.
Je pensois lors qu'ilz fussent batteleurs,
Où qu'a baller fussent de beaulx balleurs.
Et là je fus en ung très grand dangié,
D'estre des ratz dévoré et mengé.
Mais fortune, par sort de l'adventure,
Xe pennist point d'estre aux ratz la pasture.
Puis quand je veis de Phœbus la lumyere.
Je m'esvolay dehors de la tanyere,
Et au jardin je revins faire pauses,
Où les amys avoyent fine leurs causes.
De belles roses, et de menue pensée.
Fut ma nature du tout resatiée.
Ainsi qu'estois à faire la pasture,
Je voys venir de soubdaine adventure
La cliambryere qui venoit aux esbas
Avec amy pour prendre son scias.
Bien advisay à mes aesles me prendre,
Et par barreaulx soubdain je m'allay rendre
Au cabinet d'ung homme mal'heureux .-
Là où je veis par troppeaulx plantureux
De beaulx escuz, en très-grande abundanco.
Helas! mon Dieu, que n'ay-je la puissance.
Et ces escus avoir en joyssance ;
A gens de bien j'en feroys congnoissance.
Hz sont en main, qui n'ose rien despendre,
Hz sont à ung qui n'en auseroit prendre :
Mais quelque jour ses prodigues héritiers
Les despendront par centz, et pai- milliers.
Ainsi qu'estois à faire ma complaincte,
Velà le filz qui vint faire une atteincte,
Tenant baston doré de tres-fin gluz, Dont bien soubdain il pinçoit ces escuz. Et ayant paour, j'cntray en la maison, Là où je veis le seigneur sans raison Estre malade, et vivement atteinet :
Et tant fcjtoit avare et si contrainct, Qu'il n'osoit pas à sa vye satisfaire.
Et là je vys par la mort le desfairc. Velà comment la mort le vint surprendre; Les héritiers vindrent les escuz prendre. Devant qu'il fust du coqis faict sépulture, Jà de ses biens avoicnt faict ouverture, En une joye de grandes accollées.
En espérant de faire armes dorées, Et que chevaulx de legiere justesse N'oblieroient point à conquérir maistresse, Tandiz qn'estoient en joye tant honorée, Le feu s'en va prendre en la cheminée. Moy, Papillon, conquis une fenestre, Et de plain sault je regaigne le fcstre De la maison : où cheust une estincelle Qui me bmsla le bout de la droicte aeslc. Je pensois lors n'avoir remission.
Et que mon corps ne prinst occision.
Mais fortune, qui me saulva la vie, M'alla tout droict rendre en une abbaye : Là où je vys de faces cramoysies, Rouges prieurs, mojiines d'heureuses vies, Nez d'escarlate, truffetez à plaisir, Dessus le conte buvantz tout à loisir : Les corps avoient si sales et si gras, Qu'a cheminer ilz en estoient tous las. Par ce couvent, en prenant mes delictz. Je contemplois leurs propos et devys.
Jl est bien vray que j'eusse voulu estre
18 LE PAFTLLO>
De l'abbaye le prieur, on le maistre,
Par tel moyen que fusse contourné
De Papillon en abbé retouraé :
Car leurs vies sont plus que trop heureuses.
De ceulx qui ont sainctes flammes amoreuses.
Pour observer saiucte religion,
Et de servir telle fondation.
Il est bien vray que vys quelque murmnre.
Et si foumys fussent estez d'armm-e,
J'eusse doubte que ce gentil couvent
N'eust à donner son cerveau à Tesvent :
Mais à la fin leurs contentz et debatz
Furent tournez en gracieux solas.
Leans estoit ung fratre d'excellence,
Qui fut troys fois dehors de l'alliance
De compaignons de ce gentil couvent.
PuLs le voyant qu'il alloit si souvent
Hors du couvent d'icelle abbaye.
Là me survint une grande envye
Faire sur luy une secrette pause,
P^t hardiment (pour entendre la cause)
Je m'esvolay soubz l'une de ses manches.
En s'en allant le jour du sainct dymenche
Disner eu ville, après la saincte messe.
Il rencontra une dame de promesse,
Qui commença luy dire et commander
De s'en venir en sa maison disner.
Sans faulte je n'y sçaurois bien aller ;
Car il me fault ailleurs aller parler.
Ainsi qu'ilz disputoient ceste devise,
Velà la charabryere qu'avise
Le prieur et aussi sa maistresse
Qui venoient d'une grande vistesse.
Là ung trompette estoit avec elle
Qui du plaisir soUicitoit la belle.
PE CTJPIDO 19
Ilelas I amy, gaigncz la cheminée
Kt vous oaichez, ou je suis diffamée ;
C'est ma dame que à venir s'avance,
Frère Thomas l'accompaigne en présence.