ACTE I, SCÈNE VU
D'an amour qai blanchit ma tête avant le temps. C'est mon rêve adoré! De llslande au Bengale On chercherait en vain pour trouver son égaie. C'est l'astre de mon ciel ; partout mon cœur la suit, Et lorsque je la perds au grand jour, il fait nuit.
FLORA
Je vais crier au feu si cela continue.
Ainsi peut-on aimer une femme inconnue?
SAINT-HARCEL.
Flora, que dites-vous? Je ne lui 'parle pas, 11 est vrai ; mais je suis, deux à deux, tous ses pas. C'est la divinité qu'encense mon hommage, Et je porte gravée en mon cœur son image.
Flora, connaissez-vous ce portrait?
[Il prend un carton à dessins sur la tabte,)
FLORA
C'est parlant !
Rien de plus gracieux et de plus ressemblant.
SAINT-MARCEL
U n'est pas terminé, j'ai besoin d'un modèle, Pour quelques ornements qu'il faut peindre loin d'elle. Excusez-moi, Flora ; je n'ai plus que ce soir. Hélas! demain je pars... Veuillez bien vous asseoir
(// prend une chaise à gauche.) Un instant, là... prenez un maintien de comtesse ; tJn sourire, que voile une ombre de tristesse, Et croisez mollement vos bras sur votre sein, Comme si je voulais commencer mon dessin.
FLORA, riant ^ avec la pose indiquée*
Nous n'avons pas, je crois, des figures pareilles.
SAINT-MARCEL, ouvvant un écrin.
Laissez-moi vous poser ces deux boucles d'oreilles. Pardonnez-moi, j'abuse un peu de vos moments: C'est ainsi que je peins toujours les ornements. D'après nature ; alors on saisit mieux les ombres ; Les reflets du métal portent sur les chairs sombres. Ajustez ce collier a$ cou, ce bracelet Ici, ce sera beau, vu de mon chevalet.
( n destiné. ) Passerez-vous à Rome?
FLORA
Oui, je crpis. .